4 300 dollars l’once : ce seuil concentre l’attention des acheteurs d’or au 14 août 2026. Après un pic proche de 4 450 dollars atteint la veille, le cours de l’or tente de préserver la zone des 4 285-4 300 dollars. Pour les investisseurs européens et belges, ce niveau sert de repère dans un marché toujours soutenu par les signaux venus des États-Unis.
L’once désigne ici l’once troy, unité de référence internationale pour les métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes. Le prix mondial de l’or est généralement coté en dollars par once, même si un acheteur en Belgique doit aussi tenir compte du taux de change euro/dollar.
Le seuil des 4 300 dollars devient un test pour les acheteurs
Le marché de l’or reste orienté à la hausse, malgré une correction depuis son sommet du 13 août. La zone des 4 285-4 300 dollars agit désormais comme un support technique. Un support est un niveau de prix où les acheteurs reviennent souvent sur le marché, ce qui peut freiner une baisse.
Si ce seuil tient, il confirmerait la solidité de la dynamique haussière récente. À l’inverse, une cassure nette sous cette zone pourrait entraîner des prises de bénéfices supplémentaires. Les prises de bénéfices correspondent à des ventes réalisées par des investisseurs qui sécurisent leurs gains après une forte progression.
Au début du mois d’août, l’or avait déjà progressé d’environ 6 % en quatre séances, franchissant 4 300 dollars l’once pour la première fois en sept semaines. Cette hausse s’explique par une combinaison de facteurs : statistiques américaines plus faibles, recul des anticipations de hausse des taux et tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz.
L’inflation américaine ralentit, l’or respire
Le principal soutien du métal jaune vient des données macroéconomiques américaines. En juillet 2026, l’indice des prix à la production aux États-Unis est resté stable sur un mois, à 0 %. Son rythme annuel est revenu à 4,7 %, contre 5,5 % en juin.
L’indice des prix à la production mesure l’évolution des prix reçus par les entreprises pour leurs biens et services. Il est suivi de près car il peut annoncer les futures tendances de l’inflation à la consommation.
L’inflation CPI annuelle, c’est-à-dire l’indice des prix à la consommation, a également ralenti à 3,4 %. L’inflation sous-jacente est ressortie à 2,5 %. Cette dernière exclut les éléments les plus volatils, comme l’énergie et certains produits alimentaires, afin de mieux mesurer la tendance de fond des prix.
Ces chiffres restent au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Mais leur modération réduit la pression en faveur d’un durcissement monétaire agressif. Pour l’or, c’est important : lorsque les taux montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs face au métal jaune.
La Fed maintient ses taux, mais le marché anticipe moins de hausses
Le 29 juillet 2026, la Fed a maintenu ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %. Les taux directeurs sont les taux de référence fixés par une banque centrale. Ils influencent le coût du crédit pour les banques, les entreprises et les ménages.
La décision n’a toutefois pas été unanime. Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan ont soutenu une hausse immédiate de 25 points de base. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage ; 25 points de base équivalent donc à 0,25 point.
Malgré ces dissensions, les marchés financiers ont révisé leurs attentes. Début août, ils n’anticipaient plus qu’une seule hausse de taux de la Fed d’ici la fin de l’année, contre deux avant la réunion de juillet. Cette évolution se lit notamment dans les contrats Fed Funds futures, des produits financiers utilisés pour estimer les anticipations de taux de la Fed.
Moins de hausses de taux attendues signifient généralement un environnement plus favorable à l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Il devient donc relativement plus attractif quand les rendements obligataires reculent.
Dollar et rendements reculent, l’or en profite
La baisse des anticipations de hausse des taux a pesé sur le dollar américain. L’indice du dollar est revenu autour de 99,65 points. Cet indice mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises internationales.
Les rendements des bons du Trésor américain ont également diminué. Un rendement obligataire correspond au revenu attendu par un investisseur qui détient une obligation, en tenant compte de son prix et de son coupon. Quand ces rendements baissent, le coût d’opportunité de l’or diminue. Le coût d’opportunité désigne ce à quoi un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.
Pour un investisseur belge, cette relation doit être lue avec prudence. Une hausse de l’or en dollars peut être partiellement amplifiée ou réduite par l’évolution de l’euro face au dollar. Un euro plus fort diminue mécaniquement le prix de l’or exprimé en euros, toutes choses égales par ailleurs.
L’emploi américain renforce le scénario d’une Fed moins agressive
Le marché du travail américain ajoute un autre argument en faveur d’une politique monétaire moins restrictive. Le secteur privé américain a créé 44 000 emplois en juillet 2026, selon le rapport ADP, contre 70 000 attendus et 95 000 en juin après révision.
Ce rythme est le plus faible depuis janvier 2026. Un marché du travail moins dynamique peut réduire les tensions salariales et, indirectement, les pressions inflationnistes. Pour la Fed, cela limite l’urgence d’un relèvement rapide des taux.
Ce mécanisme explique en partie pourquoi l’or conserve son attrait. Le métal jaune sert traditionnellement de valeur refuge, c’est-à-dire d’actif recherché en période d’incertitude économique, financière ou géopolitique.
Ormuz ajoute une prime de risque, mais avec un effet contrasté
La situation géopolitique autour du détroit d’Ormuz reste un facteur de soutien. Ce passage maritime est stratégique pour le transport mondial de pétrole. En août 2026, Washington et Téhéran revendiquent le contrôle du détroit, tandis que le trafic maritime est fortement perturbé.
Les Houthis ont revendiqué une attaque de drones contre une raffinerie de Saudi Aramco à Jazan. Cette attaque n’aurait toutefois pas été confirmée officiellement par l’Arabie saoudite.
Dans le même temps, l’Iran et Oman ont conclu début août un accord sur les coordonnées géographiques d’une voie maritime à travers le détroit. Une déclaration commune est en cours de finalisation, même si certaines modalités restent à régler. Cette entente peut apaiser partiellement les tensions, sans garantir une sécurité complète de la navigation.
Pour l’or, l’effet est double. Les tensions géopolitiques soutiennent les actifs refuges. Mais elles peuvent aussi renforcer le dollar, lui-même considéré comme refuge. Or un dollar plus fort pèse souvent sur l’or, car il rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
Le message pour les investisseurs : surveiller la Fed et les 4 300 dollars
À court terme, le marché de l’or reste dominé par deux variables : la résistance du seuil des 4 300 dollars et l’évolution des anticipations de taux américains. Une résistance ou un support ne garantit jamais l’évolution future d’un prix. Il s’agit seulement d’un repère observé par les investisseurs.
Le ralentissement de l’inflation, la faiblesse de l’emploi privé américain et le recul des rendements offrent un socle favorable au métal jaune. Mais la volatilité peut rester élevée après la forte progression du début août et le pic proche de 4 450 dollars.
La prochaine étape dépendra surtout des prochains chiffres américains et du ton de la Fed. Pour l’instant, tant que les marchés croient à une Fed moins agressive, l’or conserve un soutien important autour des 4 300 dollars l’once.



