Alors que le Venezuela traverse un bouleversement politique majeur avec l’arrestation de Nicolas Maduro par les forces américaines, le sort des 31 tonnes d’or stockées à la Banque d’Angleterre demeure incertain. Valorisées à plus de 2,5 milliards de dollars grâce à la flambée des cours, ces réserves sont au cœur d’un bras de fer diplomatique et financier que le nouveau gouvernement intérimaire de Caracas peine à dénouer.

C’est un trésor qui dort dans les coffres souterrains de la capitale britannique, silencieux témoin des soubresauts géopolitiques mondiaux. Trente et une tonnes d’or. Une fortune qui, paradoxalement, n’a jamais autant valu alors même que son propriétaire légitime, l’État vénézuélien, est plongé dans une incertitude institutionnelle totale. Depuis 2019, ces lingots sont inaccessibles pour Caracas. Et selon les dernières déclarations diplomatiques, le changement de régime opéré début janvier 2026 ne semble pas devoir changer la donne à court terme.

Un pactole revalorisé par la crise

L’ironie de la situation réside dans la valorisation de cet actif. Alors que l’économie vénézuélienne est exsangue, la valeur de son stock d’or outre-Manche a bondi. Ce stock dépasse désormais la barre symbolique des 2,5 milliards de dollars.

Cette appréciation est la conséquence directe de la fièvre qui s’est emparée des marchés des métaux précieux. Dans un contexte d’instabilité internationale, l’or joue à plein son rôle de valeur refuge. Des prévisions relayées par Lao Dong indiquent même que le cours de l’once pourrait atteindre le seuil historique de 5 000 dollars d’ici la fin du premier trimestre 2026. Pour le Venezuela, cet or représente une bouée de sauvetage potentielle, mais elle reste pour l’heure hors de portée.

L’impasse diplomatique persiste à Londres

L’espoir d’un déblocage rapide suite à l’opération « Absolute Resolve » menée par les forces spéciales américaines le 3 janvier dernier, qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro, a été douché par Londres.

La Cour suprême britannique avait déjà verrouillé l’accès aux coffres en juin 2023, arguant de la nécessité pour le pouvoir judiciaire et l’exécutif britanniques de parler d’une seule voix en matière de politique étrangère. À l’époque, cela signifiait ne pas reconnaître l’autorité de Maduro.

Aujourd’hui, la situation est tout aussi complexe. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a confirmé que le Royaume-Uni ne reconnaît pas encore pleinement l’autorité du gouvernement intérimaire actuel dirigé par Delcy Rodríguez. En conséquence, le gel des avoirs est maintenu. La diplomatie britannique reste prudente, attendant sans doute une stabilisation du paysage politique à Caracas avant de remettre les clés du coffre.

La ruée des créanciers et des miniers

Si l’État vénézuélien ne peut toucher à son or, d’autres acteurs espèrent bien profiter de la nouvelle donne politique pour récupérer leurs billes. Le Venezuela croule sous une dette extérieure abyssale, estimée à près de 170 milliards de dollars, soit environ deux fois son PIB annuel selon Yahoo Finance.

La destitution de Maduro a réveillé les appétits des sociétés minières étrangères, longtemps spoliées ou écartées par le régime chaviste.

  • Gold Reserve Ltd. se positionne déjà pour reprendre le contrôle des gisements d’or et de cuivre de Brisas et Siembra Minera. Le site de Brisas contiendrait à lui seul environ 10 millions d’onces d’or, une ressource stratégique colossale.
  • De son côté, la société Rusoro Mining estime, d’après des informations du Blog Finance, que l’intervention américaine améliore considérablement ses chances d’obtenir les 2 milliards de dollars d’indemnisation qu’elle réclame depuis des années.

Un historique de liquidation des réserves

Ce n’est pas la première fois que l’or vénézuélien fait l’actualité. Il y a une décennie, pour tenter d’éviter la faillite, Caracas avait orchestré un mouvement massif de ses réserves. Sur une période de cinq ans, le pays avait expédié 127 tonnes d’or vers la Suisse, pour une valeur avoisinant les 5,05 milliards d’euros, afin de les fondre et de les convertir en liquidités.

Aujourd’hui, alors que les coffres de la Banque d’Angleterre restent fermés, la question n’est plus seulement de savoir quand le Venezuela récupérera son or, mais combien il en restera une fois que les créanciers internationaux auront fait valoir leurs droits sur les actifs d’un pays en reconstruction.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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