Alors que le paysage fiscal belge connaît des bouleversements majeurs en ce début d’année 2026, les investisseurs en or physique doivent s’adapter à une nouvelle réalité. Un impôt de 10 % sur les plus-values est sur le point de redéfinir la gestion patrimoniale des métaux précieux. Décryptage des dernières informations disponibles et des réflexes à adopter.
Le 31 décembre 2025 pourrait bien devenir une date charnière pour les détenteurs d’or en Belgique. Selon les dernières directives circulant dans le secteur financier, cette date fixe la valeur de référence de l’or à 118,02 € par gramme. Ce montant servirait de socle pour le calcul de la nouvelle taxe sur les plus-values, un mécanisme qui vise désormais la gestion « en bon père de famille », jusque-là épargnée. Bien que le cadre législatif définitif soit encore en attente de vote final pour entériner l’ensemble des modalités, les contours du dispositif sont déjà clairs pour les professionnels du secteur.
Un mécanisme de taxation ciblée
Le cœur de cette réforme repose sur une taxe de 10 % appliquée aux plus-values réalisées lors de la vente d’or d’investissement (lingots et pièces). Contrairement à une taxation sur la valeur totale, l’impôt ne concernerait que le gain généré au-delà de la valeur de référence fixée fin 2025.
Concrètement, si un investisseur vend de l’or en 2026, seule la différence positive entre le prix de vente et le cours de référence de 118,02 €/gramme serait imposable. Si la vente se fait à un prix inférieur ou égal à ce plancher, aucune taxe ne serait due.
Selon une analyse publiée par Finfactor, ce régime s’inscrit dans une réforme plus large touchant quatre catégories d’actifs : les instruments financiers, les assurances vie (branche 21/23), les crypto-actifs et les devises, dont l’or fait partie.
Des exonérations pour protéger les petits porteurs
Le projet de loi prévoit des garde-fous pour ne pas pénaliser les petits épargnants. Une exonération annuelle de 10.000 € sur les plus-values est prévue. Cela signifie que tant que le gain net (et non le montant total de la vente) ne dépasse pas ce seuil sur une année civile, l’investisseur n’est pas imposé.
D’après les informations relayées par Testachats Invest, ce système inclurait un mécanisme de report d’abattement. Si l’exonération n’est pas utilisée une année donnée, elle pourrait être majorée de 1.000 € par an, avec un plafond cumulé de 15.000 € sur cinq ans. En revanche, les moins-values subies ne seraient imputables que sur les plus-values de la même année et ne seraient pas reportables sur les exercices suivants.
Un système déclaratif et non libératoire
Une distinction majeure apparaît dans le mode de perception de l’impôt. Contrairement au précompte mobilier prélevé à la source par les banques, cette taxe sur l’or fonctionnerait sur un mode déclaratif.
L’acheteur professionnel (comptoir d’or ou banque) ne retient pas l’impôt lors de la transaction. C’est au vendeur, résident fiscal belge, qu’il incombe de calculer sa plus-value imposable et de la reporter dans sa déclaration fiscale l’année suivante. Les non-résidents ne seraient pas concernés par cette mesure.
L’importance de la traçabilité et de l’accompagnement
Face à ces changements, la rigueur administrative devient impérative. Une note interne du secteur souligne l’obligation pour les bureaux d’achat d’identifier strictement chaque lot vendu et d’archiver la valeur de référence.
Dans ce contexte, il est essentiel de se tourner vers des partenaires établis. Caraor, acteur reconnu en Belgique pour l’achat et la vente d’or, se positionne comme un partenaire de confiance pour accompagner ses clients. Si le bureau ne peut se substituer à un conseiller fiscal, il assure une application stricte des procédures, garantissant la traçabilité des transactions nécessaire à une déclaration correcte.
Pour la vente de leur or soumis à cette potentielle taxe, les investisseurs ont tout intérêt à conserver précieusement leurs bordereaux d’achat et de vente.
Zones d’ombre et recommandations
Plusieurs points restent en suspens. Le cabinet juridique Fieldfisher a notamment alerté sur les risques de double imposition avec la taxe sur les comptes-titres existante et sur l’introduction d’une « Exit Tax » sur les plus-values latentes en cas de départ de la Belgique. De plus, le statut exact des bijoux et objets patrimoniaux reste à confirmer par des textes d’exécution, bien que les premières indications suggèrent qu’ils pourraient échapper à ce régime strict.
Compte tenu du caractère technique de cette réforme et du fait que la loi n’est pas encore définitivement votée, il est vivement recommandé aux particuliers de se faire accompagner par un comptable ou un fiscaliste. Seul un professionnel du chiffre pourra analyser la situation patrimoniale globale et valider le montant exact des plus-values à déclarer une fois le cadre légal figé.



