1,601 euro le gramme : l’argent a perdu 8,4 % en quatre séances, effaçant une partie de sa hausse récente. Le recul intervient alors que les marchés réévaluent à la hausse le risque d’un nouveau durcissement monétaire aux États-Unis.
Le métal blanc est passé de 1,738 euro à 1,601 euro le gramme au cours de la semaine achevée le 15 octobre. Il évoluait ainsi à son plus bas niveau hebdomadaire. Pour un détenteur d’argent physique, cette variation représente une baisse de la valeur théorique du stock détenu. Pour un acheteur, elle abaisse en revanche le niveau de prix à surveiller avant une éventuelle acquisition.
L’inflation américaine ravive le scénario de taux plus élevés
Le déclencheur principal vient des États-Unis. Le Bureau of Labor Statistics a publié une hausse des prix à la consommation de 0,6 % en septembre sur un mois, et de 3,7 % sur un an. L’inflation sous-jacente, qui exclut notamment les composantes les plus volatiles comme l’énergie et l’alimentation, s’est établie à 2,6 % sur un an.
Des chiffres supérieurs aux attentes renforcent habituellement l’idée que la Réserve fédérale américaine, la Fed, pourrait maintenir ou relever ses taux directeurs. Ces taux déterminent le coût de l’argent et influencent les rendements offerts par les obligations et les dépôts rémunérés.
D’après l’outil FedWatch du CME Group, la probabilité implicite d’une hausse de taux lors de la réunion des 27 et 28 octobre atteignait environ 31,6 %. Cette estimation reflète les prix des contrats de marché : elle ne constitue pas une décision de la Fed.
Pourquoi des taux élevés pèsent sur l’argent
L’argent ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux augmentent, les placements rémunérés deviennent relativement plus attractifs. Le coût d’opportunité de détenir du métal physique progresse alors : un épargnant renonce à un rendement potentiel en conservant de l’argent.
Les investisseurs suivent particulièrement les taux réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Leur hausse tend à peser sur les métaux précieux, car elle accroît le rendement réel des actifs monétaires ou obligataires.
L’argent possède toutefois une double nature. Il est à la fois un métal précieux, recherché comme réserve de valeur, et un métal industriel utilisé notamment dans l’électronique, le solaire et certaines applications médicales. À court terme, le facteur monétaire semble avoir dominé cette dimension industrielle.
Un dollar plus faible n’a pas suffi
Le Dollar Index aurait reculé de 0,46 %, tandis que l’euro se serait légèrement apprécié face au billet vert, à 1,1222 dollar. En théorie, un recul du dollar peut soutenir les métaux cotés dans cette devise, puisqu’ils deviennent moins chers pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies.
Cet effet de change n’aurait cependant pas compensé la pression liée aux taux réels. Converti en euros, le prix de l’argent a continué de reculer fortement. Pour les épargnants belges et européens, le cours exprimé en euros reste la référence la plus concrète, même si le marché international de l’argent se négocie principalement en dollars.
La réunion de la Fed devient le prochain rendez-vous
La réunion de politique monétaire des 27 et 28 octobre sera désormais au centre de l’attention. Mary Daly, responsable de la Fed, aurait adopté un ton plus ferme face à la persistance de l’inflation sous-jacente. Si ce biais restrictif se confirmait, la pression sur l’argent pourrait se prolonger.
À l’inverse, tout signal laissant envisager une pause durable dans le resserrement monétaire pourrait soutenir le métal blanc. Dans l’immédiat, la forte baisse hebdomadaire rappelle que l’argent peut être plus volatil que l’or : son prix réagit à la fois aux anticipations de taux, au dollar et aux perspectives économiques mondiales.



