À environ 64,40 dollars l’once, l’argent a progressé de 1,8 % en séance le 17 septembre. Le mouvement serait lié à l’apaisement temporaire des tensions sur l’approvisionnement pétrolier, qui a fait redescendre le WTI vers 101,06 dollars le baril.
Le XAG/USD, c’est-à-dire le prix international d’une once d’argent exprimé en dollars américains, évoluait autour de 64,38 à 64,40 dollars. Une once troy, l’unité de référence des métaux précieux, représente 31,103 grammes.
Des cargaisons saoudiennes pour calmer le marché pétrolier
Le pétrole avait été soutenu par les inquiétudes sur l’offre énergétique. Ces craintes se seraient toutefois atténuées après des informations indiquant que l’Arabie saoudite proposerait des cargaisons supplémentaires de brut à des raffineurs asiatiques.
Ces livraisons passeraient par des transferts de navire à navire au large de Sohar, dans le sultanat d’Oman. Elles viseraient à compenser les perturbations liées à la fermeture d’un oléoduc saoudien.
Cette perspective aurait contribué à interrompre le rallye du pétrole. Le WTI, référence du pétrole américain, aurait reflué à 101,06 dollars le baril. La détente réduit le risque d’un choc énergétique plus large et peut favoriser l’appétit des investisseurs pour les métaux industriels et précieux, dont l’argent.
L’argent possède en effet une double nature. Il est recherché comme métal précieux, au même titre que l’or, mais il est aussi utilisé dans l’industrie, notamment dans l’électronique, le photovoltaïque et certaines technologies énergétiques. Son cours réagit donc à la fois aux tensions financières et aux perspectives économiques.
La Réserve fédérale reste un frein potentiel
La hausse du jour ne fait pas disparaître le principal obstacle pour le métal blanc : le niveau des taux d’intérêt américains.
La Réserve fédérale américaine aurait relevé ses taux directeurs de 25 points de base le 16 septembre, dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. Un point de base correspond à un centième de point de pourcentage. Ses projections, souvent désignées sous le terme de dot plot, laisseraient entrevoir une politique monétaire restrictive prolongée.
Des taux élevés tendent à peser sur l’argent. Le métal ne verse ni intérêt ni dividende : lorsque les placements obligataires ou monétaires offrent un rendement plus important, le coût d’opportunité de détenir de l’argent augmente.
En zone euro, la Banque centrale européenne aurait maintenu son taux directeur à 2,65 %, avec une facilité de dépôt à 2,50 %. Cet écart avec les taux américains peut soutenir le dollar, ce qui rend généralement les métaux cotés en dollars plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, dont les investisseurs belges et européens.
Le seuil de 64,91 dollars reste déterminant
Sur le plan technique, l’argent se négocierait encore sous sa moyenne mobile exponentielle à 20 jours, située vers 64,91 dollars l’once. Cet indicateur calcule une moyenne des cours récents en accordant davantage de poids aux dernières séances. Il sert à apprécier la tendance de court terme.
Le RSI, ou indice de force relative, se situerait à 48,73. Cet indicateur oscille entre 0 et 100 : autour de 50, il ne signale ni excès d’achat ni excès de vente marqué.
Le franchissement durable de 64,91 dollars constituerait le premier signal d’une reprise plus solide. Au-dessus, la zone des 68 dollars serait surveillée. À l’inverse, les supports identifiés se situeraient vers 62,30 dollars, puis 60 dollars et 54,77 dollars. Un support est un niveau où les achats peuvent ralentir une baisse ; une résistance est un seuil où les ventes peuvent limiter une hausse.
Pour les épargnants, cette poussée rappelle que l’argent reste plus volatil que l’or : son cours peut monter ou reculer rapidement au gré du dollar, des taux et du pétrole. Le répit énergétique a soutenu le métal blanc, mais la trajectoire de la Fed devrait rester le facteur décisif des prochaines séances.



