Un dollar plus faible soutient l’or, mais pas assez pour provoquer une vraie rupture. Le 2 juillet, le cours de l’or a légèrement progressé sur les marchés mondiaux, tout en restant dans la fourchette observée ces derniers jours. La raison est simple : les investisseurs attendent désormais les chiffres de l’emploi américain prévus le 9 juillet 2026.
Cette statistique pourrait orienter les anticipations sur la politique de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Pour l’or, l’enjeu est direct. Le métal précieux ne verse pas d’intérêt. Il devient donc plus attractif lorsque les taux réels baissent ou lorsque le dollar recule.
L’or profite du repli du dollar, mais reste prudent
Le dollar américain a perdu du terrain après plusieurs indicateurs économiques décevants aux États-Unis. En théorie, cette baisse soutient l’or. Le métal est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert recule, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, comme l’euro ou la livre sterling.
Mais la hausse reste limitée. Le prix évolue encore dans une zone étroite, appelée « fourchette ». Ce terme désigne un intervalle de prix dans lequel un actif fluctue sans prendre de direction nette.
Pour les investisseurs belges et européens, cette situation appelle à la prudence. Un cours de l’or stable en dollars peut donner un résultat différent en euros, selon l’évolution du taux de change euro-dollar.
L’emploi américain concentre l’attention des marchés
Le principal rendez-vous est le rapport sur l’emploi américain attendu le 9 juillet. Les marchés surveillent notamment le rapport NFP, pour Non-Farm Payrolls. Cet indicateur mesure les créations d’emplois hors secteur agricole aux États-Unis. Il est très suivi, car il donne une indication sur la vigueur de l’économie américaine.
Des données déjà publiées ont montré un ralentissement. Le rapport ADP, qui suit l’emploi privé, a fait état de 98 000 créations de postes en juin, un chiffre inférieur aux attentes. L’indice manufacturier ISM, qui mesure l’activité industrielle, a aussi reculé de 54 à 53,3. Un niveau supérieur à 50 signale encore une expansion, mais la baisse indique une dynamique moins forte.
Autre signal : des données d’emploi américaines faibles ont pesé sur le dollar, tandis que la livre sterling a progressé jusqu’à 1,34 dollar, un plus haut de deux semaines.
La Fed limite encore le potentiel de hausse
Le frein principal pour l’or reste la politique monétaire américaine. Malgré les signes de ralentissement, les marchés attribuent encore une probabilité de 64 % à une hausse des taux de la Fed en septembre 2026, et de 85 % d’ici la fin de l’année.
Lors d’interventions publiques, Kevin Warsh, président de la Fed, a réaffirmé l’objectif d’une inflation à 2 %. Plusieurs responsables de la banque centrale jugent aussi nécessaire de maintenir des taux plus élevés.
Pour l’or, des taux élevés sont généralement défavorables. Ils augmentent le rendement des placements rémunérés, comme les obligations, et réduisent l’attrait relatif du métal jaune.
Les tensions géopolitiques entretiennent une prime de risque
L’or reste aussi soutenu par l’environnement international. Les négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran au Qatar n’ont pas débouché sur une avancée notable concernant le détroit d’Ormuz. En parallèle, la Russie a mené des frappes de missiles et de drones sur Kyiv début juillet.
Ces événements entretiennent une « prime de risque géopolitique ». Cela signifie que les investisseurs intègrent un supplément de prix lié à l’incertitude politique ou militaire. Cette prime peut soutenir l’or, considéré comme une valeur refuge, mais elle peut aussi profiter temporairement au dollar.
Un verdict à court terme attendu le 9 juillet
À ce stade, le marché de l’or reste donc partagé. Le dollar affaibli soutient les prix. Les tensions internationales apportent un filet de sécurité. Mais la perspective de taux américains encore élevés empêche une accélération nette.
Le rapport sur l’emploi américain du 9 juillet devrait jouer le rôle d’arbitre à court terme. Des chiffres faibles pourraient renforcer l’or en pesant sur le dollar et sur les anticipations de taux. À l’inverse, un marché du travail plus solide pourrait prolonger la prudence des investisseurs.


