Près de 35 000 euros de moins par lingot d’un kilo. Après deux années de forte hausse, l’or recule nettement en juillet 2026. Le lingot d’un kilo, c’est-à-dire une barre d’or standardisée de 1 000 grammes, serait passé d’environ 150 000 euros à un peu plus de 115 000 euros. La question revient donc chez les épargnants : cette baisse constitue-t-elle une occasion d’achat ?
Dans un entretien accordé à MoneyVox, Laurent Schwartz analyse ce mouvement comme une phase de consolidation. Ce terme désigne une pause ou un repli après une forte progression, sans que la tendance de fond soit forcément remise en cause. Autrement dit, le marché digère ses gains.
Une baisse liée aux taux américains
Le recul récent de l’or s’expliquerait d’abord par les anticipations autour des taux d’intérêt américains. Les taux d’intérêt représentent le prix de l’argent emprunté. Quand ils montent, les placements rémunérés, comme les obligations, deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Il peut donc perdre une partie de son attrait à court terme.
La Réserve fédérale américaine, souvent appelée Fed, reste au centre de cette dynamique. Cette banque centrale fixe les grandes orientations monétaires aux États-Unis. En juin 2026, les marchés auraient anticipé un possible maintien de taux élevés, voire une hausse, face à une inflation encore persistante. Dans ce contexte, l’once d’or — unité internationale correspondant à 31,1 grammes — serait brièvement passée sous des seuils symboliques, notamment autour de 4 100 dollars, voire sous 4 000 dollars selon certaines indications de marché.
Ces données non définitives doivent être interprétées avec prudence. Mais elles confirment un point essentiel : les rendements américains restent l’un des moteurs majeurs du prix de l’or.
Les prises de bénéfices pèsent aussi sur le marché
Autre facteur évoqué : les prises de bénéfices. Cette expression signifie que des investisseurs vendent une partie de leurs positions après une forte hausse afin d’encaisser leurs gains. Après deux années très favorables au métal jaune, ce comportement est classique.
Cette mécanique ne signifie pas nécessairement que l’or perd son intérêt patrimonial. Elle indique plutôt qu’une partie du marché estime le moment opportun pour alléger ses positions. Le recul peut alors s’autoalimenter sur quelques semaines, surtout si le dollar se renforce ou si les rendements obligataires augmentent.
L’or conserve son rôle de valeur refuge
Laurent Schwartz considère que cette correction ne remet pas en cause le statut de l’or comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs craignent une crise économique, financière, géopolitique ou monétaire. L’or joue ce rôle depuis longtemps, car il n’est la dette d’aucun État ni d’aucune entreprise.
Cette caractéristique intéresse particulièrement les épargnants européens et belges. L’or physique peut servir de diversification dans un patrimoine. Il ne garantit pas un gain. Son cours peut baisser. Mais il peut réduire la dépendance à l’euro, aux marchés actions ou aux produits bancaires.
Acheter maintenant ? La progressivité reste centrale
La recommandation avancée par Laurent Schwartz est de consacrer environ 5 % du patrimoine financier à l’or. Le patrimoine financier regroupe notamment l’épargne, les placements, les titres et les liquidités, hors immobilier principal.
Cette proportion n’a pas valeur de règle universelle. Elle dépend du profil de l’épargnant, de son horizon de placement et de sa tolérance au risque. Mais elle donne un repère simple : l’or est généralement pensé comme un actif de protection, pas comme un pari spéculatif à court terme.
L’approche progressive paraît donc la plus prudente. Elle consiste à acheter en plusieurs fois, à intervalles réguliers, plutôt qu’en une seule opération. Cette méthode limite le risque d’acheter au plus haut et permet de lisser le prix d’entrée.
Pièces et lingotins : des formats adaptés aux particuliers
Pour un investissement physique, les pièces et les lingotins sont souvent plus pratiques qu’un lingot d’un kilo. Un lingotin est une petite barre d’or, par exemple de 5, 10, 20, 50 ou 100 grammes. Ces formats facilitent la revente partielle.
Les pièces d’investissement, comme les Napoléons, Krugerrands ou Maple Leaf, peuvent aussi être recherchées pour leur liquidité. La liquidité désigne la facilité avec laquelle un actif peut être revendu rapidement, à un prix proche du marché.
Avant tout achat, plusieurs précautions restent nécessaires : comparer les primes, vérifier la pureté, demander une facture, conserver les certificats éventuels et prévoir un stockage sécurisé. La prime correspond à l’écart entre le prix de la pièce ou du lingotin et la valeur de l’or contenu.
En Belgique, l’or d’investissement bénéficie en principe d’un régime favorable en matière de TVA, mais la situation fiscale dépend toujours du produit acheté et de la situation de l’épargnant.
Une baisse à interpréter comme un signal, pas comme une certitude
La baisse de l’or en juillet 2026 ne donne pas, à elle seule, un signal d’achat automatique. Elle rappelle surtout que le métal jaune reste sensible aux décisions des banques centrales, aux anticipations d’inflation et aux mouvements du dollar.
Pour un épargnant, l’enjeu n’est pas de deviner le point bas exact, mais de définir une stratégie cohérente. Si l’objectif est la préservation du capital, une exposition limitée et progressive à l’or peut garder du sens. La correction actuelle invite donc moins à la précipitation qu’à la méthode.



