69,94 $ l’once : le cours de l’argent aurait atteint ce pic en séance asiatique le 25 août 2026, avant de refluer vers 68,20 $. Le métal blanc resterait donc bloqué sous le seuil très suivi des 70 $, une zone qui concentre l’attention des investisseurs.

Cette hésitation intervient après une forte progression. L’argent aurait gagné 6,56 % sur la semaine précédente et plus de 18 % sur un mois. Le mouvement s’expliquerait par trois facteurs : un regain d’appétit pour les métaux précieux, la faiblesse du dollar et des fondamentaux industriels jugés favorables.

Le seuil des 70 $ concentre les ordres de marché

Le niveau de 70 $ est qualifié de résistance psychologique. Une résistance désigne un prix auquel les vendeurs deviennent souvent plus nombreux que les acheteurs. Le terme « psychologique » signifie que le seuil est rond, facile à retenir, et peut influencer les comportements de marché.

Le pic à 69,94 $ aurait été atteint en intraday, c’est-à-dire au cours d’une même séance de cotation, sans être conservé en clôture. Ce détail compte : pour de nombreux investisseurs, un simple passage bref au-dessus d’un niveau ne suffit pas. Ils attendent une cassure, soit un franchissement net et durable d’une résistance, idéalement accompagné de volumes d’échanges élevés.

Si l’argent cassait clairement les 70 $, l’analyse technique ouvrirait la voie à un premier objectif autour de 80 $, puis à une zone située entre 88 et 90 $. L’analyse technique consiste à étudier les graphiques de prix pour repérer des niveaux d’achat ou de vente probables. Elle ne garantit pas l’évolution future du marché, mais elle sert de repère à de nombreux intervenants.

À l’inverse, les niveaux de soutien seraient surveillés à 68,42 $, 66,50 $ et 65,64 $. Un support est une zone de prix où les acheteurs peuvent revenir, ce qui peut freiner une baisse.

Le dollar faible soutiendrait le métal blanc

La dynamique de l’argent serait aussi liée à la devise américaine. Les métaux précieux sont généralement cotés en dollars. Quand le dollar baisse, l’or et l’argent deviennent moins chers pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres monnaies. Cela peut stimuler la demande.

Aux États-Unis, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé un doublement des rachats d’obligations publiques à long terme à partir du 9 septembre 2026. Le plafond doit passer de 2 milliards à au moins 4 milliards de dollars pour les titres de dette de 10 à 30 ans, sur une période allant jusqu’au 4 novembre, avec une possible extension.

Une obligation est un titre de dette. Quand l’État rachète ses obligations, il peut contribuer à détendre les taux d’intérêt de marché. Des taux plus bas réduisent souvent l’attrait du dollar et des placements rémunérés, ce qui peut soutenir les métaux précieux, qui ne versent pas d’intérêt.

Dans le même mouvement, l’or aurait brièvement atteint 4 696,82 $ l’once le 25 août, son plus haut niveau depuis près de trois mois. Ce contexte renforce l’intérêt pour l’argent, parfois perçu comme un métal précieux plus volatil que l’or.

Le PCE et Jackson Hole peuvent déclencher le prochain mouvement

Le prochain catalyseur viendrait des États-Unis. Les marchés attendraient la publication de l’inflation PCE et l’intervention de Kevin Warsh lors du symposium de Jackson Hole, dans le Wyoming.

Le PCE est un indicateur d’inflation suivi de près par la Réserve fédérale américaine. Il mesure l’évolution des prix payés par les ménages pour leurs dépenses de consommation. Une inflation modérée pourrait encourager une politique monétaire plus souple. Une politique dite accommodante signifie des taux d’intérêt plus bas ou un discours favorable à leur baisse.

Dans ce scénario, le dollar subirait une pression baissière et l’argent pourrait tenter une nouvelle attaque des 70 $. À l’inverse, un discours plus ferme sur l’inflation pourrait soutenir le dollar et provoquer des prises de bénéfices sur l’argent.

La demande industrielle reste un pilier de long terme

Au-delà du court terme, les fondamentaux de l’argent resteraient soutenus par l’industrie. Le métal blanc est utilisé dans le solaire photovoltaïque, l’électronique et l’électrification. Sa conductivité élevée en fait un matériau recherché dans de nombreux composants.

La production minière progresserait peu, tandis que la demande industrielle augmenterait. Ce déséquilibre structurel pourrait soutenir les prix sur la durée. Mais un risque existe : si les prix restent très élevés, certaines industries pourraient réduire leur consommation d’argent ou chercher des substituts.

Des tensions géopolitiques ajoutent aussi une prime de risque. En août 2026, Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a menacé de suspendre les exportations pétrolières transitant par le détroit d’Ormuz et le Golfe persique en cas de poursuite de la pression économique contre l’Iran. Ce type de tension peut influencer le dollar, l’or et l’argent, sans effet mécanique garanti.

Un signal fort, mais pas encore confirmé

Pour les investisseurs européens et belges, le niveau des 70 $ doit donc être suivi avec prudence. Une cassure nette pourrait renforcer le scénario haussier vers 80 $, puis 88 à 90 $. Mais tant que ce seuil n’est pas franchi durablement, le marché reste exposé à un repli vers ses supports.

Le message principal est clair : l’argent reste en tendance forte, mais la décision du marché dépend désormais du dollar, du PCE américain et du ton donné à Jackson Hole.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version