Porté par un contexte économique incertain et une demande industrielle croissante, le cours de l’argent pourrait exploser d’ici deux ans selon les dernières prévisions américaines, confirmant l’attrait des investisseurs pour les métaux précieux.

Actuellement négociée autour de 72 dollars, l’once d’argent pourrait voir sa valeur multipliée par quatre d’ici la fin de l’année 2026. Cette projection spectaculaire émane de la Bank of America, qui anticipe un bouleversement majeur sur le marché. Entre tensions sur l’offre et stratégies de protection patrimoniale, les métaux physiques s’imposent de plus en plus face aux circuits bancaires traditionnels, modifiant profondément les stratégies des épargnants belges et européens.

L’argent physique, un potentiel de hausse vertigineux

Selon une analyse relayée par l’Agence BDOR à la fin du mois d’avril 2026, le cours de l’once d’argent s’établirait entre 135 et 309 dollars d’ici la fin de l’année. Cette prévision très optimiste marque une rupture franche avec les scénarios habituellement prudents appliqués aux matières premières.

Cette dynamique spectaculaire s’expliquerait par une double pression. D’une part, la demande industrielle ne cesse de croître, confrontée à une offre disponible de plus en plus limitée. D’autre part, les investisseurs particuliers et institutionnels cherchent à sécuriser leur patrimoine. « La dynamique projetée repose sur un regain d’intérêt pour les actifs tangibles et la logique de débancarisation« , souligne le rapport.

Cette démarche consiste à sortir ses avoirs du système bancaire classique pour les convertir en biens réels. L’argent, souvent perçu comme plus accessible, bénéficierait ainsi d’un effet de rattrapage par rapport à l’or. Cette évolution constitue une forte incitation à diversifier son portefeuille vers les lingots et pièces.

L’or maintient son cap malgré l’influence du dollar

Si l’argent cristallise les espoirs de rendements exceptionnels à moyen terme, l’or continue de jouer son rôle de valeur refuge fondamentale. Le métal jaune se maintient fermement au-dessus de la barre des 4 550 dollars l’once. Toutefois, sa progression immédiate se voit freinée par la vigueur du dollar américain sur les marchés internationaux.

Il s’agit d’un mécanisme monétaire classique qu’il est essentiel de comprendre : les métaux précieux étant cotés en dollars, une hausse de la monnaie américaine rend l’or mécaniquement plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cette situation tend à peser temporairement sur la demande globale.

Ainsi, au 29 avril 2026, la cotation physique a fixé le prix d’un lingot d’or d’un kilogramme à 123 500 euros, marquant une baisse ponctuelle de 2,76 %. Ce léger repli de la cotation physique n’entame cependant en rien le solide support psychologique que représente le métal précieux pour les épargnants.

Un mouvement massif initié par les banques centrales

L’engouement actuel pour l’or et l’argent n’est pas le seul fait des investisseurs privés. Les institutions souveraines orchestrent elles aussi une accumulation stratégique de métaux précieux. À titre d’exemple, la Banque nationale de la République kirghize a fait l’acquisition d’une tonne d’or physique au cours du premier trimestre 2026.

Cette démarche institutionnelle vise à renforcer les réserves nationales face aux aléas des devises traditionnelles et s’inscrit dans un mouvement historique beaucoup plus vaste. Depuis la crise financière de 2008, les banques centrales mondiales ont accumulé collectivement 225 millions d’onces de métaux précieux.

Cette absorption massive et continue de liquidité métallique sur les marchés de gros diminue structurellement l’offre circulante. En asséchant ainsi le marché, les États établissent un plancher haussier pérenne pour les cours, renforçant le statut de réserve ultime de l’or et de l’argent.

Face à cette raréfaction organisée de l’offre physique et à l’appétit insatiable des marchés, la redéfinition de la valeur des actifs tangibles semble inévitable. Reste à observer si l’argent franchira effectivement le cap fatidique des 300 dollars, transformant la prévision audacieuse de la Bank of America en une nouvelle norme financière.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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