Près de 600 milliards de dollars de valorisation théorique auraient disparu en 90 minutes sur l’or et l’argent. Le 8 juillet 2026, la déclaration de Donald Trump annonçant la fin de l’accord intérimaire avec l’Iran a provoqué une réaction immédiate des marchés. Les investisseurs ont vendu les métaux précieux, alors que les tensions au Moyen-Orient ravivaient les craintes sur le pétrole, l’inflation et les taux d’intérêt américains.
L’information centrale tient en quelques éléments. Qui ? Donald Trump, l’Iran, les États-Unis et les investisseurs. Quoi ? Une rupture diplomatique suivie d’une chute de l’or et de l’argent. Où ? Les négociations indirectes étaient liées au Qatar, tandis que les tensions militaires concernent notamment le détroit d’Ormuz. Quand ? Le 8 juillet 2026. Comment ? Par une déclaration officielle de Donald Trump, puis par des ventes massives sur les marchés. Pourquoi ? En raison du blocage des discussions avec l’Iran et d’attaques contre des navires marchands.
L’or aurait perdu 477 milliards de dollars de valeur théorique
Le cours de l’or aurait reculé de plus de 1 % après l’annonce, autour de 4 061 dollars l’once, son plus bas niveau depuis le 2 juillet 2026. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale de référence pour les métaux précieux, équivalente à 31,103 grammes.
Les contrats à terme sur l’or auraient baissé d’environ 2 %. Un contrat à terme est un engagement d’achat ou de vente à une date future, à un prix fixé à l’avance. Il sert à couvrir un risque ou à spéculer sur l’évolution d’un cours.
Selon les estimations de marché disponibles, la valorisation théorique de l’or aurait ainsi diminué d’environ 477 milliards de dollars en 90 minutes. Cette notion de valorisation théorique ne signifie pas que cette somme a été réellement échangée. Elle mesure l’effet d’une variation de prix appliquée à un volume de métal ou d’actifs financiers liés à ce métal.
L’argent aurait aussi décroché brutalement
Le marché de l’argent aurait été encore plus volatil. Le métal gris aurait perdu plus de 2 %, autour de 58,78 dollars l’once. Des oscillations intrajournalières, c’est-à-dire observées au cours d’une même séance, auraient atteint jusqu’à 4 %.
La valorisation théorique de l’argent aurait reculé d’environ 133 milliards de dollars en 90 minutes. Additionnée à celle de l’or, la perte approcherait donc 600 milliards de dollars.
L’argent est souvent plus nerveux que l’or. Il est à la fois un métal précieux et un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, le solaire et certaines applications médicales. Cette double nature le rend sensible à la fois aux tensions financières et aux anticipations de croissance économique.
Le pétrole ravive la crainte d’un choc inflationniste
La réaction des métaux précieux ne s’explique pas seulement par la géopolitique. Le prix du Brent a bondi de plus de 6 %, près de 79 dollars le baril. Le Brent est une référence mondiale du pétrole extrait en mer du Nord, utilisée pour fixer une partie des prix du brut sur les marchés internationaux.
Le détroit d’Ormuz joue un rôle stratégique majeur, car une part importante du pétrole mondial y transite. Des attaques contre des navires marchands alimentent donc la crainte d’une perturbation des flux énergétiques.
Cette hausse du pétrole peut nourrir l’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix, qui réduit le pouvoir d’achat d’une monnaie. Pour la combattre, une banque centrale peut relever ses taux d’intérêt.
Pourquoi l’or baisse alors que les tensions montent
En période de crise, l’or est souvent recherché comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif perçu comme plus sûr lorsque les marchés deviennent instables. Mais cette fois, un autre mécanisme a dominé.
La hausse du pétrole a relancé les anticipations de durcissement monétaire aux États-Unis. La probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine dès septembre 2026 est estimée à 68 %. La Réserve fédérale, ou Fed, est la banque centrale des États-Unis.
Des taux plus élevés pénalisent généralement l’or. Le métal jaune est un actif sans rendement : il ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations d’État américaines rapportent davantage, certains investisseurs préfèrent ces placements rémunérés. Un dollar plus ferme peut aussi peser sur l’or, car le métal est coté en dollars sur les marchés internationaux.
Un signal important pour les investisseurs européens
Pour les épargnants belges et européens, cette séquence rappelle que le prix de l’or dépend de plusieurs forces à la fois : tensions géopolitiques, pétrole, inflation, taux d’intérêt, dollar et demande d’investissement.
Une baisse en dollars ne se traduit pas toujours de manière identique en euros. Le taux de change euro-dollar influence le prix payé par un acheteur européen. Si le dollar monte face à l’euro, une partie de la baisse de l’or en dollars peut être compensée pour un investisseur de la zone euro.
Cette correction ne remet donc pas, à elle seule, en cause le rôle patrimonial de l’or. Elle montre surtout que même une valeur refuge peut subir des mouvements violents à court terme lorsque les marchés révisent rapidement leurs anticipations de taux.
La déclaration de Donald Trump a transformé une crise diplomatique en choc de marché. Pour l’or et l’argent, la suite dépendra désormais de deux variables principales : l’évolution des tensions autour du détroit d’Ormuz et la réaction de la Fed face au risque inflationniste.



