Alors que l’année 2026 débute à peine, les marchés de l’or et de l’argent connaissent une volatilité accrue. Entre l’arrestation du président vénézuélien par les États-Unis et les nouvelles restrictions d’exportation imposées par la Chine sur l’argent, les fondamentaux macroéconomiques soutiennent une hausse des cours, tandis que le secteur des petites mines d’exploration montre des signes de vitalité.
Le contexte international de ce début janvier offre un terreau fertile pour les valeurs refuges. Le prix de l’or a enregistré une hausse notable ces derniers jours, réagissant directement à l’instabilité géopolitique en Amérique du Sud. Selon les informations rapportées par Streetwise Reports ce 6 janvier, la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines a provoqué une onde de choc diplomatique, incitant les investisseurs à se tourner vers le métal jaune pour sécuriser leurs actifs face aux incertitudes croissantes.
Cette fuite vers la sécurité est d’autant plus marquée que la situation monétaire aux États-Unis présente des signaux d’alerte. Des données relayées par l’analyste Bob Moriarty indiquent que la Réserve fédérale (Fed) a injecté, fin décembre 2025, environ 75 milliards de dollars dans les opérations de « repos » et 106 milliards de dollars dans les « reverse repos ». Ces montants, qui dépassent l’échelle des interventions de la crise financière de 2008, suggèrent des tensions sous-jacentes majeures dans la liquidité du système bancaire américain.
L’argent métal sous la coupe de Pékin
Si l’or brille par son statut de valeur refuge, l’argent métal fait face à un défi d’ordre industriel et réglementaire. Depuis le 1er janvier 2026, la Chine a mis en place un mandat exigeant des permis d’exportation pour l’argent.
Cette décision est critique pour l’approvisionnement mondial. Comme le souligne Bob Moriarty, l’Empire du Milieu contrôle environ 70 % de la part mondiale du traitement de l’argent. Pour l’investisseur européen ou belge, cette mesure pourrait signifier une contraction de l’offre physique disponible et une hausse mécanique des primes sur les pièces et lingots, la Chine verrouillant une ressource indispensable tant à l’industrie technologique qu’à la transition énergétique.
Le secteur minier en effervescence
Au-delà des métaux physiques, le marché des actions minières (les « juniors ») montre des signes de réveil technique. John Newell, analyste de marché, estime que l’indice CDNX (le marché canadien de référence pour les sociétés d’exploration) envoie actuellement un signal de « cycle long », suggérant que le secteur pourrait entrer dans une phase haussière durable plutôt que de simples rebonds spéculatifs.
Dans ce contexte, plusieurs sociétés actives dans le Nevada (États-Unis) attirent l’attention des observateurs :
- Westward Gold Inc. : La société suscite l’intérêt pour son projet aurifère Toiyabe Hills. Situé à seulement 10 km de la gigantesque mine Cortez de Barrick Mining, le site présente un potentiel géologique stratégique. Les résultats de forage récents sont encourageants : le 22 décembre dernier, la société publiait les résultats de sa phase 1, incluant une interception de 3,1 mètres à une teneur de 0,80 gramme par tonne (g/t) d’or. Plus tôt, en novembre, une autre section révélait 10,7 mètres à 0,94 g/t sur leur projet Campfire.
- Eminent Gold Corporation : La société a rapporté le 6 janvier une interception significative de 9,2 mètres à 3,2 g/t d’or sur sa cible Otis, au sein du projet Hot Springs Range. Une teneur supérieure à 3 g/t est généralement considérée comme très solide pour ce type de minéralisation.
- Getchell Gold Corp. : Dans ses perspectives pour l’année, Michael Ballanger du cabinet GGM Advisory Inc. a désigné cette valeur comme l’un de ses « meilleurs choix d’investissement pour 2026 », misant sur le potentiel de valorisation de leurs actifs au Nevada.
Comprendre la teneur en or (g/t)
Dans l’industrie minière, la richesse d’un gisement s’exprime souvent en « grammes par tonne » (g/t). Cela indique la quantité d’or pur que l’on peut extraire d’une tonne de roche.
| Gamme de teneur | Signification |
|---|---|
| 0,5 à 1 g/t | Teneur faible, généralement rentable uniquement pour des mines à ciel ouvert traitant des volumes immenses. |
| 3 à 5 g/t | Teneur moyenne à élevée, souvent requise pour justifier une mine souterraine plus coûteuse. |
| Au-delà de 10 g/t | Teneur très élevée (dite « bonanza »). |
La conjonction d’une géopolitique explosive, de contraintes sur l’offre d’argent physique et de résultats techniques prometteurs dans le Nevada dessine un début d’année 2026 dynamique pour les métaux précieux. Pour l’épargnant francophone, ces signaux confirment l’importance de suivre non seulement le cours « spot » (le prix comptant), mais aussi les décisions stratégiques des grandes puissances qui redessinent la carte des ressources mondiales.



