54,19 euros l’once : l’argent a perdu 0,19 % en 24 heures le 13 octobre 2026. Ce recul limité illustre néanmoins un marché devenu nerveux. La vigueur du dollar américain, la hausse du pétrole et les anticipations de politique monétaire restrictive aux États-Unis ont pesé sur le métal blanc.
L’argent est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Un billet vert plus cher renchérit donc mécaniquement son achat pour les investisseurs utilisant d’autres devises. Cette relation contribue souvent à freiner la demande et à exercer une pression sur le cours.
Des taux élevés défavorables aux métaux sans rendement
Le marché semble surtout regarder vers la Réserve fédérale américaine, la Fed. La banque centrale fixe ses taux directeurs, c’est-à-dire le coût de l’argent à court terme dans l’économie américaine.
Lorsque ces taux restent élevés, les placements rémunérés, comme certaines obligations ou liquidités en dollars, deviennent plus attractifs. L’argent physique, à l’inverse, ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité augmente : détenir du métal revient à renoncer à un rendement potentiellement plus élevé ailleurs.
Les données de marché disponibles le 13 octobre suggéraient environ 80 % de probabilité d’un statu quo de la Fed en octobre. Elles faisaient aussi ressortir une probabilité de 88 % d’une hausse en décembre. Ces chiffres restent des anticipations : ils ne préjugent pas de la décision finale de la banque centrale. Polymarket indiquait également une forte probabilité d’absence de changement en octobre, ainsi qu’un scénario majoritaire de relèvement de 25 points de base en décembre. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage.
L’inflation maintient la Fed sous pression
La prudence des investisseurs s’appuie sur une inflation américaine qui resterait au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed. Le 16 septembre, Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, avait défendu le maintien d’une politique monétaire restrictive.
Une politique restrictive consiste à maintenir des taux élevés, ou à les relever, afin de ralentir la demande et de ramener l’inflation vers sa cible. Ce discours soutient généralement le dollar, tout en compliquant la progression de l’argent et de l’or.
La hausse du pétrole ajoute un facteur d’incertitude. Elle peut nourrir les craintes inflationnistes et conforter l’idée que la Fed ne pourra pas assouplir rapidement sa politique.
Quel repère pour les acheteurs belges ?
Pour un acheteur en Belgique ou dans la zone euro, le prix en euros reste le repère concret. La hausse de l’euro n’a pas suffi à effacer la pression baissière observée sur l’argent le 13 octobre.
À court terme, l’évolution du dollar et les prochaines communications de la Fed devraient rester déterminantes. Un maintien durable de taux américains élevés peut peser sur l’argent. À l’inverse, un reflux de l’inflation ou des signaux d’assouplissement monétaire pourraient modifier cet équilibre.



