Quatre semaines de recul : l’or se dirige vers sa plus longue séquence baissière récente à la fin juin 2026. Le mouvement concerne le marché international, avec un signal particulièrement suivi à Londres, place de référence pour l’or physique.
Les taux américains pèsent sur l’or
Le cours de l’or est en passe d’enregistrer une quatrième baisse hebdomadaire consécutive au 26 juin 2026. La cause principale vient des anticipations de hausse des taux d’intérêt aux États-Unis.
Un taux d’intérêt correspond au prix de l’argent emprunté. Quand les marchés anticipent des taux plus élevés, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité augmente : conserver du métal devient moins séduisant face à des actifs qui rapportent un revenu.
Cette pression s’est renforcée début juin après des données américaines sur l’emploi meilleures que prévu. Des chiffres solides suggèrent une économie plus résistante. Ils peuvent pousser la Réserve fédérale américaine, la Fed, à maintenir une politique monétaire restrictive. Cela signifie une politique de crédit plus chère, destinée à freiner l’inflation.
Un décrochage marqué début juin
Le 5 juin, le cours de l’or physique à Londres a chuté de 3,9 % sur une semaine, avec une perte de plus de 100 dollars l’once. L’once troy, unité de référence du marché de l’or, équivaut à environ 31,1 grammes.
Ce repli a aussi touché l’argent, autre métal précieux souvent sensible aux anticipations de taux et à la conjoncture industrielle.
La baisse ne traduit donc pas seulement une variation technique. Elle reflète un changement d’attente des investisseurs sur la politique de la Fed, présidée par Kevin Warsh. Plus les marchés anticipent des taux élevés, plus l’or subit une pression vendeuse.
Après le record, une phase de correction
Le mouvement de fin juin s’inscrit dans une correction plus large. Après avoir atteint environ 5 600 dollars l’once en janvier 2026, l’or est revenu autour de 4 320 dollars fin juin, après un passage proche de 4 023 dollars en milieu d’année. Cela représente un recul de plus de 28 % par rapport au sommet de janvier.
Une correction désigne une baisse notable après une forte hausse. Elle peut correspondre à des prises de bénéfices : des investisseurs vendent une partie de leurs positions pour sécuriser leurs gains.
La demande des banques centrales reste toutefois un soutien important. Ces institutions achètent de l’or pour diversifier leurs réserves, réduire leur dépendance à certaines devises et renforcer leur crédibilité financière. Mais ce soutien ne suffit pas, pour l’instant, à compenser entièrement l’effet des taux.
Ce que cela change pour les investisseurs européens
Pour un investisseur belge ou européen, deux variables doivent être surveillées : le cours international de l’or, coté en dollars, et le taux de change euro-dollar. Une baisse de l’or en dollars peut être atténuée, ou accentuée, par les mouvements de l’euro.
La séquence actuelle rappelle aussi que l’or reste un actif de préservation du capital sur le long terme, mais qu’il peut connaître des replis rapides. Les achats ou ventes doivent donc tenir compte du prix spot, c’est-à-dire le prix de marché immédiat, des primes appliquées aux pièces et lingots, ainsi que de l’horizon de placement.
La quatrième baisse hebdomadaire ne remet pas à elle seule en cause le rôle de l’or dans un patrimoine, mais elle confirme que les taux américains dictent encore largement le rythme du marché.



