30 tonnes d’or : c’est l’enjeu de la nouvelle démarche diplomatique attribuée à Delcy Rodriguez. La vice-présidente du Venezuela aurait demandé au roi Charles III de faire libérer l’or vénézuélien actuellement bloqué en Angleterre, d’après les informations rapportées par 7sur7.
Caracas veut récupérer un actif stratégique
Delcy Rodriguez aurait adressé une demande formelle au roi Charles III, ce jeudi 9 juillet 2026, afin d’obtenir la restitution de 30 tonnes d’or appartenant au Venezuela.
L’or serait détenu en Angleterre et resterait inaccessible aux autorités vénézuéliennes. Caracas présenterait cette démarche comme un moyen de soutenir son économie, fragilisée depuis plusieurs années par la crise interne, les sanctions internationales et les tensions diplomatiques.
Dans ce contexte, l’or joue un rôle particulier. Une réserve d’or désigne une quantité de métal précieux détenue par un État ou une banque centrale. Elle sert à renforcer la crédibilité financière d’un pays, à diversifier ses avoirs et, dans certains cas, à obtenir des devises ou garantir des transactions.
Pourquoi 30 tonnes d’or comptent pour le Venezuela
Trente tonnes représentent environ 964.500 onces troy, l’unité de référence utilisée sur les marchés internationaux de l’or. Une once troy équivaut à environ 31,1 grammes. Même sans chiffre de valorisation précis, une telle quantité représente plusieurs milliards d’euros selon le cours de l’or au moment de l’évaluation.
Pour un pays en difficulté financière, accéder à ce métal pourrait offrir une marge de manœuvre. L’or peut être vendu, mis en garantie ou utilisé pour renforcer la confiance des partenaires financiers. C’est pourquoi les réserves d’or sont souvent considérées comme un actif de dernier recours : elles conservent une valeur internationale même en période de crise monétaire ou politique.
Une demande diplomatique sensible pour Londres
La demande aurait été adressée directement au souverain britannique. Mais le rôle du roi Charles III reste essentiellement constitutionnel. Au Royaume-Uni, les décisions concernant des actifs étrangers bloqués relèvent généralement du gouvernement, des autorités financières ou de procédures judiciaires, et non d’une décision personnelle du monarque.
Le dossier pourrait donc avoir une portée surtout politique et diplomatique. Il mettrait Londres face à une question délicate : reconnaître ou non la capacité des autorités vénézuéliennes à récupérer cet or, dans un contexte où les relations entre le Venezuela et plusieurs pays occidentaux restent tendues.
Un signal à surveiller pour le marché de l’or
À court terme, cette affaire ne devrait pas bouleverser le marché mondial de l’or. Les 30 tonnes évoquées restent modestes au regard des échanges internationaux. Mais le dossier rappelle un point essentiel pour les investisseurs : l’or n’est pas seulement un placement, c’est aussi un instrument de souveraineté.
Détenir du métal physique ne suffit pas toujours. Le lieu de stockage, le cadre juridique et les relations diplomatiques peuvent devenir déterminants. Pour les particuliers comme pour les États, la question n’est donc pas seulement de savoir combien d’or posséder, mais aussi où et sous quelle forme le conserver.
La démarche attribuée à Delcy Rodriguez pourrait ainsi relancer un débat plus large : dans un monde fragmenté, les réserves d’or stockées à l’étranger restent-elles toujours pleinement disponibles ?



