66,60 dollars l’once : le cours de l’argent reste quasiment immobile avant un rendez-vous macroéconomique important aux États-Unis. Lors de la séance asiatique du 1er septembre 2026, le XAG/USD oscille autour de 66,60 à 66,67 dollars l’once, après plusieurs semaines de progression.
Le XAG/USD désigne le prix de l’argent métal exprimé en dollars américains. XAG est le code international de l’argent, comme XAU pour l’or. L’once correspond ici à l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.
Cette pause intervient avant la publication de deux statistiques américaines suivies par les marchés : l’indice ISM Manufacturing PMI d’août et les ouvertures de postes JOLTS de juillet. Leur lecture pourrait influencer les attentes sur les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Les investisseurs attendent le signal américain
L’indice ISM Manufacturing PMI est un baromètre de l’activité manufacturière aux États-Unis. Un chiffre supérieur à 50 signale généralement une expansion du secteur industriel ; un chiffre inférieur à 50 traduit une contraction. Pour l’argent, métal à la fois précieux et industriel, cet indicateur compte double : il renseigne sur la conjoncture économique et sur la demande potentielle des secteurs consommateurs de métal.
Le rapport JOLTS, publié par le Bureau of Labor Statistics, mesure notamment les offres d’emploi disponibles aux États-Unis. Il aide les investisseurs à évaluer la solidité du marché du travail. Un marché de l’emploi trop robuste peut entretenir les pressions salariales et donc l’inflation.
Pourquoi ces chiffres sont-ils décisifs ? Parce qu’ils peuvent renforcer ou affaiblir l’idée d’une Fed plus restrictive. Une politique monétaire restrictive signifie généralement des taux d’intérêt plus élevés ou maintenus élevés plus longtemps. Cela peut peser sur les métaux précieux, qui ne versent pas d’intérêt.
La Fed reste au centre du marché de l’argent
L’argent stagne donc moins par manque d’intérêt que par prudence. Les marchés financiers cherchent à savoir si la Fed aura des raisons de durcir encore sa politique monétaire lors de sa réunion de septembre.
Selon une analyse attribuée à Rabobank, Kevin Warsh, qui serait président de la Fed, aurait calibré son intervention au symposium de Jackson Hole, fin août, pour raviver les attentes de hausse des taux. Cette communication aurait repositionné le débat en faveur des « faucons ».
Dans le langage des banques centrales, les faucons sont les responsables favorables à une politique monétaire stricte pour lutter contre l’inflation. À l’inverse, les « colombes » privilégient davantage le soutien à la croissance et à l’emploi. Rabobank soulignerait toutefois que la proximité des élections de mi-mandat limiterait la marge de manœuvre de la banque centrale américaine.
Pour les investisseurs européens et belges, cet arbitrage reste essentiel. Le cours international de l’argent est libellé en dollars. Une hausse des taux américains peut soutenir le billet vert, ce qui renchérit mécaniquement l’achat d’argent pour un investisseur en euros si le change évolue défavorablement.
Le pétrole ajoute une pression indirecte
Autre élément de marché : le baril de WTI a atteint 85,85 dollars lors de la séance asiatique, son plus haut niveau depuis plus d’une semaine. Le WTI, ou West Texas Intermediate, est une référence américaine du pétrole brut.
Cette hausse est liée à la reprise des hostilités au Moyen-Orient. Elle peut peser indirectement sur l’argent. Un pétrole plus cher alimente les coûts de production et les anticipations d’inflation. Si l’inflation menace de repartir, les marchés peuvent anticiper une Fed plus ferme, donc des taux plus élevés.
Ce mécanisme freine souvent l’élan des métaux précieux, même lorsque les tensions géopolitiques soutiennent la demande de valeurs refuges. L’argent se trouve ainsi pris entre deux forces : son attrait de protection en période d’incertitude et la pression des taux américains.
Les seuils techniques restent favorables à court terme
Sur le plan graphique, le XAG/USD se maintient autour de 66,59 dollars. Le biais de court terme reste haussier tant que le cours demeure au-dessus de la moyenne mobile exponentielle à 20 jours, située à 65,71 dollars.
Une moyenne mobile exponentielle est un indicateur qui lisse les prix récents en donnant plus de poids aux dernières séances. Elle aide à repérer la tendance dominante. Le niveau de 65,71 dollars joue donc un rôle de support, c’est-à-dire une zone où des acheteurs peuvent revenir.
Le RSI ressort à 55,05. Le RSI, ou indice de force relative, mesure la vitesse et l’ampleur des mouvements de prix. Au-dessus de 50, il traduit une pression acheteuse modérée, sans signal évident de surchauffe.
Les principaux supports sont identifiés à 65,71 dollars puis 62,19 dollars. À l’inverse, la résistance clé se situe à 71,56 dollars. Une résistance est une zone où les vendeurs peuvent reprendre la main. Un franchissement net de ce seuil signalerait une possible reprise de la hausse.
À court terme, le marché de l’argent reste suspendu aux chiffres américains. Une surprise sur l’ISM ou les JOLTS pourrait déclencher un mouvement plus marqué, à la hausse comme à la baisse. En attendant, le XAG/USD conserve son équilibre autour de 66,60 dollars, dans un marché prudent mais techniquement encore constructif.


