4 100 dollars l’once : le seuil reste tenu, mais sans envolée. Le cours de l’or évolue ce 23 juillet 2026 au-dessus de 4 100 dollars, près de son plus haut niveau depuis deux semaines. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale de cotation de l’or, équivalente à environ 31,10 grammes.
Le mouvement concerne les marchés mondiaux. Il s’explique par deux forces opposées. D’un côté, la baisse du dollar américain soutient le prix de l’or. De l’autre, la perspective d’une politique monétaire plus restrictive de la Réserve fédérale américaine, la Fed, limite la hausse.
Le dollar faible soutient mécaniquement l’or
L’or est coté principalement en dollars. Quand le dollar baisse, le métal devient moins cher pour les acheteurs qui disposent d’autres devises, comme l’euro, le franc suisse ou le yen. Cette baisse peut donc soutenir la demande internationale.
C’est l’un des moteurs du maintien du cours au-dessus de 4 100 dollars. Pour un investisseur belge ou européen, l’effet doit toutefois être nuancé : un prix de l’or en dollars peut monter alors que le gain en euros est réduit si l’euro s’apprécie face au dollar.
La faiblesse du billet vert empêche donc une correction marquée, mais elle ne suffit pas à déclencher une nouvelle vague d’achats.
La Fed reste le principal frein
Le principal obstacle vient des taux américains. Les marchés anticipent une probabilité supérieure à 90 % d’un relèvement des taux directeurs avant la fin de l’année. Une hausse d’environ 34 points de base est attendue d’ici la réunion de décembre. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage : 34 points de base équivalent donc à 0,34 %.
Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit. Quand ils montent, les rendements obligataires montent souvent aussi. Une obligation est un titre de dette qui verse généralement un intérêt. L’or, lui, ne verse ni coupon ni dividende : il est qualifié d’actif sans rendement.
Résultat : lorsque les obligations américaines rapportent davantage, certains investisseurs préfèrent ces placements rémunérés à l’or. C’est ce mécanisme qui freine actuellement la progression du métal jaune.
Le pétrole et le Moyen-Orient ravivent le risque inflationniste
La prudence de la Fed s’explique aussi par le retour des tensions inflationnistes. À la mi-juillet, les frappes entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que l’ouverture d’un nouveau front par les Houthis en mer Rouge, ont accru les inquiétudes sur le transport pétrolier au Moyen-Orient.
Le détroit d’Ormuz reste un point stratégique : environ 20 millions de barils par jour y transitaient en 2024. La crainte d’une perturbation a contribué à pousser les prix du pétrole vers leur plus haut niveau depuis juin.
Or, une hausse du pétrole renchérit l’énergie, le transport et une partie des coûts de production. Cela peut alimenter l’inflation. Dans ce contexte, la Fed pourrait maintenir, voire renforcer, une politique monétaire restrictive afin de contenir la hausse des prix.
Pour l’or, l’effet est ambivalent. Les tensions géopolitiques favorisent souvent la demande de valeur refuge. Mais des taux plus élevés pénalisent le métal.
Les investisseurs restent prudents
Le marché évolue donc dans une fourchette étroite. Les acheteurs s’appuient sur la faiblesse du dollar et sur les risques géopolitiques. Les vendeurs, eux, surveillent les rendements obligataires américains et les prochaines décisions de la Fed.
Cette prudence apparaît aussi dans les flux d’investissement. D’après le World Gold Council, les ETF adossés à de l’or physique ont enregistré près de 9 milliards de dollars de sorties nettes en juin 2026. Un ETF or physique est un fonds coté en Bourse censé répliquer le prix de l’or en détenant du métal ou des droits associés. Ses actifs sous gestion ont reculé de 13 %, à 526 milliards de dollars, tandis que les réserves ont diminué de 74 tonnes, à 4 047 tonnes.
Ces sorties se sont concentrées en Amérique du Nord et en Asie, notamment sous l’effet de ventes de fonds chinois. Elles traduisent un regain d’appétit pour le risque sur certains marchés actions, au détriment temporaire de l’or financier.
Un signal important pour les acheteurs européens
Pour les particuliers, le niveau de 4 100 dollars confirme un marché élevé. Il ne donne pas, à lui seul, un signal automatique d’achat ou de vente. Le prix final dépend aussi de la devise, de la prime sur les pièces ou lingots, des frais et de l’écart entre prix d’achat et prix de revente.
La forte volatilité observée sur certains marchés locaux, comme au Vietnam en juillet, rappelle ce point : le prix international de l’or ne se transmet pas toujours de manière uniforme aux prix de détail.
À court terme, l’or reste soutenu par le dollar faible et les tensions géopolitiques, mais la Fed garde la main sur le rythme du marché. Tant que les investisseurs anticiperont des taux américains plus élevés, le métal jaune pourrait conserver son statut de refuge sans retrouver une dynamique franchement haussière.


