0,6% de hausse pour le Nasdaq 100, 0,6% de baisse pour l’or : la séance du 15 juillet 2026 a résumé le dilemme des marchés entre appétit pour le risque et tensions géopolitiques. À Wall Street, les investisseurs ont privilégié les actions technologiques après les résultats solides d’ASML. Dans le même temps, Donald Trump a renoncé à une taxe de 20% sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz, tout en maintenant la pression militaire sur l’Iran.

ASML relance l’appétit pour la technologie

À New York, les grands indices américains ont terminé dans le vert. Le Dow Jones et le S&P 500 ont progressé de 0,3%. Le Nasdaq 100, plus exposé aux valeurs technologiques, a gagné 0,6%.

Le moteur de la séance est venu d’ASML. Le groupe néerlandais fabrique des machines essentielles à la production de semi-conducteurs, ces puces électroniques utilisées dans les centres de données, l’intelligence artificielle, les smartphones et l’industrie. Son bénéfice net a augmenté de plus de 26% au deuxième trimestre 2026 par rapport à l’année précédente.

Cette publication a conforté l’idée que les investissements liés à l’intelligence artificielle restent robustes. Pour les marchés, ASML joue souvent le rôle de baromètre. Lorsque ses commandes et ses marges résistent, les investisseurs y voient un signal positif pour toute la chaîne des semi-conducteurs.

L’inflation américaine rassure les marchés

La hausse de Wall Street a aussi été soutenue par les chiffres de l’inflation aux États-Unis. L’indice des prix à la consommation, ou IPC, a reculé de 0,4% en juin sur un mois, contre une baisse de 0,1% attendue. Sur un an, l’inflation ressort à 3,5%, alors que les marchés anticipaient 3,9%.

L’IPC mesure l’évolution des prix payés par les ménages pour un panier de biens et services. Il est très suivi, car il influence les décisions de la Réserve fédérale américaine, la Fed. La Fed fixe les taux directeurs, c’est-à-dire le coût de l’argent à court terme pour les banques. Ces taux se répercutent ensuite sur le crédit, les marchés financiers et le dollar.

Hors alimentation et énergie, deux postes souvent volatils, l’inflation annuelle s’établit à 2,6%, contre 2,9% attendu. Cette surprise a fait chuter la probabilité d’une hausse des taux de la Fed le 29 juillet, de plus de 40% à environ 14%.

Des taux moins élevés soutiennent généralement les actions, car ils rendent le financement moins coûteux et les obligations moins attractives en comparaison. Pour l’or, l’effet est plus nuancé. Des taux plus bas peuvent soutenir le métal jaune, qui ne verse pas d’intérêt. Mais lors de cette séance, l’appétit pour les actions a dominé.

L’or corrige malgré le risque géopolitique

Le cours de l’or fin a reculé de 0,6%, autour de 4.032 dollars l’once. L’or fin désigne un métal très pur, proche du 24 carats. L’once utilisée sur les marchés est l’once troy, l’unité internationale de référence pour les métaux précieux. Elle correspond à environ 31,1 grammes.

Cette baisse reste modérée au regard des tensions au Moyen-Orient. Le recul ressemble davantage à une respiration après plusieurs séances nerveuses qu’à un retournement de fond. Quand les investisseurs achètent davantage d’actions, ils réduisent parfois leur exposition aux actifs refuges. L’or est considéré comme un actif refuge car il ne dépend pas directement d’un État, d’une entreprise ou d’un dividende.

Pour un épargnant belge ou européen, le prix en dollars ne dit pas tout. Le taux de change euro-dollar influence aussi le prix payé en euros pour une pièce, un lingot ou un produit d’investissement adossé à l’or. Une hausse du dollar peut compenser une baisse du cours de l’or en dollars, et inversement.

Trump abandonne la taxe sur Ormuz, mais pas la pression sur l’Iran

Le volet géopolitique reste central. Donald Trump a annoncé le 15 juillet 2026, sur son réseau Truth Social, qu’il renonçait à imposer une taxe de 20% sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz.

Ce détroit est un passage maritime stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Une part importante du pétrole mondial y transite. Toute perturbation peut donc affecter les prix de l’énergie, les coûts de transport et l’inflation mondiale.

Le président américain a toutefois confirmé un blocus ciblé visant les navires liés à l’Iran. La campagne militaire américaine contre des cibles iraniennes s’est poursuivie pour une quatrième journée consécutive. La détente est donc partielle. La taxe disparaît, mais le risque militaire et logistique demeure.

Le pétrole WTI a progressé de 0,7% et s’est rapproché de 80 dollars le baril. Le WTI, ou West Texas Intermediate, est une référence américaine du pétrole brut. Sa hausse reflète la prime de risque liée au Moyen-Orient.

La Fed se réorganise, les banques rassurent, IBM déçoit

À Washington, Kevin Warsh, récemment nommé à la tête de la Fed, a annoncé devant le Congrès la création de cinq groupes de travail. Ils porteront sur la politique monétaire, la supervision bancaire, les infrastructures de paiement, la stabilité financière et la communication de la banque centrale.

Cette annonce intervient dans un contexte où les marchés scrutent chaque signal de la Fed. Une communication plus lisible peut réduire la volatilité. À l’inverse, des messages contradictoires peuvent faire bouger fortement les taux, les devises et l’or.

Les résultats d’entreprises ont aussi rythmé la séance. Les grandes banques américaines ont dépassé les attentes, grâce au trading et à la banque d’investissement. IBM a, en revanche, reculé après des prévisions jugées prudentes.

Ce qu’il faut retenir pour l’or

La séance du 15 juillet montre un équilibre fragile. Wall Street monte grâce à ASML, à l’intelligence artificielle et à une inflation moins forte que prévu. L’or recule, mais reste proche de niveaux élevés. Le pétrole progresse, car le détroit d’Ormuz demeure un point de tension majeur.

Pour les investisseurs en métaux précieux, le signal principal n’est pas la baisse quotidienne de 0,6%. Le point clé est la combinaison entre taux américains, dollar, inflation et risque géopolitique. L’or reste sensible à ces quatre forces, parfois contradictoires dans une même séance.

La décision de Donald Trump retire une menace directe sur le trafic maritime, mais elle ne met pas fin à la crise avec l’Iran. Tant que cette incertitude perdure, le métal jaune conserve son rôle d’assurance financière, même lorsque les marchés actions reprennent temporairement l’avantage.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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