58,20 dollars l’once. Le cours de l’argent a nettement progressé lundi 3 août 2026 sur les marchés mondiaux, après l’annonce par Donald Trump, dans le contexte des tensions au Moyen-Orient, d’une reprise des pourparlers de paix avec l’Iran.
L’argent profite d’un apaisement géopolitique
Le métal gris s’échangeait autour de 58,20 dollars l’once lundi matin. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes.
La hausse intervient après l’annonce, le 1er août, par Donald Trump de la reprise des discussions avec l’Iran dès le 3 août. Le président américain a aussi annoncé la suspension de frappes militaires prévues. Il a demandé la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial.
Pour les marchés, l’information principale est simple : une baisse du risque géopolitique au Moyen-Orient réduit la pression sur le pétrole et apaise les craintes d’inflation.
Le pétrole recule, les craintes d’inflation se détendent
Le lien avec l’argent passe d’abord par l’énergie. Une détente autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz réduit le risque de perturbation des exportations pétrolières. Le pétrole moins cher peut limiter la hausse des prix dans l’économie.
Cette baisse des inquiétudes inflationnistes soutient les actifs dits non rémunérateurs, comme l’argent ou l’or. Un actif non rémunérateur ne verse ni intérêt ni dividende. Sa valeur dépend surtout de son prix de marché, de la demande industrielle, de la demande d’investissement et du niveau des taux d’intérêt.
L’argent possède une double nature : métal précieux recherché en période d’incertitude, mais aussi métal industriel utilisé notamment dans l’électronique et le solaire. Cette particularité peut amplifier ses mouvements lorsque les investisseurs réévaluent à la fois le risque géopolitique, l’inflation et la croissance mondiale.
La Fed reste le principal contrepoids
La hausse de l’argent intervient toutefois dans un environnement monétaire tendu. Lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine, trois membres du comité monétaire ont voté contre le maintien des taux inchangés. Ils ont plaidé pour un relèvement afin d’éviter un resserrement plus brutal par la suite.
Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit dans l’économie. Des taux plus élevés rendent généralement les placements rémunérés plus attractifs, ce qui peut peser sur les métaux précieux.
Les marchés évaluent désormais à 68 % la probabilité d’une hausse de taux de 25 points de base en septembre 2026. Un point de base représente 0,01 point de pourcentage : 25 points de base équivalent donc à 0,25 point.
Cette probabilité est déduite des contrats à terme sur taux d’intérêt, des instruments financiers utilisés par les investisseurs pour anticiper l’évolution des taux.
L’or reste sous pression sous 4 100 dollars
Le contraste avec l’or est notable. Le métal jaune évolue autour de 4 050 dollars l’once début août 2026, mais sa progression reste freinée par les anticipations de resserrement monétaire américain.
Comme l’argent, l’or ne verse pas de revenu. Lorsque les taux montent, le coût d’opportunité augmente : détenir un métal précieux devient moins attractif face à des obligations ou des dépôts mieux rémunérés.
Pour les investisseurs belges et européens, un autre facteur compte : ces cours sont exprimés en dollars. Une variation de l’euro face au dollar peut donc renforcer ou réduire la performance réelle d’un achat d’argent ou d’or en euros.
Un signal fort, mais encore dépendant des taux
La poussée de l’argent au-dessus de 58 dollars l’once traduit surtout un changement rapide de perception du risque au Moyen-Orient. La reprise des pourparlers Iran-USA soutient les matières premières sensibles aux tensions géopolitiques, tout en allégeant les craintes sur l’énergie.
La suite dépendra de deux dossiers : la solidité du dialogue diplomatique avec l’Iran et la trajectoire des taux de la Fed. Pour l’argent, le seuil des 58 dollars confirme l’intérêt des marchés. Sa durabilité dépendra désormais de la confirmation de l’apaisement géopolitique et de l’ampleur du resserrement monétaire américain.



