Près de 70 dollars l’once : l’argent teste à nouveau une zone majeure pour les investisseurs. Le 26 août 2026, le cours de l’argent a gagné près de 1 % durant la séance asiatique, pour atteindre environ 69,40 dollars l’once. Le métal gris reste ainsi proche du seuil symbolique des 70 dollars, déjà approché la veille avec un sommet intraday à 69,94 dollars.

Le mouvement concerne le XAG/USD, c’est-à-dire le prix de l’argent exprimé en dollars américains. Le code XAG désigne l’argent sur les marchés internationaux, tandis que USD désigne le dollar. Le prix est coté par once troy, l’unité de référence des métaux précieux, qui correspond à environ 31,1 grammes.

Le pétrole recule, l’argent en profite

La hausse de l’argent intervient dans un contexte de baisse des prix du pétrole. Les marchés réagissent aux discussions diplomatiques entre l’Iran et Oman autour d’un corridor maritime temporaire et sécurisé dans le détroit d’Ormuz.

Ce passage est stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures. Une réouverture ou une sécurisation de la navigation réduirait les craintes de rupture d’approvisionnement énergétique. Un pétrole moins cher peut aussi alléger les pressions inflationnistes, c’est-à-dire la hausse générale des prix.

Pour l’argent, l’effet est double. D’un côté, l’apaisement sur l’énergie soutient les anticipations d’une banque centrale américaine moins restrictive. De l’autre, le métal conserve son rôle d’actif refuge, un placement recherché lorsque les investisseurs veulent protéger une partie de leur capital contre les incertitudes économiques ou géopolitiques.

Le marché attend l’indice PCE américain

Le principal rendez-vous reste la publication de l’indice PCE américain de juillet 2026, attendue le 26 août à 12h30 GMT. Le PCE, ou indice des prix des dépenses de consommation personnelle, mesure l’évolution des prix payés par les ménages américains. Il est particulièrement suivi par la Réserve fédérale américaine, la Fed, pour calibrer ses taux d’intérêt.

Le consensus attend une inflation PCE à 3,3 % sur un an, avec une progression mensuelle de 0,2 %. Une inflation stable confirmerait une pression persistante sur les prix, mais pourrait aussi réduire l’urgence d’un durcissement monétaire.

Pour les métaux précieux, les taux d’intérêt sont essentiels. L’argent ne verse pas de rendement, contrairement à une obligation. Lorsque les taux montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs. Lorsque les taux baissent ou restent stables, l’or et l’argent peuvent regagner de l’intérêt.

Le seuil des 70 dollars reste décisif

La veille, le 25 août, l’argent avait déjà buté sous les 70 dollars. Ce niveau constitue un seuil psychologique : il n’a pas forcément de valeur technique absolue, mais il concentre l’attention des investisseurs, des ordres d’achat et des prises de bénéfices.

La dynamique reste soutenue par un dollar américain plus faible. Comme l’argent est coté en dollars, un billet vert moins cher rend le métal plus accessible pour les acheteurs utilisant l’euro, le yen ou d’autres devises. Cela peut renforcer la demande internationale.

Les fondamentaux jouent aussi en faveur du métal gris. L’offre minière reste contrainte, tandis que la demande industrielle demeure forte, notamment dans le solaire, l’électrification et l’électronique. Contrairement à l’or, l’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel.

Jackson Hole pourrait déplacer les anticipations

Le symposium de Jackson Hole doit débuter le 27 août 2026 dans le Wyoming. Cet événement réunit banquiers centraux, économistes et responsables financiers. Le discours du président de la Fed, Kevin Warsh, pourrait clarifier l’orientation de la banque centrale sur l’inflation et les taux.

Ce point reste à surveiller avec prudence : les intentions exactes de la Fed pourraient évoluer en fonction des données économiques. Des analystes auraient d’ailleurs livré des lectures contrastées des chiffres PCE de juillet, entre inflation encore élevée et stabilité suffisante pour justifier une pause monétaire.

Ce que doivent surveiller les investisseurs européens

Pour un investisseur belge ou européen, trois indicateurs dominent à court terme : le niveau des 70 dollars, l’évolution du dollar face à l’euro et le message de la Fed. Une cassure nette des 70 dollars renforcerait le signal haussier. À l’inverse, un PCE plus élevé que prévu pourrait relancer la crainte de taux plus hauts, ce qui pèserait sur l’argent.

Le cours de l’argent reste donc suspendu à une équation simple : inflation américaine, dollar et demande industrielle. Tant que ces trois facteurs restent favorables, le métal gris conserve un biais haussier, mais la zone des 70 dollars demeure le verrou à franchir.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version