Entre 56,6 et 59,6 dollars l’once, le cours de l’argent aurait tenté un rebond le 30 juin 2026. Mais ce mouvement resterait fragile. Le marché attend les statistiques de l’emploi américain cette semaine, un rendez-vous susceptible de modifier les anticipations sur les taux de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Le XAG/USD désigne le prix de l’argent exprimé en dollars américains. XAG est le code de l’argent sur les marchés internationaux. USD correspond au dollar. L’once utilisée ici est l’once troy, unité de référence pour les métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes.
L’argent rebondit, mais sans signal haussier clair
Le cours de l’argent évoluerait autour de 59 dollars l’once, après une séquence de baisse marquée depuis son pic de janvier 2026. Ce rebond serait surtout une respiration technique, c’est-à-dire une reprise temporaire après une baisse, sans changement confirmé de tendance.
Le seuil à surveiller se situerait entre 61,5 et 61,6 dollars l’once. Cette zone correspond à une résistance. En analyse de marché, une résistance est un niveau de prix où les vendeurs deviennent souvent plus nombreux que les acheteurs. Tant que ce seuil ne serait pas dépassé, la tendance de court terme resterait baissière.
Au-dessus de 61,6 dollars, l’argent pourrait viser une nouvelle zone de résistance proche de 67 dollars. À l’inverse, une cassure sous 55,6 dollars exposerait le métal à une reprise de la baisse, avec des zones possibles autour de 54 dollars, puis 50 dollars.
La Fed pèse sur les actifs sans rendement
Le principal frein vient de la politique monétaire américaine. Les marchés anticipent plusieurs hausses de taux d’intérêt en 2026 par la Fed. Des taux plus élevés rendent les placements rémunérés, comme certaines obligations ou dépôts, plus attractifs.
Cette situation pénalise les actifs sans rendement. L’argent, comme l’or, ne verse ni intérêt ni dividende. Son attractivité dépend donc davantage de la demande physique, de la confiance des investisseurs et de la valeur du dollar.
L’argent est toutefois plus sensible que l’or à certains cycles économiques. Il possède un double profil : métal précieux et métal industriel. Il est utilisé dans l’électronique, le solaire, les composants électriques et plusieurs applications médicales ou chimiques. Quand les investisseurs craignent un ralentissement économique ou une politique monétaire plus restrictive, cette dimension industrielle peut amplifier la volatilité.
Les chiffres de l’emploi américain deviennent décisifs
Les statistiques de l’emploi américain attendues cette semaine pourraient orienter le marché. Un marché du travail solide renforcerait l’idée que la Fed peut maintenir, voire durcir, sa politique de taux. Cela soutiendrait le dollar et pèserait sur l’argent.
À l’inverse, des chiffres plus faibles pourraient réduire les anticipations de hausses de taux. Dans ce cas, l’argent pourrait bénéficier d’un reflux du dollar et d’un regain d’intérêt pour les métaux précieux.
Le piège actuel tient donc à l’incertitude. Les acheteurs voient un rebond. Les vendeurs constatent que les résistances tiennent encore. Sans franchissement clair des 61,5-61,6 dollars, le rebond de l’argent resterait vulnérable.
RSI et MACD : des signaux encore incomplets
Les indicateurs techniques donneraient une image mitigée. Le RSI, ou indice de force relative, mesure la vitesse et l’ampleur des mouvements de prix. Il sert à repérer un marché potentiellement survendu, lorsque les ventes ont été très fortes, ou suracheté, lorsque les achats ont été excessifs.
Le MACD, autre indicateur suivi par les analystes, compare plusieurs moyennes de prix pour détecter un changement de dynamique. Il peut signaler un essoufflement de la baisse, mais pas nécessairement un vrai retournement.
Dans le cas de l’argent, ces indicateurs montreraient un ralentissement de la pression vendeuse. Mais ils ne confirmeraient pas encore un mouvement haussier durable.
Le dollar et l’or confirment la pression sur les métaux précieux
La correction ne concerne pas uniquement l’argent. Le cours mondial de l’or est tombé, au 30 juin 2026, à 3 982 dollars l’once, un plus bas depuis plusieurs mois. La vigueur du dollar et les perspectives de politique monétaire restrictive aux États-Unis pèsent sur l’ensemble des métaux précieux.
Un dollar fort rend l’or et l’argent plus chers pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cela peut réduire la demande internationale. Pour un investisseur belge ou européen, la parité euro-dollar devient donc un élément important du prix final.
Au Vietnam, les prix locaux de l’argent au 29 juin 2026 illustrent aussi l’impact des fluctuations mondiales. À Hanoï, l’argent s’échangeait autour de 1 935 000 VND l’once à l’achat et 1 969 000 VND à la vente. À Hô Chi Minh-Ville, les prix atteignaient 1 937 000 VND à l’achat et 1 982 000 VND à la vente. Les acheteurs locaux ont subi des pertes après une semaine de baisse des cours mondiaux.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
Pour les investisseurs francophones, trois repères dominent à court terme : les chiffres de l’emploi américain, le niveau du dollar et la zone des 61,5-61,6 dollars sur le XAG/USD.
Une clôture durable au-dessus de cette résistance pourrait améliorer le signal technique. Une rechute sous 55,6 dollars renforcerait au contraire le scénario baissier.
L’argent reste donc dans une zone d’attente. Le métal conserve ses qualités de diversification, mais sa volatilité impose de préparer les achats et les ventes avec des seuils clairs. Cette semaine, le marché ne surveille pas seulement le prix de l’argent : il surveille surtout la marge de manœuvre de la Fed.



