Alors que les investisseurs européens scrutent l’évolution du cours de l’or, tiraillé entre risques géopolitiques et politiques monétaires strictes, les acteurs de l’industrie minière avancent leurs pions. StrikePoint Gold Inc. vient d’officialiser un accord majeur avec le géant Newmont, marquant le coup d’envoi d’une campagne d’exploration ambitieuse pour 2026.
Le secteur de l’exploration aurifère, souvent perçu comme un levier de performance pour les portefeuilles diversifiés, connaît une accélération notable en ce mois de février 2026. Au cœur de l’actualité, la société StrikePoint Gold Inc. a annoncé, ce 19 février, la finalisation d’un accord stratégique avec une filiale de Newmont Mining Corp. L’opération vise l’acquisition de 51 claims miniers (titres miniers) non brevetés dans le district historique de Como, situé dans la célèbre zone de Walker Lane au Nevada.
Cette transaction permet à la junior minière de consolider la partie sud de son projet phare, « Hercules ». Selon les informations relayées par Streetwise Reports, cet accord permet de relier trois zones de production historiques : la mine Hulley-Logan, le district de Como et la mine Pony Meadows.
Une consolidation stratégique dans le Walker Lane
L’opération ne se limite pas à une simple extension territoriale. Elle vise à unifier une tendance géologique prometteuse, où des échantillons historiques ont révélé des teneurs allant jusqu’à 166 g/t d’or.
Les termes financiers de l’accord, structurés pour préserver la trésorerie de l’acquéreur, incluent un paiement initial de 25 000 dollars américains, suivi de versements échelonnés totalisant 300 000 dollars sur trois ans. Newmont conserve un intérêt via une redevance NSR (Net Smelter Return) de 1,5 %, un mécanisme classique dans l’industrie permettant au vendeur de toucher un pourcentage sur la production future.
Cap sur l’exploration : le programme 2026
Au-delà de cette acquisition foncière, c’est la stratégie opérationnelle de StrikePoint qui retient l’attention des observateurs. L’entreprise a dévoilé sa feuille de route pour l’année en cours, avec un objectif clair : transformer ses cibles d’exploration actuelles en ressources minérales officiellement estimées.
Le programme de forage, dont le coup d’envoi est prévu pour début mars 2026, s’annonce intensif :
- 30 trous de forage à circulation inverse (RC) ;
- Un total de 3 500 mètres forés ;
- Une utilisation accrue de l’intelligence artificielle pour l’analyse des données géologiques.
Les premiers résultats d’analyse sont attendus pour la mi-avril, avec une estimation des ressources (conformes à la norme NI 43-101) projetée pour le troisième trimestre 2026. Cette montée en puissance vise à prouver la valeur du sous-sol aux actionnaires et au marché.
Un contexte macroéconomique sous haute tension
Ces développements industriels interviennent dans un climat économique mondial particulièrement complexe, influençant directement la valorisation des métaux précieux. Selon les analyses d’Investing.com, le cours de l’or tente de se stabiliser face à des vents contraires.
D’un côté, la probabilité croissante d’un conflit militaire entre les États-Unis et l’Iran agit comme un puissant catalyseur pour l’or, valeur refuge par excellence en temps de crise. Cette instabilité géopolitique pourrait, selon certains analystes, entraîner une situation de stagflation (combinaison d’une économie au ralenti et d’une forte inflation), un scénario historiquement favorable au métal jaune.
De l’autre, la politique monétaire américaine freine l’enthousiasme. La publication récente des minutes de la Réserve fédérale (Fed) a révélé des divisions internes persistantes sur les taux d’intérêt, renforçant temporairement le dollar et les rendements obligataires. Or, un dollar fort et des taux élevés pèsent mécaniquement sur l’or, qui ne génère pas de rendement passif. Les investisseurs attendent désormais avec fébrilité les données PCE (Indice des prix des dépenses de consommation personnelle) prévues ce vendredi pour affiner leurs positions.
Dynamisme généralisé chez les juniors minières
StrikePoint n’est pas le seul acteur à bouger ses lignes en ce début 2026. L’ensemble du secteur des juniors minières semble s’activer pour profiter des prix soutenus de l’or :
- Liberty Gold Corp. a annoncé une mise à jour significative de ses ressources pour le projet Black Pine dans l’Idaho, avec une augmentation de 17 % des ressources mesurées et indiquées. Une étude de faisabilité est attendue cette année.
- Au Mexique, Sierra Madre Gold and Silver Ltd. progresse dans l’expansion de sa mine La Guitarra, visant un triplement de sa capacité de traitement journalière.
- Au Canada, Omineca Mining and Metals a confirmé la reprise de la production d’or à haute teneur sur son projet souterrain de Wingdam, en Colombie-Britannique.
L’œil des analystes
Pour les investisseurs à la recherche de valeur, la question reste le timing. Il y a quelques mois, l’analyste John Newell qualifiait StrikePoint de « l’une des histoires d’exploration aurifère les plus négligées de Walker Lane », soulignant le décalage entre la capitalisation boursière de l’entreprise et la valeur historique des actifs acquis.
Avec l’acquisition des claims de Newmont et le lancement imminent des forages, la société semble vouloir valider cette thèse de la « deep value » (valeur profonde). Reste à savoir si les résultats de forage du printemps 2026 confirmeront les attentes géologiques dans un marché qui reste, pour l’heure, suspendu aux décisions de la Fed et aux bruits de bottes au Moyen-Orient.



