Un prix de l’or qualifié de record ne signifie pas nécessairement la fin de son attrait. Il peut toutefois modifier la façon dont les investisseurs envisagent de l’intégrer à leur portefeuille.
L’or serait-il devenu moins séduisant après sa récente hausse ? La question est posée alors que le métal jaune a franchi un niveau de prix présenté comme record dans un article publié jeudi par la RTBF. Cette progression pourrait conduire certains épargnants à hésiter : acheter après une forte hausse expose davantage au risque de payer cher si les cours corrigent ensuite.
L’or conserve néanmoins une fonction particulière. Il ne produit ni intérêt ni dividende, mais il est souvent recherché comme valeur refuge, c’est-à-dire comme un actif susceptible de préserver une partie du capital en période d’incertitude économique, financière ou géopolitique.
Un actif protecteur, mais sans rendement régulier
La hausse du prix de l’or peut réduire son attrait relatif face à d’autres placements. Lorsque les obligations offrent des rendements élevés, ou lorsque les marchés d’actions progressent fortement, certains investisseurs peuvent préférer ces actifs susceptibles de générer un revenu ou une plus-value.
À l’inverse, l’or physique — lingots, lingotins ou pièces d’investissement — répond généralement à un autre objectif : la diversification. Diversifier consiste à répartir son épargne entre plusieurs types d’actifs afin de ne pas dépendre d’un seul marché.
Le niveau de prix ne suffit donc pas à déterminer si l’or est « séduisant ». La réponse dépend de l’horizon de placement, de la part déjà détenue en métaux précieux et de la capacité de l’épargnant à supporter les variations de cours.
Éviter l’achat dans la précipitation
Après une hausse marquée, un achat fractionné peut limiter le risque d’entrer sur le marché à un seul niveau élevé. Cette méthode consiste à répartir les achats dans le temps, plutôt qu’à investir l’intégralité d’un montant en une seule opération.
Les investisseurs belges doivent aussi distinguer le prix affiché de l’or du coût réel d’acquisition. Pour l’or physique, la prime — l’écart entre la valeur du métal contenu et le prix de vente du produit — ainsi que les frais de livraison, de stockage ou de rachat peuvent peser sur le résultat final.
La récente flambée des cours pourrait ainsi rendre l’or moins attractif pour les acheteurs à court terme recherchant un gain rapide. Elle ne remettrait pas nécessairement en cause son rôle de réserve de valeur dans une stratégie patrimoniale de long terme. Le prix d’entrée compte, mais l’objectif de détention reste déterminant.


