53,64 euros l’once : l’argent perd 0,98 % en 24 heures et 8,3 % sur une semaine. Le métal gris prolonge sa correction à court terme, alors que les marchés anticipent une Réserve fédérale américaine plus restrictive. Des taux réels élevés réduisent l’attrait d’un actif qui ne procure ni intérêt ni dividende.
Sur un mois, l’argent abandonne 6,4 %. Sa performance reste toutefois positive sur trois mois, à +5,9 %. Un léger rebond a été observé entre le lundi 28 septembre et le mardi matin, mais le cours hebdomadaire en euros demeure inférieur à son niveau de la semaine précédente.
Pourquoi les taux réels pèsent sur l’argent
Les taux réels correspondent, de manière simplifiée, aux taux d’intérêt après prise en compte de l’inflation. Lorsqu’ils montent, les placements rémunérés, tels que les obligations ou les dépôts, deviennent relativement plus attractifs.
L’argent, comme l’or, ne verse aucun coupon : son détenteur ne perçoit pas de revenu régulier. Une hausse des taux réels augmente donc le coût d’opportunité de sa détention, c’est-à-dire le rendement auquel l’investisseur renonce en privilégiant le métal.
En zone euro, les taux directeurs de la Banque centrale européenne seraient maintenus à des niveaux élevés : le taux directeur est donné à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 % depuis le 16 septembre. Le rendement de l’obligation assimilable du Trésor français à dix ans, l’OAT, évoluerait autour de 4 %. Aux États-Unis également, la perspective de taux durablement élevés soutient cette pression.
Une hausse de la Fed en octobre davantage anticipée
Le marché attribuerait une probabilité de 70 % à une nouvelle hausse des taux directeurs de la Fed lors de sa réunion d’octobre, d’après l’outil CME FedWatch. TD Securities jugerait aussi ce scénario de plus en plus plausible, la banque centrale américaine n’ayant pas encore suffisamment confiance dans le retour de l’inflation vers sa cible.
Cette probabilité n’est pas une décision de la Fed : elle reflète les anticipations implicites des marchés financiers, qui peuvent rapidement changer à la publication de nouvelles données économiques.
Les investisseurs suivront ainsi les chiffres JOLTS d’août sur les ouvertures de postes aux États-Unis, attendus ce mardi. Un résultat inférieur aux 7,23 millions de postes anticipés, après 7,271 millions en juillet, pourrait signaler un marché de l’emploi moins vigoureux. Il pourrait alors réduire les attentes de hausse des taux en octobre et offrir un soutien ponctuel à l’argent.
L’argent recule davantage que l’or
La faiblesse relative de l’argent se lit aussi dans le ratio or/argent. Celui-ci atteint 68,0, contre 67,1 il y a un mois, soit une progression de 1,3 %.
Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaire pour acheter une once d’or. Lorsqu’il augmente, cela signifie généralement que l’argent sous-performe l’or.
L’explication tient notamment au double statut de l’argent. Il est à la fois un métal précieux recherché pour la diversification patrimoniale et un métal industriel utilisé dans le photovoltaïque, l’électronique et l’automobile. La crainte qu’un durcissement monétaire freine l’activité économique pourrait donc peser plus fortement sur sa demande que sur celle de l’or.
À court terme, l’évolution de l’argent dépendra largement des données américaines et de leur effet sur les taux réels. Pour les épargnants, cette séquence rappelle que le métal gris est souvent plus volatil que l’or : il peut amplifier les rebonds, mais aussi les corrections lorsque les conditions monétaires se tendent.



