Une phrase synthétique juste sous le titre : Réunis au début du mois de mai 2026, les ministres du Commerce du G7 ont fermement dénoncé les restrictions imposées par Pékin sur l’exportation des terres rares, accélérant la création d’une chaîne d’approvisionnement souveraine en Occident.
Avec environ 69 % de l’extraction minière mondiale et plus de 90 % des capacités de raffinage sous son contrôle direct, la Chine dispose d’une arme géopolitique redoutable. Depuis octobre 2025, Pékin a drastiquement limité l’exportation de ces minéraux critiques ainsi que des technologies de pointe nécessaires à leur séparation. En réponse, lors de leur sommet du 7 mai 2026, les ministres du Commerce du G7 ont officiellement qualifié ces mesures de coercition économique. Cette condamnation marque une volonté claire des pays occidentaux de réduire d’urgence leur dépendance à l’égard de la Chine, comme l’a rapporté le média économique Business AM.
L’axe Bruxelles-Washington se renforce
L’avertissement du G7 ne se limite pas à de simples déclarations. Pour s’opposer à cette exploitation des dépendances économiques, l’Union Européenne et les États-Unis ont signé un accord stratégique bilatéral. Ce protocole d’accord vise à coordonner l’approvisionnement en minéraux critiques, essentiels au secteur de la défense et aux hautes technologies.
Cité par le média asiatique Mizzima, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio, signataire de l’accord aux côtés du chef du commerce de l’UE Maros Sefcovic, a déclaré que la surconcentration de ces ressources dans un ou deux pays constitue un « risque inacceptable ». Cette offensive diplomatique et commerciale intervient à un moment charnière, peu de temps avant un sommet très attendu entre Donald Trump et Xi Jinping, où la guerre commerciale figurera en tête de l’ordre du jour.
Hausse des coûts et inflation : la pression sur les marchés
Cette fragmentation géopolitique a des répercussions directes sur l’économie réelle et la valorisation des matières premières. Les prix mondiaux du nickel, du cobalt ou encore du lithium augmentent de manière structurelle. Selon une analyse sectorielle de Crux Investor, cette inflation s’explique par deux facteurs majeurs. D’une part, les nations productrices (République Démocratique du Congo, Indonésie, Zimbabwe) instaurent des quotas pour forcer la transformation locale de leurs minerais. D’autre part, les coûts des produits chimiques d’extraction flambent : l’acide sulfurique a récemment dépassé les 1 000 dollars la tonne, contre une moyenne historique de 150 dollars.
Paragraphe pédagogique : Que sont les terres rares et pourquoi impactent-elles les investisseurs ?
Les « terres rares » désignent un groupe de 17 métaux aux propriétés électromagnétiques uniques. Ils sont indispensables à la fabrication des aimants permanents utilisés dans les véhicules électriques, l’intelligence artificielle et l’armement moderne. Tout comme l’or physique joue le rôle de valeur refuge en temps de crise, les métaux critiques deviennent aujourd’hui des actifs stratégiques de souveraineté. L’augmentation de leurs coûts de production se répercute sur toute la chaîne industrielle mondiale, renforçant l’inflation technologique.
La finance s’adapte avec le « Friend-Shoring »
Face à ce blocage oriental, les capitaux occidentaux s’organisent. Le marché boursier cherche désormais à isoler le risque politique chinois. Fin avril 2026, la société de gestion Sprott a lancé un nouveau fonds négocié en bourse (ETF) sur le Nasdaq, sous le ticker REXC.
Présenté conjointement par Sprott et le Nasdaq, cet outil financier a une particularité stricte : il cible exclusivement les entreprises du secteur des terres rares situées en dehors de la Chine. En excluant statutairement toute entité chinoise de son portefeuille, le fonds canalise les liquidités vers des producteurs occidentaux ou alliés, comme l’Américain MP Materials ou l’Australien Lynas. Cette démarche illustre parfaitement la tendance du « friend-shoring », qui consiste à relocaliser les chaînes d’approvisionnement vers des pays alliés.
La bataille pour les ressources du XXIe siècle ne se joue plus seulement dans les mines d’Afrique ou d’Asie, mais dans les salles de réunion du G7 et sur les places boursières occidentales. Alors que les barrières douanières se multiplient, la sécurisation des approvisionnements devient la priorité absolue pour protéger l’industrie et préserver la sécurité nationale face aux incertitudes géopolitiques futures.



