1,2 milliard de dollars canadiens ont déjà été investis dans KSM, l’un des plus grands projets miniers du Canada. Seabridge Gold cherche désormais à positionner cet actif de cuivre, d’or et d’argent pour un partenariat, dans un marché de l’or jugé plus stable par les analystes.
Le projet se situe près de Stewart, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Il est porté par Seabridge Gold, société minière canadienne cotée, qui met en avant ses performances ESG et une possible stratégie de spin-off pour accélérer son développement.
Seabridge mise sur la stabilité de l’or
La stabilisation du marché de l’or signifie que le prix du métal jaune évolue avec moins de fortes variations à court terme. Pour un projet minier, cette visibilité est importante : elle facilite les calculs de rentabilité, les discussions avec les banques et les négociations avec de futurs partenaires industriels.
KSM combine plusieurs métaux. L’or reste central pour la valorisation financière du projet. Le cuivre, lui, bénéficie de la transition énergétique, car il est utilisé dans les réseaux électriques, les véhicules électriques et les infrastructures de stockage d’énergie. L’argent complète ce panier de métaux précieux et industriels.
Dans une analyse publiée par Streetwise Reports, des analystes financiers soulignent un potentiel d’appréciation de la valorisation de KSM. Cette lecture repose sur deux éléments : un prix de l’or plus lisible et l’intérêt structurel pour les grands gisements de cuivre.
ESG et spin-off : deux leviers pour attirer un partenaire
Seabridge Gold met en avant les performances ESG de KSM. ESG signifie environnement, social et gouvernance. Ces critères mesurent la manière dont une entreprise gère ses impacts environnementaux, ses relations avec les communautés locales et la qualité de sa gouvernance.
Pour un projet minier, ces critères sont devenus essentiels. Ils peuvent influencer l’accès au financement, l’acceptabilité locale et la décision d’un grand groupe minier d’entrer au capital d’un projet.
La société envisage aussi une stratégie de spin-off. Une spin-off consiste à séparer un actif ou une activité dans une entité distincte. Dans le cas de KSM, cette structure pourrait faciliter l’arrivée d’un partenaire spécialisé, capable d’apporter du capital, une expertise technique ou une capacité de construction.
Un obstacle juridique sur la consultation autochtone
Le calendrier de KSM doit toutefois intégrer une décision rendue le 8 juin par la Cour suprême de la Colombie-Britannique. La juridiction a estimé que la province n’avait pas correctement consulté la Première Nation Tsetsaut Skii km Lax Ha.
La Cour a ordonné à la province d’accorder un délai de 90 jours à cette Première Nation pour présenter ses observations. Le dossier devra ensuite être réexaminé par le ministère de l’Environnement de Colombie-Britannique.
Cette décision ne retire pas les autorisations déjà obtenues, mais elle ajoute une étape importante. KSM dispose d’un certificat environnemental depuis 2014 et d’une autorisation provinciale de démarrage obtenue en juillet 2024. Le jugement rappelle néanmoins que la consultation des Premières Nations constitue une obligation constitutionnelle au Canada.
Un signal à suivre pour les investisseurs en or
Pour les investisseurs européens et belges, KSM illustre un point clé du secteur aurifère : la valeur d’un projet minier ne dépend pas seulement du cours de l’or. Elle dépend aussi des permis, des relations avec les communautés locales, des coûts de construction et de la capacité à attirer un partenaire solide.
La stabilisation de l’or soutient l’intérêt financier pour KSM, mais la consultation autochtone reste un facteur déterminant pour son calendrier. Le dossier montre que les grands projets aurifères peuvent offrir un potentiel élevé, tout en restant exposés à des risques réglementaires et sociaux importants.



