Environ 20 % du pétrole mondial transite par le détroit d’Hormuz. Cette seule donnée suffit à expliquer pourquoi l’or reste stable, mais sous tension, alors que les marchés surveillent à la fois le Moyen-Orient et la Réserve fédérale américaine.
L’or reste stable dans un marché nerveux
Au 7 août 2026, l’or évolue sans direction nette sur le marché mondial. Le métal jaune conserve son statut de valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face à un risque politique, financier ou économique.
Cette stabilité intervient malgré des tensions persistantes autour du détroit d’Hormuz, dans le Golfe Persique. Les investisseurs cherchent une couverture contre un possible échec des discussions diplomatiques entre l’Iran et Oman. En parallèle, la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, la Fed, reste difficile à anticiper.
L’or est aussi soutenu par le recul du dollar et par la baisse de certains rendements obligataires américains à 10 ans. Un rendement obligataire correspond au revenu offert par une obligation, souvent une dette d’État. Quand ces rendements baissent, l’or devient plus attractif, car il ne verse pas d’intérêt.
Hormuz concentre le risque énergétique
Début août, des négociations progressent entre l’Iran et Oman pour sécuriser puis rouvrir graduellement le détroit d’Hormuz. Cette voie maritime est stratégique : elle voit passer près d’un cinquième du pétrole mondial et une part comparable du gaz naturel liquéfié.
Le projet d’accord prévoit un cessez-le-feu de 60 jours. L’Iran contrôlerait le trafic entrant, tandis qu’Oman superviserait le trafic sortant. Les discussions se déroulent par voie diplomatique indirecte, avec Oman et le Qatar comme relais, et les États-Unis en arrière-plan.
Pour les marchés, l’enjeu est clair : une sécurisation d’Hormuz réduirait la prime de risque géopolitique. Cette prime correspond au supplément de prix intégré par les marchés lorsqu’un conflit menace l’offre de pétrole ou de gaz. Moins de risque sur l’énergie signifie, en principe, moins de pression sur l’inflation mondiale.
La Fed reste au centre du jeu
La Réserve fédérale américaine a maintenu début août ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit dans l’économie.
Le problème vient surtout de l’absence d’indications claires sur la suite. Les marchés attendaient un signal sur une future baisse, une pause prolongée ou un nouveau durcissement. Cette absence de visibilité complique les anticipations.
Le dossier Hormuz ajoute une difficulté. Si les tensions énergétiques repartaient à la hausse, le pétrole pourrait nourrir l’inflation. Dans ce cas, la Fed aurait moins de marge pour baisser ses taux. À l’inverse, un accord durable allégerait la facture énergétique mondiale et pourrait réduire la pression inflationniste.
Pour l’or, le flou monétaire reste un soutien : plus la trajectoire des taux est incertaine, plus la demande de protection peut rester élevée.
Le dollar recule, l’euro respire
Début août, l’indice DXY, qui mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises, évolue près de ses plus bas niveaux en six semaines, autour de 99,65 à 99,85. L’euro progresse vers environ 1,1549 dollar.
Cette baisse du dollar soutient mécaniquement l’or. Le métal est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert recule, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro.
Pour un investisseur belge ou européen, cet effet de change est essentiel. Une hausse de l’or en dollars peut être partiellement effacée si l’euro monte fortement face au dollar. À l’inverse, un dollar plus fort peut amplifier la performance de l’or exprimée en euros.
Le seuil des 4 000 dollars reste dans les esprits
Le 5 août, l’or au comptant aurait clôturé autour de 4 168,34 dollars l’once, en hausse de plus de 2,3 % sur la séance. Si ce niveau est confirmé, il s’agirait de sa plus forte progression quotidienne depuis février 2026.
L’or au comptant désigne le prix de l’or pour une livraison quasi immédiate. L’once utilisée sur ce marché est l’once troy, qui équivaut à 31,103 grammes.
Cette progression aurait été alimentée par trois facteurs : un dollar plus faible, des rendements américains moins favorables au billet vert et une demande accrue de protection face aux incertitudes au Moyen-Orient.
Quels repères pour les épargnants européens ?
La situation actuelle appelle à distinguer deux horizons. À court terme, l’or réagit aux nouvelles sur Hormuz, au dollar et aux anticipations de taux américains. À moyen terme, son rôle dépend surtout de la confiance dans les banques centrales, de l’inflation réelle et de l’appétit mondial pour le risque.
Pour les détenteurs d’or physique, lingots ou pièces, la lecture doit aussi intégrer les frais, les primes et l’écart entre prix d’achat et prix de revente. La prime d’une pièce correspond à la différence entre son prix de marché et la valeur de l’or qu’elle contient.
La stabilisation de l’or ne signifie donc pas une absence de risque. Elle traduit plutôt un équilibre fragile : les avancées diplomatiques limitent la flambée des prix, tandis que les incertitudes sur la Fed et Hormuz empêchent un reflux marqué.
Tant que le détroit d’Hormuz restera au cœur des inquiétudes énergétiques, l’or devrait conserver une place centrale dans les stratégies de protection du capital.



