54,69 € l’once : le cours de l’argent évolue près de ce seuil mardi 15 septembre, à moins de vingt-quatre heures de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les investisseurs attendent le verdict de l’institution monétaire, prévu mercredi à 19 heures, heure belge, selon XTB.
La cotation affichait une variation de +0,11 % sur vingt-quatre heures. Ce léger mouvement ne change pas le constat : le marché de l’argent reste hésitant et sensible à la remontée du dollar ainsi qu’aux rendements obligataires américains élevés.
Une hausse des taux largement attendue
La Fed doit annoncer mercredi sa décision de politique monétaire à Washington. Les marchés anticipent largement un relèvement de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage, des taux directeurs.
Les taux directeurs correspondent au coût auquel les banques peuvent se financer à très court terme auprès de la banque centrale. Lorsqu’ils augmentent, les crédits deviennent généralement plus coûteux et les placements offrant un intérêt peuvent gagner en attrait.
Les dernières données américaines ont conforté cette attente. XTB relève une inflation sous-jacente de 2,4 % sur un an, une progression mensuelle de 0,3 %, une inflation des services de 3,1 % et une hausse des salaires de 4,1 % en août. Ces indicateurs n’écarteraient pas un nouveau resserrement monétaire, même si l’interprétation de ces chiffres reste discutée.
Dollar et obligations : deux freins pour l’argent
Le Dollar Index évoluerait à 99,62 points, en hausse de 0,54 %, tandis que l’euro reculerait à 1,1542 dollar (-0,18 %). Un dollar plus cher tend à pénaliser les métaux précieux : l’argent étant principalement négocié en dollars, son acquisition devient plus coûteuse pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Les rendements des obligations du Trésor américain à dix ans resteraient par ailleurs proches de sommets pluriannuels. Un rendement obligataire est le revenu annuel attendu d’une obligation, exprimé en pourcentage de son prix. Sa hausse peut détourner une partie des capitaux de l’argent, qui ne procure ni intérêt ni dividende.
Cette combinaison expliquerait la prudence des opérateurs à l’approche du communiqué de la Fed. Une décision conforme aux attentes pourrait déjà être intégrée dans les cours. En revanche, les commentaires de la banque centrale sur l’inflation et sur ses prochaines réunions pourraient provoquer davantage de volatilité.
Des signaux techniques encore fragiles
À court terme, la configuration graphique de l’argent resterait délicate. La moyenne mobile exponentielle à 20 jours ferait résistance. Cet indicateur lisse l’évolution récente des prix ; lorsqu’un cours n’arrive pas à le dépasser durablement, il peut signaler un manque de force acheteuse.
Un support se situerait vers les plus bas enregistrés à la mi-août. Un support désigne une zone de prix à laquelle des acheteurs sont susceptibles de revenir sur le marché. Le RSI, un indicateur qui mesure la dynamique des hausses et des baisses, demeurerait légèrement sous son niveau médian. Cela traduirait un marché sans tendance haussière franche.
Le ratio or/argent reste surveillé
Le ratio or/argent s’établirait autour de 68. Il indique qu’il faut environ 68 onces d’argent pour acquérir une once d’or. Certains investisseurs y voient un signe de sous-valorisation relative de l’argent lorsque ce ratio est élevé.
Cette lecture ne constitue toutefois pas un signal d’achat automatique. Le ratio peut rester durablement élevé et l’argent est habituellement plus volatil que l’or, notamment en raison de son utilisation industrielle importante.
Pour les épargnants belges et européens, la séance de mercredi sera donc déterminante : le prix en euros dépendra à la fois de la réaction du cours mondial de l’argent et de celle de l’euro face au dollar après la décision de la Fed.



