L’or a connu une forte hausse d’environ 1,5% à l’ouverture des marchés financiers ce lundi 25 mai 2026, poussé par les signes d’apaisement diplomatique au Moyen-Orient et l’anticipation d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
À l’ouverture des places boursières mondiales, les tableaux d’affichage des matières premières ont réagi massivement aux annonces politiques du week-end. Les prix mondiaux de l’or ont enregistré un bond de 1,4% à 1,5%, propulsant le métal précieux entre 4 564 et 4 579 dollars l’once. Ce réajustement des portefeuilles d’investissement marque un tournant après trois mois de tensions géopolitiques majeures.
Des négociations diplomatiques sur la bonne voie
Cette flambée du métal jaune s’explique directement par l’évolution du conflit américano-iranien. Les gouvernements de Washington et de Téhéran seraient sur le point de conclure un accord de paix, un scénario qui mettrait fin à une guerre ayant lourdement pesé sur l’économie mondiale depuis février.
Lors d’interventions publiques ce week-end, le président américain Donald Trump a déclaré que le cadre de cet accord était « largement négocié », tout en demandant à ses représentants de ne pas précipiter la finalisation. De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio a évoqué un accord « plutôt solide ». Des points de friction subsistent néanmoins concernant les réserves d’uranium enrichi et le programme nucléaire iranien. En l’absence d’une signature formelle, le blocus naval américain maintenu dans la région reste actif.
Le détroit d’Ormuz et la chute du pétrole
L’impact de ces pourparlers s’est immédiatement fait ressentir sur le marché de l’énergie. Les cours du pétrole brut, notamment le WTI et le Brent, ont chuté de plus de 4%. Les investisseurs anticipent la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz. Depuis février 2026, la fermeture de ce passage stratégique, par lequel transite habituellement 20% de l’approvisionnement mondial en or noir, avait provoqué un choc énergétique sans précédent.
La perspective d’un retour massif de l’offre pétrolière a pour effet mécanique de faire baisser le dollar américain sur le marché des devises, ce qui favorise directement les métaux précieux.
Pédagogie : pourquoi l’or profite-t-il de cette situation ?
Pour les investisseurs belges et européens, la dynamique actuelle combine plusieurs facteurs techniques importants à comprendre :
- La valeur refuge : Dans un contexte de sortie de crise et de redéploiement des capitaux, les acteurs financiers achètent de l’or pour sécuriser leurs bénéfices et se prémunir contre les incertitudes persistantes (le conflit n’étant pas encore officiellement signé). L’or n’est lié à la dette d’aucun État, ce qui en fait un filet de sécurité.
- L’effet devise : L’or se négocie mondialement en dollars américains. Lorsque le billet vert s’affaiblit, comme c’est le cas ce lundi, l’or devient mécaniquement moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cela stimule la demande internationale et pousse les prix vers le haut.
- L’once : Sur les marchés boursiers, l’or ne se pèse pas en grammes mais en « once troy ». Il s’agit de l’unité de mesure standard internationale, qui équivaut à très exactement 31,103 grammes d’or pur.
Les défis du nouveau président de la Fed
Ces fluctuations majeures interviennent à un moment charnière pour les institutions monétaires. Kevin Warsh a officiellement prêté serment ce vendredi 22 mai en tant que nouveau président de la Réserve Fédérale américaine (Fed).
Il prend ses fonctions dans un climat économique complexe, marqué par des craintes inflationnistes directement liées aux coûts de l’énergie de ces trois derniers mois. Le repli actuel des cours du pétrole pourrait alléger cette inflation importée. À terme, ce soulagement permettrait aux banques centrales, y compris en Europe, de revoir leurs politiques monétaires et d’envisager d’éventuelles baisses des taux d’intérêt.
Si le mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran venait à être définitivement entériné dans les jours à venir, la dynamique des matières premières pourrait se stabiliser. Dans l’attente d’une levée concrète du blocus militaire, les acteurs financiers maintiennent une position de grande vigilance.



