3 700 dollars, 4 500 dollars, voire davantage selon les scénarios les plus offensifs : UBS continuerait de voir un potentiel de hausse pour l’or au second semestre 2026. La banque suisse appuierait cette lecture sur un faisceau de facteurs macroéconomiques et géopolitiques : baisse possible des taux américains, rendements réels plus faibles, dollar sous pression et achats persistants des banques centrales.
UBS mise sur un environnement plus favorable à l’or
UBS aurait communiqué, le 2 août 2026, de nouvelles anticipations sur une remontée possible du prix de l’or durant le second semestre. L’information concerne le marché mondial de l’or, coté principalement en dollars à l’once.
Une once troy, l’unité de référence pour l’or, correspond à 31,1035 grammes. Quand un prix de l’or est annoncé à 3 700 dollars l’once, cela désigne donc le prix de cette quantité standard de métal fin sur les marchés internationaux.
La banque aurait déjà relevé plusieurs fois ses objectifs. Elle anticiperait notamment un cours de 3 700 dollars l’once d’ici fin 2026, après avoir évoqué un objectif de 4 500 dollars l’once à mi-2026 dans de précédentes prévisions. Une projection beaucoup plus agressive, attribuée à UBS, évoquerait même un dépassement de 6 000 dollars l’once en 2026. Cette dernière indication reste toutefois spéculative et doit être lue avec prudence.
La Fed reste au centre du scénario
Le premier facteur cité serait la politique monétaire américaine. La Fed, ou Réserve fédérale des États-Unis, fixe les taux directeurs qui influencent le coût du crédit, les rendements obligataires et l’appétit des investisseurs pour les actifs refuges.
Si la Fed devait baisser ses taux, l’or pourrait en bénéficier. Le métal jaune ne verse aucun intérêt. Il devient donc plus attractif lorsque les placements concurrents, comme les obligations d’État, rapportent moins.
UBS surveillerait aussi les rendements réels. Ce terme désigne le rendement d’un placement une fois l’inflation déduite. Par exemple, si une obligation rapporte 4 % mais que l’inflation atteint 3 %, son rendement réel est d’environ 1 %. Des rendements réels bas réduisent le coût d’opportunité de détenir de l’or.
Le dollar pourrait amplifier le mouvement
L’autre moteur potentiel serait la faiblesse du dollar. L’or étant coté en dollars, une baisse de la devise américaine rend le métal moins cher pour les acheteurs qui utilisent l’euro, le yuan ou d’autres monnaies. Cette mécanique peut soutenir la demande mondiale.
Pour un épargnant belge ou européen, l’effet est toutefois double. Une hausse de l’or en dollars peut être atténuée si l’euro se renforce fortement face au billet vert. À l’inverse, une baisse de l’euro peut amplifier la hausse du prix de l’or exprimé en euros.
Le prix payé en Belgique dépend donc à la fois du cours international de l’or et du taux de change euro-dollar. À cela peuvent s’ajouter les primes sur les pièces et lingots, c’est-à-dire l’écart entre le prix du métal contenu et le prix réellement facturé.
Les banques centrales soutiennent la demande
UBS citerait également la demande des banques centrales. Ces institutions achètent de l’or pour diversifier leurs réserves, réduire leur dépendance à certaines devises et renforcer la crédibilité de leur bilan.
Ces achats ont joué un rôle important dans le marché ces dernières années. Lorsqu’ils restent élevés, ils peuvent créer un socle de demande moins sensible aux variations de court terme. Les banques centrales n’achètent pas l’or comme un investisseur particulier : elles raisonnent souvent à long terme, avec des objectifs monétaires, géopolitiques et de réserve.
La demande des ETF adossés à l’or serait aussi à surveiller. Un ETF, ou fonds coté en Bourse, permet d’investir indirectement dans l’or via un produit financier échangeable comme une action. Lorsque les investisseurs achètent massivement ces fonds, les gestionnaires peuvent devoir augmenter leur exposition au métal, ce qui soutient la demande financière.
Les tensions géopolitiques entretiennent le rôle refuge
Les tensions internationales, les incertitudes fiscales aux États-Unis et les risques politiques liés au cycle électoral américain figureraient aussi parmi les arguments avancés. Dans ce contexte, l’or conserve son statut d’actif refuge.
Un actif refuge est un placement recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, une guerre, une inflation durable ou une perte de confiance dans les monnaies. L’or ne dépend pas de la signature d’un État ou d’une entreprise. Cette caractéristique explique son attrait dans les périodes de stress.
Une prévision, pas une certitude
Ces projections restent des scénarios. Le prix de l’or pourrait aussi reculer si l’inflation ralentissait plus vite que prévu, si la Fed maintenait des taux élevés, si le dollar se renforçait ou si les tensions géopolitiques diminuaient.
Pour les investisseurs, l’enjeu consiste donc moins à retenir un seul objectif de prix qu’à comprendre les variables qui le soutiennent. Taux réels, dollar, achats des banques centrales et demande financière resteront les indicateurs clés à suivre au second semestre 2026.
Le message d’UBS serait clair : l’or pourrait remonter si l’environnement monétaire et géopolitique redevenait favorable. Mais la trajectoire dépendra d’abord des décisions de la Fed et de la confiance des investisseurs dans le dollar.



