3 750,70 euros l’once : l’or évoluerait toujours à un niveau exceptionnellement élevé, malgré une politique monétaire américaine qui reste défavorable aux actifs ne versant pas de revenu.
Mardi 13 octobre au matin, l’once d’or — soit environ 31,1 grammes de métal fin — était indiquée à 3 750,70 euros, en hausse de 0,54 % sur 24 heures. Le cours progresserait également de 1,4 % sur sept jours et de 5,9 % sur trois mois.
Cette résistance interviendrait alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) affiche un discours ferme contre l’inflation. Des taux directeurs élevés augmentent généralement le coût d’opportunité de la détention d’or : contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré, le métal ne verse ni intérêt ni dividende.
Le dollar et les tensions géopolitiques soutiendraient le métal
Le maintien du cours s’expliquerait d’abord par un repli du Dollar Index vers 102,4 points. Cet indice mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises. Lorsque le billet vert baisse, l’or coté en dollars devient en principe plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres monnaies, ce qui peut soutenir la demande mondiale.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour des Houthis et de l’Arabie saoudite, alimenteraient aussi les achats dits de valeur refuge. L’or est recherché dans les périodes d’incertitude économique ou politique, car il ne dépend pas directement de la solidité financière d’un émetteur.
Pour un épargnant belge, le prix en euros reste le repère déterminant lors d’un achat physique. Il dépend à la fois du cours international de l’or et de la parité euro-dollar, ainsi que de la prime appliquée par le vendeur sur les pièces ou les lingots.
La Fed conserve un biais de resserrement
Le 16 septembre, le Comité fédéral de l’open market (FOMC), l’organe de décision de la Fed, a relevé à l’unanimité sa fourchette de taux directeurs de 25 points de base — soit 0,25 point de pourcentage — pour la porter entre 3,75 % et 4,00 %.
Dans sa communication, le FOMC a souligné que l’inflation demeurait trop élevée. Ses projections publiées après la réunion montrent que 16 de ses 18 membres anticipent au moins une nouvelle hausse avant la fin de l’année. La fourchette des taux pourrait ainsi atteindre 4,00 % à 4,25 %.
Ce scénario constituerait un frein potentiel pour l’or, car il soutient habituellement les rendements obligataires et le dollar. La stabilité du métal près de 3 750 euros montre toutefois que les facteurs de refuge et de change compenseraient, à ce stade, ce vent contraire monétaire.
L’évolution des prochaines données américaines sur les prix et l’emploi sera déterminante : elles pourront modifier les anticipations de taux, et donc l’équilibre entre soutien du dollar et attrait défensif de l’or.



