58,40 dollars l’once : ce seuil concentre l’attention des investisseurs sur l’argent. Le cours de l’argent, coté sous le symbole XAG/USD, a reculé d’environ 1 % le 31 juillet 2026 sur les marchés mondiaux, sous la pression d’un dollar américain redevenu plus ferme.
XAG/USD désigne le prix de l’argent exprimé en dollars américains. L’once utilisée sur les marchés des métaux précieux est l’once troy, soit environ 31,1 grammes. Quand ce prix baisse, il faut moins de dollars pour acheter une once d’argent.
Le dollar reprend l’avantage
Le mouvement vient d’abord du marché des changes. L’indice du dollar, ou DXY, a progressé de 0,23 % à 100,20 points le 31 juillet. Cet indice mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises internationales, dont l’euro.
Cette remontée suffit à peser sur l’argent. Le métal est coté en dollars. Quand le billet vert se renforce, l’achat d’argent devient mécaniquement plus coûteux pour les investisseurs utilisant d’autres devises, notamment en Europe. La demande peut alors se tasser.
Autre facteur : l’argent ne verse pas de rendement. Contrairement à une obligation, il ne paie ni intérêt ni coupon. Son “coût d’opportunité” augmente lorsque les marchés anticipent des taux élevés ou un dollar plus attractif. Ce terme désigne le rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif qui ne rapporte pas de revenu régulier.
La Fed entretient l’incertitude
Le contexte monétaire reste central. Le 29 juillet, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs inchangés. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour influencer le crédit, l’épargne et l’inflation.
La Fed n’a toutefois pas donné d’orientation claire sur ses prochaines décisions. Les marchés ont interprété cette communication comme un signal d’incertitude face à l’inflation. Après trois séances de baisse du dollar, le rebond du billet vert traduit donc un réajustement rapide des anticipations.
Pour les investisseurs francophones, l’enjeu est direct. Un dollar fort peut peser sur les métaux précieux libellés en dollars. Mais il peut aussi modifier le prix réel payé en euros, selon l’évolution du taux EUR/USD.
Le pétrole ajoute une pression inflationniste
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran maintiennent aussi les prix du pétrole à des niveaux élevés. Une énergie plus chère nourrit les craintes inflationnistes mondiales.
Pour l’argent, l’effet est ambigu. Les métaux précieux peuvent servir de protection contre la perte de pouvoir d’achat. Mais si l’inflation pousse les banques centrales à conserver une politique monétaire restrictive, les actifs sans rendement comme l’or et l’argent peuvent subir une pression à court terme.
C’est ce second mécanisme qui domine actuellement le marché de l’argent.
Les seuils techniques deviennent sensibles
L’analyse technique confirme une dynamique affaiblie à court terme. L’argent évolue sous sa moyenne mobile exponentielle à 20 jours, située autour de 58,91 dollars. Une moyenne mobile exponentielle est un indicateur qui lisse les prix récents en donnant plus de poids aux dernières séances. Elle sert à identifier une tendance.
Le RSI, ou indice de force relative, se situe autour de 46. Cet indicateur mesure la vitesse et l’ampleur des mouvements de prix. Un niveau proche de 50 traduit un marché hésitant ; sous 50, la dynamique devient plus fragile.
Les prochains supports à surveiller se situent à 56,64 dollars puis 54,77 dollars. Un support est une zone de prix où des acheteurs peuvent revenir et freiner la baisse.
Un signal à surveiller, pas une rupture
Au 1er août, le DXY restait ferme autour de 100,16 points, en légère hausse de 0,18 %. Cette stabilité confirme que la pression du dollar n’a pas disparu. À l’inverse, le dollar reculait légèrement sur le marché noir vietnamien, à 26 254 – 26 354 dongs par dollar, mais ce mouvement local ne remet pas en cause la tendance internationale.
La baisse de l’argent sous 58,40 dollars reflète donc surtout un retour du dollar au premier plan. Pour la suite, les investisseurs surveilleront trois variables : la trajectoire du billet vert, les signaux de la Fed et l’évolution du pétrole. Ces éléments détermineront si le recul actuel reste une correction de court terme ou devient un mouvement plus durable.


