Plombé par une inflation américaine persistante et le durcissement anticipé de la politique monétaire, le métal jaune connaît une correction brutale, effaçant les gains spectaculaires du mois d’avril.

Il y a tout juste un mois, le 17 avril 2026, l’once d’or touchait un sommet historique à 4 830,92 dollars, portée par l’espoir d’une accalmie géopolitique et d’un affaiblissement du billet vert. Aujourd’hui, le paysage financier a radicalement changé. Le cours de l’or a subi une chute brutale sur cinq séances consécutives, passant brièvement sous la barre symbolique des 4 500 dollars pour toucher un point bas à 4 480,54 dollars. Il se négocie actuellement autour de la zone des 4 543 à 4 547 dollars. Ce retournement de marché massif s’explique par une conjonction de facteurs macroéconomiques et géopolitiques qui redonnent au dollar américain son statut de valeur refuge dominante.

L’inflation américaine dicte sa loi à la Réserve Fédérale

La principale cause de cette désaffection pour le métal précieux réside dans la résilience inattendue de l’économie américaine. La publication récente de données sur l’inflation (IPC et IPP) supérieures aux attentes a provoqué une onde de choc. Les marchés financiers ont ainsi drastiquement révisé leurs anticipations concernant la Réserve Fédérale américaine (Fed).

La probabilité d’une baisse des taux directeurs en 2026 est désormais estimée à près de zéro par les analystes. Plus inquiétant encore pour les investisseurs, le marché évalue à présent à 40 % le risque d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année.

Pour rappel, l’or est un actif dit « non productif de rendement », c’est-à-dire qu’il ne verse ni dividende ni intérêt. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, les investisseurs ont tendance à privilégier les obligations d’État, plus rémunératrices, ce qui fait mécaniquement baisser le prix de l’or.

Une rupture technique inquiétante pour le métal jaune

Ce changement de paradigme fondamental s’est traduit par des signaux de vente massifs sur les plateformes de cotation. La pression vendeuse, initiée par des algorithmes et des traders institutionnels, a poussé l’or à casser des supports techniques majeurs. Selon les données relayées par plusieurs plateformes d’analyse financière telles que TradingView ou Kitco, le prix est passé en dessous de sa moyenne mobile exponentielle à 50 jours.

En analyse technique, la moyenne mobile exponentielle à 50 jours (EMA50) est un indicateur qui lisse le prix d’un actif sur les 50 dernières séances en donnant plus de poids aux prix récents. La franchir à la baisse est généralement interprété comme un signal de tendance négative à moyen terme.

Cette configuration graphique a pris la forme d’une « épaule-tête-épaule », une figure classique confirmant un retournement baissier. En conséquence directe, les capitaux institutionnels fuient : le fonds SPDR Gold ETF, l’un des plus importants fonds négociés en bourse adossés à l’or physique, a vu ses avoirs se réduire de 1,14 tonne ces derniers jours.

Le pétrole s’embrase, l’or vacille

En parallèle, le contexte géopolitique ajoute de la volatilité aux marchés et complique la donne pour les banques centrales. À l’ouverture des places boursières ce lundi 18 mai, les prix du pétrole ont fortement augmenté. Le baril de WTI a bondi de 3 % pour atteindre 104,37 dollars, tandis que le Brent a grimpé à 108,59 dollars.

Cette flambée soudaine fait suite à une aggravation des tensions entre les États-Unis et l’Iran, marquées par la fermeture continue du détroit d’Ormuz et une déclaration menaçante de Donald Trump affirmant que « le temps presse » pour le gouvernement iranien.

Si une crise géopolitique favorise habituellement l’or, le mécanisme est ici inversé. La hausse spectaculaire du coût de l’énergie alimente les craintes inflationnistes mondiales. Face à cette menace sur les prix à la consommation, les banques centrales sont contraintes de maintenir des taux d’intérêt élevés, ce qui pèse indirectement, mais lourdement, sur la valorisation de l’or.

La question qui anime désormais les salles de marché est de savoir si le support technique des 4 500 dollars parviendra à contenir l’hémorragie, ou si la force combinée d’un dollar fort et de taux d’intérêt élevés précipitera l’once vers de nouveaux plus bas annuels.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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