Une chute brutale de plus de 9 % en quelques jours. Dans le courant de cette troisième semaine de mars 2026, le cours de l’once d’or est violemment repassé sous le seuil psychologique des 5 000 dollars, oscillant entre 4 550 et 4 686 dollars sur les marchés financiers. L’argent métal suit la même trajectoire baissière, trébuchant de plus de 8 % pour s’établir à 71,40 dollars. Cette dégringolade historique s’explique par la combinaison d’un conflit énergétique majeur au Moyen-Orient et du maintien de taux d’intérêt élevés par la Réserve fédérale américaine (Fed).
L’étincelle géopolitique et la flambée de l’or noir
Fin février et début mars 2026, une offensive conjointe israélo-américaine contre l’Iran a déclenché une guerre régionale de grande ampleur. La fermeture stratégique du détroit d’Ormuz par Téhéran et les frappes sur le gigantesque gisement gazier de South Pars ont entraîné des attaques de représailles systématiques sur les infrastructures énergétiques de la région.
La conséquence immédiate sur les marchés ne s’est pas fait attendre : le cours du pétrole a bondi à 150 dollars le baril dans le golfe Persique. Comme le soulignent les informations relayées par le Wall Street Journal, cette crise énergétique mondiale paralyse l’approvisionnement de l’Europe et de l’Asie, tout en recréant un climat de forte inflation persistante.
Pourquoi la crise pétrolière fait-elle chuter l’or ?
Paradoxalement, cette guerre ne profite pas au métal jaune en tant que couverture géopolitique. L’explosion des coûts de l’énergie pousse les prix à la production américains à la hausse. Face à ces pressions inflationnistes, la banque centrale américaine est contrainte de maintenir ses taux d’intérêt directeurs à un niveau très élevé. Les marchés n’anticipent d’ailleurs plus aucune baisse des taux avant le mois de septembre.
Pour rappel, l’or est un actif tangible qui ne verse ni dividende ni intérêt. Lorsque l’inflation pousse les banques centrales à maintenir des taux élevés, les rendements des obligations d’État américaines (les bons du Trésor) augmentent. Les investisseurs préfèrent alors se tourner vers le dollar et ces placements rémunérateurs, délaissant ainsi les métaux précieux.
Résultat, les retraits de capitaux s’enchaînent. Les fonds négociés en bourse (ETF) adossés à l’or, qui permettent aux investisseurs d’acheter du métal jaune sous forme d’actions, ont enregistré des sorties massives estimées à plus de 60 tonnes sur trois semaines consécutives.
De l’euphorie de janvier au krach minier
Le contraste est saisissant avec le début de l’année. Le 29 janvier 2026, l’once d’or touchait encore un sommet historique absolu à 5 354,80 dollars. Quelques jours plus tôt, l’argent culminait à 115,15 dollars.
Aujourd’hui, l’atterrissage est brutal et les dommages collatéraux frappent de plein fouet l’industrie extractive. À la Bourse de Londres, les actions des grandes sociétés minières s’effondrent. Des acteurs majeurs du secteur ont lourdement dévissé lors des dernières séances, à l’image d’Atalaya Mining qui cède 12,5 % ou de Fresnillo qui abandonne 8,3 %.
Ce krach soudain ébranle les certitudes des investisseurs quant au rôle automatique de l’or comme valeur refuge en temps de guerre. Si l’inflation énergétique continue de dicter sa loi aux banques centrales, le métal précieux pourrait poursuivre sa correction. Selon les prévisions des analystes de RJO Futures, une prolongation du conflit au Moyen-Orient au-delà de six semaines pourrait faire plonger l’once vers les 4 200 dollars. Une perspective qui invite les épargnants à la plus grande vigilance dans la gestion de leur patrimoine.



