Près de 12 % de baisse en un mois : l’or vient de signer sa plus forte correction mensuelle depuis octobre 2008. Le 30 juin 2026, le prix de l’or est passé sous le seuil symbolique des 4.000 dollars l’once, autour de 3.943 dollars. Il s’agit de son plus bas niveau depuis novembre 2025.
Le recul atteint environ 14 % sur le deuxième trimestre 2026. C’est la pire performance trimestrielle du métal jaune depuis treize ans. Cette chute intervient après un sommet historique atteint fin janvier, lorsque l’or avait franchi pour la première fois les 5.000 dollars l’once, avec un pic proche de 5.093 dollars.
L’or décroche après un record historique
Le mouvement est brutal. En janvier 2026, l’or bénéficiait encore d’une forte dynamique haussière. Le métal était passé d’environ 2.000 dollars l’once début 2024 à plus de 5.000 dollars deux ans plus tard.
Une once correspond à l’unité de référence internationale pour l’or. Elle équivaut à 31,103 grammes. Le prix mondial est généralement coté en dollars par once, même pour les investisseurs européens. Pour un acheteur belge ou francophone de la zone euro, le taux de change euro-dollar joue donc un rôle important dans le prix final payé en euros.
Depuis le pic de janvier, la baisse approche 25 %. La correction de juin marque une rupture nette après plusieurs mois de hausse. Elle rappelle que l’or, malgré son image de valeur refuge, peut connaître des phases de recul rapide.
La Fed pèse sur le métal jaune
La pression vient d’abord des États-Unis. Les marchés anticipent de nouvelles hausses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine, la Fed. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions influencent le coût du crédit, le dollar et les grands flux financiers mondiaux.
Un taux d’intérêt plus élevé rend l’or moins attractif. La raison est simple : l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Il est donc qualifié d’actif non rémunérateur. Lorsque les obligations ou les placements monétaires rapportent davantage, une partie des investisseurs réduit son exposition au métal jaune.
La vigueur du dollar renforce aussi cette pression. Comme l’or est coté en dollars, un billet vert plus fort rend l’achat d’or plus coûteux pour les investisseurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Cela peut freiner la demande mondiale.
Les ETF aurifères subissent des sorties
Autre facteur de baisse : les sorties nettes de capitaux des ETF aurifères. Un ETF, ou fonds coté en Bourse, est un produit financier qui suit l’évolution d’un actif. Un ETF aurifère cherche à répliquer le prix de l’or, souvent au moyen d’or physique stocké ou de contrats financiers liés au métal.
Quand les investisseurs vendent massivement ces produits, les gestionnaires peuvent devoir réduire leurs positions. Cela ajoute une pression vendeuse sur le marché. Ce phénomène est surveillé de près, car les ETF rendent l’investissement dans l’or plus accessible aux investisseurs institutionnels et particuliers.
Les restrictions de certaines banques chinoises sur les marchés à terme ont également pesé. Un marché à terme permet d’acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix fixé à l’avance. Ces contrats servent à se couvrir contre les variations de prix, mais aussi à spéculer. Moins d’accès à ces instruments peut réduire la liquidité et amplifier certains mouvements.
Les actions liées à l’IA attirent les capitaux
La baisse de l’or s’explique aussi par un changement d’appétit pour le risque. Une partie des investisseurs privilégie désormais les actions liées à l’intelligence artificielle. Ces titres offrent un potentiel de croissance plus visible à court terme, même avec un niveau de risque plus élevé.
Ce déplacement des capitaux illustre un arbitrage classique. Quand la peur domine, l’or attire comme valeur refuge. Quand les marchés recherchent la performance, les actifs de croissance peuvent reprendre l’avantage.
Que retenir pour les investisseurs européens ?
Pour un investisseur belge ou européen, cette correction ne donne pas à elle seule un signal automatique d’achat ou de vente. Elle invite surtout à examiner trois éléments : le prix en euros, l’horizon de placement et la part de l’or dans le patrimoine.
L’or reste souvent utilisé comme outil de diversification. Cela signifie qu’il peut réduire la dépendance d’un portefeuille aux actions, aux obligations ou aux devises. Mais son prix peut varier fortement, surtout après une hausse rapide comme celle observée entre 2024 et début 2026.
La chute sous 4.000 dollars rappelle une règle essentielle : même une valeur refuge peut corriger sévèrement lorsque les taux montent, que le dollar se renforce et que les capitaux se déplacent vers d’autres actifs. La suite dépendra largement des décisions de la Fed, de l’évolution de l’inflation américaine et de la demande des investisseurs pour les produits aurifères.



