Alors que le cours de l’argent franchit la barre symbolique des 100 dollars sur fond de forte demande industrielle, les compagnies minières, à l’image d’Endeavour Silver, affichent des résultats de production historiques. Entre mises en production réussies au Mexique et études économiques prometteuses au Canada, le secteur minier entame l’année 2026 sous le signe de la croissance.

Le seuil psychologique a été franchi. En ce début février 2026, le cours de l’argent s’est installé au-dessus des 100 dollars l’once. Cette flambée des prix, qui ravit les investisseurs, s’accompagne d’une dynamique opérationnelle intense chez les producteurs de métaux précieux. Si les analystes évoquent, selon des informations relayées par Commodity-TV, la possibilité d’un « short squeeze » (liquidation forcée des positions courtes) alimenté par une fuite vers les valeurs refuges et des déficits d’offre physique, ce sont bien les résultats concrets des mines qui dominent l’actualité.

Endeavour Silver : une année record grâce à Terronera

L’illustration la plus marquante de cette bonne santé sectorielle nous vient d’Endeavour Silver. L’entreprise a annoncé, ce 12 février, une année 2025 historique avec une production totale de 11,2 millions d’onces d’équivalent argent, soit une augmentation spectaculaire de 45 % par rapport à l’année précédente.

Ce bond en avant s’explique principalement par la mise en service commercial de la mine de Terronera, dans l’État de Jalisco au Mexique, effective depuis octobre 2025. Malgré quelques retards logistiques signalés en janvier concernant la livraison d’acier structurel, la montée en puissance du site a permis de compenser largement ces contretemps. Dan Dickson, PDG d’Endeavour Silver, affiche un optimisme mesuré mais solide, prévoyant une croissance supplémentaire de la production de 30 % pour 2026. Pour les actionnaires, ces volumes en hausse conjugués à un cours de l’argent au plus haut constituent une configuration de marché particulièrement favorable.

Dans le même sillage, Sierra Madre Gold & Silver a confirmé avoir atteint la production commerciale à la mine La Guitarra, marquant sa transition de développeur à producteur, une étape cruciale pour générer du flux de trésorerie dans un marché haussier.

L’or et le cuivre : des projets économiques validés

Si l’argent brille, l’or n’est pas en reste. Les développeurs de projets nord-américains multiplient les annonces techniques validant la rentabilité de leurs actifs.

Gold X2 Mining a ainsi dévoilé les résultats de son Évaluation Économique Préliminaire (PEA) pour le projet Moss en Ontario. Les chiffres sont éloquents : le projet pourrait générer 265 000 onces d’or par an sur plus de 13 ans. L’étude estime la Valeur Actuelle Nette (VAN) après impôts entre 2,2 et 6,5 milliards de dollars, dépendant des cours des métaux. Ce type d’étude est fondamental pour les investisseurs car il dérisque le projet en posant des bases chiffrées sur sa viabilité économique.

Plus au nord, en Alaska, U.S. GoldMining prépare activement sa propre PEA pour le projet Whistler. Tim Smith, son PDG, a souligné lors d’une intervention récente l’importance stratégique du cuivre, métal critique pour la transition énergétique, au sein de ce gisement. L’amélioration des infrastructures en Alaska est également citée comme un catalyseur majeur pour le développement futur de la mine.

L’Afrique de l’Ouest et les métaux stratégiques en ligne de mire

La dynamique ne se limite pas au continent américain. Fortuna Mining, opérant notamment en Côte d’Ivoire, a publié des perspectives robustes pour 2026, s’appuyant sur la longévité et le potentiel d’exploration de sa mine de Séguéla. De son côté, Newcore Gold avance à grands pas vers une étude de pré-faisabilité (PFS) pour son projet Enchi au Ghana, après avoir complété plus de 120 000 mètres de forage.

Enfin, le secteur des métaux de batterie reste au cœur des stratégies à long terme. Canada Nickel, par la voix de son PDG Mark Selby, a tracé une feuille de route ambitieuse pour 2026 concernant le projet Crawford, misant sur le soutien gouvernemental pour pallier les futurs déficits d’offre de nickel.

Un afflux de capitaux pour soutenir l’exploration

Cette effervescence opérationnelle se traduit logiquement sur les marchés financiers. Plusieurs levées de fonds significatives ont été annoncées fin janvier, notamment par IsoEnergy (50 millions CAD) et Millennial Potash. Ces injections de capitaux sont essentielles pour financer les campagnes de forage et les études techniques coûteuses, mais nécessaires pour transformer une découverte géologique en mine productive.

Alors que Blue Moon Metals envisage une cotation sur le NASDAQ pour soutenir ses projets aux États-Unis et en Norvège, le message envoyé par l’industrie est clair : avec des cours des métaux élevés et des projets qui se concrétisent, 2026 pourrait marquer un tournant pour la rentabilité du secteur minier. Reste à voir si la volatilité des marchés permettra de maintenir ces niveaux de prix sur la durée.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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