Alors que le secteur minier mexicain attire de nouveau les regards des investisseurs européens, la junior canadienne Sierra Madre Gold & Silver confirme la réussite de sa production commerciale à la mine La Guitarra. Entre augmentation des capacités de traitement et acquisitions stratégiques, l’entreprise affiche des objectifs ambitieux pour l’horizon 2027.
C’est une étape cruciale pour toute compagnie minière : le passage de l’exploration à la production rentable. Ce 16 janvier 2026, la diffusion d’images exclusives de la mine La Guitarra, capturées lors d’une visite de terrain en décembre dernier, offre aux marchés un aperçu concret des opérations. Ces images viennent corroborer les déclarations récentes de la direction, confirmant que la réactivation de ce site historique est désormais un pari réussi.
Pour les investisseurs, notamment francophones, qui scrutent les valeurs capables de tirer profit des cours actuels des métaux précieux, la transition opérée par Sierra Madre illustre la dynamique industrielle nécessaire pour répondre à la demande mondiale d’argent et d’or.
Une production commerciale validée
L’annonce faite mi-janvier ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une suite logique de résultats opérationnels solides. Dans une interview accordée au média spécialisé Commodity-TV le 9 janvier 2026, Alex Langer, PDG de l’entreprise, est revenu sur le succès de la production commerciale à La Guitarra.
Cette étape de « production commerciale » est fondamentale : elle signifie que la mine ne se contente plus d’extraire du minerai à titre d’essai, mais qu’elle opère de manière continue à des niveaux viables économiquement. L’entreprise avait officiellement atteint ce stade début 2025, affichant dès le mois de janvier de l’année précédente des chiffres de production records.
Objectif : tripler la production d’ici 2027
La stratégie de Sierra Madre ne se limite pas à la stabilisation des opérations actuelles. L’entreprise a dévoilé une feuille de route agressive visant à tripler sa production d’ici 2027.
Selon les plans communiqués par la direction, la capacité de la mine La Guitarra devrait augmenter de plus de 50 % d’ici le deuxième trimestre 2026. À plus long terme, l’objectif est d’atteindre un traitement de 1 200 à 1 500 tonnes par jour d’ici le troisième trimestre 2027.
Point rassurant pour les actionnaires soucieux de la dilution de leur capital : ce développement devrait être financé principalement par les flux de trésorerie internes (cash-flow), générés par la mine elle-même. C’est un indicateur de santé financière souvent surveillé par les analystes du secteur.
Une assise financière consolidée
La capacité de l’entreprise à s’autofinancer repose sur des résultats financiers encourageants observés tout au long de l’année 2025. Dès le premier trimestre 2025, Sierra Madre publiait des revenus supérieurs à 5 millions de dollars. Une tendance confirmée au deuxième trimestre, avec un chiffre d’affaires de 5,4 millions de dollars US et un bénéfice brut de 1,3 million de dollars US.
Cette solidité a permis de lever des fonds avec succès lorsque cela était nécessaire. En juillet 2025, face à une forte demande, l’entreprise avait augmenté son placement privé à 19,5 millions de dollars canadiens (CAD), une manne destinée à sécuriser l’expansion actuelle.
L’acquisition stratégique de Del Toro et le succès de Coloso
Au-delà de La Guitarra, la croissance de l’entreprise s’appuie sur l’optimisation d’autres actifs. Le PDG a récemment évoqué l’acquisition stratégique de la mine d’argent Del Toro, qui s’intègre dans cette logique de consolidation régionale.
Par ailleurs, le complexe minier bénéficie de la performance de la mine Coloso. Comme le rapportait MINING.COM en avril 2025, le démarrage des opérations à Coloso s’était effectué avec sept mois d’avance sur le calendrier initial. L’utilisation de 12 kilomètres de travaux souterrains existants avait permis de débuter l’extraction rapidement, passant de 50 tonnes par jour au printemps à un objectif de 150 tonnes par jour fin 2025.
Comprendre la « Junior Minière »
Dans le jargon boursier, une « junior » est une société d’exploration ou de petite production, par opposition aux « majors » (comme Barrick Gold ou Newmont). Investir dans une junior présente un risque plus élevé, car leur succès dépend souvent de la découverte de nouveaux gisements ou de la réussite de la mise en production d’une seule mine. Cependant, le potentiel de plus-value est également plus important en cas de succès opérationnel, comme semble le démontrer Sierra Madre avec le passage réussi à la phase commerciale.
En somme, Sierra Madre Gold & Silver entame l’année 2026 avec des fondamentaux techniques et financiers qui semblent validés par le terrain. Si les risques inhérents à l’exploitation minière subsistent, la capacité de l’entreprise à respecter ses délais et à financer sa croissance par sa propre production en fait un acteur à surveiller pour les portefeuilles exposés aux métaux précieux.



