Près de 4 100 dollars l’once : l’or reprend de la hauteur au début de la semaine du 27 juillet 2026. Le mouvement reste modéré, autour de 1 %, mais il traduit un changement important pour les marchés : la chute du pétrole réduit la crainte d’un nouveau choc inflationniste et éloigne, à court terme, le risque d’un relèvement rapide des taux par la Réserve fédérale américaine.
L’once d’or correspond à l’once troy, l’unité de référence internationale pour le métal précieux. Elle pèse environ 31,1 grammes. À ce niveau de prix, le marché reste très élevé en comparaison historique, même après la forte correction observée depuis le sommet du début d’année.
Le pétrole recule, l’or respire
Le déclencheur vient du marché de l’énergie. Le Brent, référence européenne du pétrole brut, est revenu autour de 90 dollars le baril après la suspension des frappes entre les États-Unis et l’Iran. Washington a interrompu sa campagne militaire après treize nuits d’opérations. Téhéran a indiqué qu’il cesserait également ses attaques tant que cette pause serait respectée.
Cette détente provisoire a pesé sur les cours du pétrole. Pour l’or, l’effet est indirect mais puissant. Un pétrole moins cher réduit la pression sur les prix à la consommation. Autrement dit, il diminue le risque d’inflation importée par l’énergie.
Or l’inflation est l’un des principaux paramètres suivis par la Fed. La Réserve fédérale américaine fixe les taux directeurs, c’est-à-dire les taux qui influencent le coût du crédit dans l’économie. Quand l’inflation accélère, la Fed peut relever ses taux pour freiner la demande. Quand cette menace recule, les marchés anticipent une politique monétaire moins restrictive.
Pourquoi des taux plus bas favorisent l’or
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Il devient donc moins attractif lorsque les obligations d’État offrent des rendements élevés. Le rendement obligataire désigne le revenu qu’un investisseur reçoit en détenant une obligation, rapporté à son prix.
Quand les marchés estiment que la Fed n’aura pas besoin de relever rapidement ses taux, les rendements obligataires ont tendance à baisser. Cela réduit le coût d’opportunité de l’or : détenir du métal jaune devient moins pénalisant face aux placements rémunérés.
Le dollar joue aussi un rôle central. L’or étant coté mondialement en dollars, un billet vert plus faible rend le métal moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette mécanique soutient souvent la demande internationale. Pour un investisseur belge ou européen, l’évolution de l’euro face au dollar reste donc un facteur essentiel au moment d’acheter ou de vendre.
La Fed reste au centre du marché
La réunion de la Fed des 28 et 29 juillet sera le principal rendez-vous de la semaine. Les investisseurs s’attendent largement à un maintien des taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %.
L’attention portera surtout sur le discours accompagnant la décision. Le marché cherchera des indices sur la suite : la banque centrale américaine pourrait-elle encore relever ses taux en septembre, ou la détente du pétrole suffit-elle à calmer les anticipations d’inflation ?
Pour l’or, la nuance sera déterminante. Un ton ferme de la Fed pourrait peser sur le métal. À l’inverse, un message plus prudent, lié au reflux de l’énergie et à l’incertitude géopolitique, pourrait prolonger le rebond.
Une détente fragile au Moyen-Orient
La pause militaire ne signifie pas la fin des tensions. La circulation maritime demeure perturbée en mer Rouge. Les Houthis ont annoncé un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, tandis que des attaques contre des installations pétrolières restent signalées dans la région.
Ce point limite l’optimisme. Si le pétrole repartait fortement à la hausse, les craintes inflationnistes pourraient revenir rapidement. Dans ce scénario, la Fed retrouverait une marge pour durcir son discours, ce qui pèserait sur l’or à court terme.
Le métal jaune conserve toutefois son statut de valeur refuge. Ce terme désigne un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux crises politiques, militaires ou financières. Les tensions au Moyen-Orient entretiennent donc une demande de protection, même lorsque la baisse du pétrole réduit la pression inflationniste.
Le rebond intervient après une forte correction
Le mouvement actuel doit être replacé dans un contexte plus large. Après un plus haut historique à 5 598 dollars l’once au début de 2026, l’or a perdu plus de 29 % et a touché un point bas proche de 3 940 dollars. Une correction désigne une baisse significative après une phase de hausse rapide.
Cette baisse s’explique par des prises de bénéfices, mais aussi par la volatilité des anticipations de taux. La volatilité mesure l’ampleur des variations de prix. Plus elle est forte, plus le marché devient difficile à anticiper pour les particuliers.
À moyen terme, certaines grandes banques d’investissement resteraient constructives. Goldman Sachs maintiendrait notamment un objectif de 4 900 dollars l’once d’ici la fin de 2026, grâce à la demande des banques centrales, surtout dans les pays émergents. Ces institutions achètent de l’or pour diversifier leurs réserves, c’est-à-dire réduire leur dépendance à une seule devise ou à une seule catégorie d’actifs.
Ce que les acheteurs doivent surveiller
Pour les particuliers, le signal principal vient désormais du trio pétrole, dollar, Fed. Un pétrole stable ou en baisse réduit la pression inflationniste. Un dollar plus faible soutient mécaniquement le prix de l’or en dollars. Une Fed moins agressive rend le métal plus compétitif face aux placements rémunérés.
Mais le marché reste sensible aux annonces. Une reprise des tensions militaires, un rebond brutal du pétrole ou un discours plus ferme de la Fed pourraient inverser rapidement la tendance.
L’or remonte donc près de 4 100 dollars parce que le risque de hausse rapide des taux s’éloigne, mais ce soutien repose sur une détente encore fragile. Pour les investisseurs européens, la prudence reste de mise : le prix en dollars ne suffit pas, le taux de change et les frais d’achat ou de revente doivent aussi entrer dans la décision.



