81 tonnes d’or ont été vendues par la Banque centrale de Turquie depuis janvier 2025, tandis que les particuliers turcs renforcent leurs achats de métal jaune. Ce contraste illustre la place particulière de l’or dans un pays confronté à une inflation élevée et à une monnaie sous pression.
Les ménages turcs cherchent un refuge contre la hausse des prix
En Turquie, les citoyens se tournent massivement vers l’or pour protéger leur épargne. Le mouvement concerne surtout l’or physique, c’est-à-dire l’or détenu directement sous forme de lingots, de pièces ou d’autres produits tangibles.
Un lingot est un bloc d’or standardisé, généralement acheté pour stocker une valeur importante. Une pièce d’or, comme son nom l’indique, est une pièce contenant de l’or, souvent plus facile à revendre par petites quantités.
La raison principale est l’inflation. Ce terme désigne la hausse générale des prix. Quand l’inflation est élevée, la même somme d’argent permet d’acheter moins de biens et de services. Pour les épargnants turcs, l’or apparaît donc comme un moyen de conserver du pouvoir d’achat.
L’or préféré à l’immobilier par une partie des épargnants
Face aux risques économiques, de nombreux ménages turcs préfèrent l’or à l’immobilier. Le choix s’explique par la liquidité du métal jaune. La liquidité désigne la facilité avec laquelle un actif peut être revendu rapidement contre de l’argent.
Un appartement ou une maison peuvent protéger contre l’inflation, mais ils exigent un capital plus élevé, des frais et un délai de vente souvent long. À l’inverse, une pièce ou un petit lingot peuvent être achetés progressivement et revendus plus facilement.
Cette demande individuelle renforce le rôle de l’or comme valeur refuge en Turquie. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque la confiance dans la monnaie, les marchés ou l’économie diminue.
La livre turque reste au cœur des inquiétudes
Le recours à l’or s’explique aussi par la dépréciation de la monnaie locale. La dépréciation signifie qu’une monnaie perd de la valeur par rapport à d’autres devises, comme l’euro ou le dollar. Pour les ménages, cela peut rendre les produits importés plus chers et accentuer la pression sur le budget quotidien.
Dans ce contexte, l’or présente un avantage psychologique et pratique. Il n’est pas émis par une banque centrale et son prix est suivi sur les marchés internationaux. En Turquie, il fait aussi partie d’une culture ancienne de l’épargne familiale, notamment lors des mariages, des transmissions ou des périodes d’incertitude.
La banque centrale vend de l’or, les particuliers en achètent
Le mouvement des ménages intervient alors que la Banque centrale de la République de Turquie a changé de stratégie. Après plusieurs années d’achats importants entre 2017 et 2023, elle a vendu 81 tonnes d’or depuis janvier 2025, dont 3 tonnes en juillet 2026.
Ces cessions visent à obtenir des liquidités en devises fortes. Les devises fortes sont des monnaies considérées comme stables et largement acceptées dans les échanges internationaux, notamment le dollar américain ou l’euro. Ces ressources peuvent aider à financer le déficit courant, c’est-à-dire l’écart entre ce qu’un pays paie à l’étranger et ce qu’il reçoit de l’étranger.
La banque centrale cherche aussi à soutenir la livre turque dans un environnement d’inflation persistante. Malgré ces ventes, la Turquie conserve encore un stock important d’or dans ses réserves.
Un signal suivi par les investisseurs européens
Pour les investisseurs belges et francophones, la situation turque rappelle un principe simple : l’or est souvent recherché lorsque la confiance dans la monnaie baisse. Cela ne signifie pas que son prix monte toujours en ligne droite. Le cours de l’or peut fluctuer selon les taux d’intérêt, le dollar, les tensions géopolitiques et la demande mondiale.
Mais le cas turc montre que, dans une économie sous forte pression monétaire, l’or physique reste un outil de préservation du capital. Pour les ménages concernés, il sert moins à spéculer qu’à traverser une période d’incertitude.
La demande turque confirme ainsi une tendance plus large : lorsque l’inflation s’installe, le métal jaune retrouve sa fonction première, celle d’une réserve de valeur accessible et reconnue.



