62,20 dollars l’once : l’argent métal aborde un seuil sensible avant les chiffres de l’emploi américain. Le 7 août 2026, le cours de l’argent, coté sous le symbole XAG/USD, avance d’environ 1 % sur les marchés mondiaux. Les investisseurs attendent la publication du rapport NFP à 12h30 GMT, soit 14h30 à Bruxelles.
L’argent monte avant un rendez-vous macroéconomique majeur
Le XAG/USD désigne le prix d’une once d’argent exprimé en dollars américains. Une once, dans les métaux précieux, correspond à l’once troy, soit environ 31,1 grammes.
Ce vendredi, le métal gris grimpe à l’approche de 62,20 dollars l’once. Le mouvement intervient avant le rapport NFP, pour Non-Farm Payrolls. Cet indicateur mesure les créations d’emplois aux États-Unis hors secteur agricole. Il est très suivi car il donne une lecture rapide de la vigueur de l’économie américaine.
Pour l’argent comme pour l’or, ce chiffre compte. Un marché du travail solide peut pousser la Réserve fédérale américaine, la Fed, à maintenir des taux d’intérêt élevés. À l’inverse, un ralentissement de l’emploi peut renforcer l’idée d’une politique monétaire plus souple.
Les marchés guettent la Fed derrière les chiffres de l’emploi
Les économistes de TD Securities anticipent 70 000 créations d’emplois en juillet 2026 et un taux de chômage stable à 4,2 %. Le consensus Reuters attend 80 000 créations d’emplois, un chômage également stable à 4,2 % et une progression des salaires de 3,5 % sur un an.
Les salaires sont surveillés car ils peuvent alimenter l’inflation. Si les rémunérations augmentent rapidement, les prix peuvent rester sous pression. La Fed peut alors hésiter à baisser ses taux directeurs. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour influencer le coût du crédit dans l’économie.
Pour l’argent, l’enjeu est simple : des taux plus bas soutiennent généralement les métaux précieux, tandis que des taux élevés peuvent freiner leur progression. L’argent ne verse ni intérêt ni dividende. Il est donc qualifié d’actif sans rendement. Quand les obligations ou les placements monétaires offrent des rendements élevés, la concurrence devient plus forte pour les métaux précieux.
Des signaux de ralentissement soutiennent le métal gris
Les dernières données ADP et JOLTS sont ressorties sous les attentes. ADP mesure l’évolution de l’emploi privé aux États-Unis. JOLTS recense notamment les offres d’emploi et les démissions, deux signaux utiles pour évaluer la tension du marché du travail.
Ces chiffres suggèrent un léger ralentissement de l’emploi américain. Cela explique le biais haussier de l’argent à court terme : les investisseurs envisagent davantage de souplesse monétaire si le rapport NFP confirme cette tendance.
La réaction peut toutefois être rapide. Un chiffre nettement supérieur aux attentes pourrait soutenir le dollar et les rendements obligataires américains. Cela pèserait souvent sur les métaux précieux. À l’inverse, un chiffre faible renforcerait l’attrait de l’argent et de l’or.
Le pétrole limite l’élan des métaux précieux
Le contexte énergétique ajoute une source d’incertitude. Le pétrole WTI, référence américaine du brut, remonte près de 77 dollars le baril. Le Brent, référence internationale, évolue autour de 83,45 dollars. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, point stratégique pour le transport maritime du pétrole, entretiennent les craintes sur l’approvisionnement mondial.
Une hausse durable du pétrole peut raviver l’inflation. Cette situation complique le scénario d’une baisse rapide des taux par les banques centrales. Elle peut donc limiter la hausse de l’argent, malgré la demande pour les actifs tangibles.
En Europe, les Bourses progressent légèrement dans l’attente des chiffres américains, tandis que Wall Street a reculé la veille après une série de records. Le rapport NFP pourrait ainsi donner le ton aux marchés actions, au dollar et aux métaux précieux.
Ce que les investisseurs belges et francophones doivent surveiller
Pour un investisseur en zone euro, deux variables comptent : le prix international de l’argent en dollars et le taux de change euro-dollar. Même si le XAG/USD monte, un euro plus fort peut atténuer la hausse en euros. À l’inverse, un dollar plus ferme peut renchérir l’achat d’argent pour les épargnants européens.
Le niveau de 62,20 dollars l’once devient donc un repère de court terme, mais la vraie direction dépendra de la publication de 14h30 à Bruxelles. Le marché cherchera surtout à savoir si l’emploi américain confirme un ralentissement ou si l’économie reste trop robuste pour justifier une détente monétaire rapide.
L’argent progresse, mais le rapport NFP reste l’arbitre immédiat du mouvement. Entre emploi américain, taux de la Fed et tensions pétrolières, le métal gris entre dans une séance à fort potentiel de volatilité.



