66,30 dollars l’once. Le cours de l’argent recule ce 4 septembre 2026 sur le marché international, après avoir approché les 68 dollars, dans l’attente du rapport américain sur l’emploi d’août.
Le XAG/USD, c’est-à-dire le prix de l’argent exprimé en dollars américains, évolue sous pression. XAG désigne l’argent sur les marchés internationaux. L’once correspond ici à l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.
Les investisseurs attendent le verdict de l’emploi américain
La baisse du jour s’explique d’abord par un positionnement prudent. Les investisseurs allègent leurs positions avant la publication des chiffres officiels de l’emploi américain par le Bureau of Labor Statistics, l’agence statistique du travail aux États-Unis.
Ce rapport est suivi de près car il influence les anticipations sur la Réserve fédérale américaine, la Fed. Une économie qui crée beaucoup d’emplois peut pousser la banque centrale à maintenir des taux directeurs élevés, voire à les relever. Des taux directeurs sont les taux auxquels la banque centrale influence le coût du crédit dans l’économie.
Pour l’argent, l’enjeu est direct. Lorsque les taux montent, les métaux précieux deviennent souvent moins attractifs, car ils ne versent ni intérêt ni dividende. Le dollar peut aussi se renforcer, ce qui rend l’argent plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Des prévisions encore incertaines pour août
Les attentes restent divergentes. TD Securities anticiperait un rebond de l’emploi américain avec 95 000 créations de postes en août, alors que le consensus de marché serait plus proche de 58 000 créations.
Le taux de chômage serait attendu stable à 4,1 %. La croissance des salaires ralentirait autour de 3 %. Ces chiffres sont importants car les salaires nourrissent les anticipations d’inflation. Une hausse rapide des rémunérations peut entretenir la pression sur les prix.
Pour le marché de l’argent, un rapport solide pourrait maintenir la pression. À l’inverse, des chiffres plus faibles pourraient soutenir le métal, en renforçant l’idée d’une Fed moins restrictive.
La Fed envoie des signaux contrastés
Le contexte monétaire reste ambigu. Christopher Waller, gouverneur de la Fed, a déclaré lors d’une intervention publique que des signes de désinflation apparaissent dans les données récentes. La désinflation signifie que les prix continuent d’augmenter, mais moins vite qu’avant.
Ce message réduit les anticipations d’une nouvelle hausse des taux et peut soutenir l’argent. Un resserrement monétaire moins marqué pèse généralement sur le dollar et rend les métaux précieux plus attractifs.
Mais d’autres responsables ont adopté un ton plus ferme. Michael Barr, également gouverneur de la Fed, a défendu une posture restrictive face à une inflation encore jugée trop élevée. Ce type de discours favorise un dollar fort et entretient la volatilité sur l’argent.
Le souvenir du passage sous 64 dollars reste présent
Le marché reste marqué par la séance du 2 septembre. Le XAG/USD était tombé autour de 63,40 dollars l’once, sous le seuil symbolique des 64 dollars. Cette baisse avait été alimentée par la hausse du rendement du Trésor américain à 10 ans, monté à 4,80 %, son plus haut niveau depuis début 2025.
Le rendement obligataire désigne le revenu offert par une obligation. Quand ce rendement augmente, les investisseurs peuvent préférer les obligations aux métaux précieux, car ces derniers ne procurent pas de revenu régulier.
Les tensions entre Washington et Téhéran ont aussi ravivé les inquiétudes inflationnistes, via la hausse du pétrole. Un pétrole plus cher peut nourrir l’inflation mondiale et compliquer le travail des banques centrales.
Ce que doivent surveiller les épargnants européens
Pour un investisseur belge ou européen, le prix en dollars ne suffit pas. Le taux de change euro-dollar joue un rôle essentiel. Si le dollar monte face à l’euro, l’argent peut coûter plus cher en euros, même si le XAG/USD reste stable.
Les prochains chiffres de l’emploi américain peuvent donc déclencher des mouvements rapides. Un rapport supérieur aux attentes pourrait renforcer le dollar et les rendements obligataires. Un rapport plus faible pourrait au contraire relancer l’intérêt pour l’argent.
À court terme, le seuil des 66 dollars sert de zone d’observation. Le marché attend moins une tendance industrielle qu’un signal monétaire. Pour l’argent, la prochaine impulsion viendra probablement de Washington, et non des mines.


