3,4 % : l’inflation américaine mesurée en juillet reste trop élevée pour laisser les marchés indifférents. Après le rebond de l’or observé au début de septembre, les investisseurs attendent désormais deux indicateurs déterminants : l’indice des prix à la production (PPI), puis l’indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis.
Ces données doivent éclairer la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa réunion de septembre. Elles pourraient donc déterminer, à très court terme, l’évolution du cours de l’or.
Le CPI, un chiffre central pour les taux américains
Le CPI (Consumer Price Index) mesure l’évolution des prix payés par les ménages américains pour un panier de biens et services. Il constitue l’un des principaux repères de l’inflation. Le PPI (Producer Price Index) suit, lui, les prix facturés par les producteurs ; il peut signaler des pressions inflationnistes avant qu’elles n’atteignent les consommateurs.
L’inflation américaine s’est établie à 3,4 % en juillet. Ce niveau demeure supérieur à l’objectif de 2 % généralement visé par la Fed à long terme. La banque centrale doit arbitrer entre deux risques : maintenir des taux trop élevés, au risque de freiner l’économie, ou les assouplir trop tôt, au risque de relancer la hausse des prix.
Après des créations d’emplois américaines supérieures aux attentes, XTB Research estimait, le 8 septembre, que la probabilité d’un relèvement des taux en septembre atteignait 60 %. Cette anticipation reste toutefois incertaine et pourrait être revue après les publications du PPI et du CPI.
Pourquoi l’or réagit aux anticipations de la Fed
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son attrait dépend donc en partie du niveau des taux d’intérêt, et surtout des taux réels : les taux nominaux corrigés de l’inflation. Lorsque les rendements obligataires progressent, détenir de l’or peut devenir relativement moins attrayant face à des placements rémunérés.
Une inflation plus forte que prévu pourrait ainsi pousser les marchés à anticiper une Fed plus restrictive. Ce scénario soutiendrait potentiellement le dollar et les rendements obligataires américains, deux éléments souvent défavorables au métal jaune à court terme.
À l’inverse, un ralentissement net de l’inflation renforcerait l’hypothèse d’une politique monétaire moins dure. Il pourrait peser sur le dollar et soutenir l’or, dont le prix est majoritairement fixé en dollars sur les marchés internationaux. Pour un épargnant belge achetant de l’or en euros, l’évolution de la paire euro-dollar compte donc aussi : un affaiblissement du dollar peut limiter, ou amplifier, le mouvement du métal exprimé en euros.
Un rebond déjà soutenu par le dollar et les ETF
L’or avait rebondi au début du mois de septembre, après un repli marqué en juillet. Ce mouvement aurait été alimenté par un dollar plus faible, les préoccupations liées à la dette publique américaine et les incertitudes géopolitiques.
Morningstar signalait également un regain d’intérêt pour les ETF adossés à l’or. Ces fonds cotés permettent de s’exposer au prix du métal sans détenir directement des pièces ou des lingots. Des entrées de capitaux dans ces véhicules peuvent accroître la demande financière pour l’or. Les achats des banques centrales apporteraient aussi un soutien structurel au marché.
Les inquiétudes budgétaires américaines restent un autre facteur surveillé. Elles peuvent renforcer le rôle de diversification de l’or, souvent qualifié de valeur refuge lorsque les investisseurs doutent de la solidité des finances publiques ou de la stabilité économique.
Prudence avant les chiffres
La publication des données d’inflation pourrait provoquer une forte volatilité, c’est-à-dire des variations rapides des cours, sur l’or, le dollar et les obligations. Un seul chiffre ne suffit toutefois pas à définir une tendance durable : la Fed observe également l’emploi, la consommation, les salaires et les perspectives économiques.
Pour les acheteurs d’or physique, l’enjeu est moins de deviner le chiffre du CPI que de garder une stratégie progressive et adaptée à leur horizon. Les statistiques américaines peuvent faire varier le prix sur quelques séances ; elles ne suppriment ni le rôle de couverture de l’or, ni le risque de fluctuation inhérent à ce marché.



