298,99 milliards de dollars. C’est le niveau auquel sont tombées les réserves d’or de la Russie en juin 2026, d’après des données publiées sur le mois. L’information concerne les actifs officiels détenus en or par le pays, un indicateur suivi de près dans un contexte de tensions géopolitiques, de sanctions financières et de forte volatilité du métal jaune.
Les causes précises de cette baisse ne sont pas détaillées. Elle peut refléter plusieurs phénomènes : une variation du cours de l’or, des mouvements comptables, ou des décisions de gestion des réserves. Une baisse exprimée en dollars ne signifie donc pas automatiquement que des tonnes d’or physique ont été vendues.
Ce que mesure une réserve d’or
Les réserves d’or désignent l’or détenu par une banque centrale ou par un État. Il peut s’agir de lingots stockés dans des coffres nationaux ou à l’étranger. Ces réserves font partie des réserves de change, c’est-à-dire les actifs utilisés pour soutenir la monnaie, régler des transactions internationales ou renforcer la crédibilité financière d’un pays.
Dans le cas russe, l’or occupe une place stratégique. Depuis plusieurs années, Moscou cherche à réduire sa dépendance aux actifs libellés en dollars, notamment les obligations américaines. L’or présente un avantage particulier : il n’est la dette d’aucun État. Il peut donc servir de réserve de valeur lorsque l’accès aux marchés financiers occidentaux devient plus incertain.
Une baisse à interpréter avec prudence
Le recul à 298,99 milliards de dollars intervient alors que le prix de l’or reste à des niveaux historiquement élevés. Après une envolée entre fin 2025 et début 2026, le métal jaune est passé d’environ 3.000 dollars l’once à près de 5.600 dollars, avant de corriger d’environ 30 %. Il évoluait ensuite autour de 4.000 dollars l’once.
L’once utilisée sur le marché de l’or est l’once troy, unité internationale de référence équivalant à environ 31,1 grammes. Quand le prix de l’or monte ou baisse, la valeur en dollars des réserves officielles peut varier, même si la quantité physique détenue reste inchangée.
Sans détail sur le volume d’or détenu en tonnes, la donnée de juin indique donc avant tout une baisse de la valeur publiée des avoirs en or russes.
L’or reste central pour les banques centrales
Cette évolution russe s’inscrit dans une tendance mondiale plus large. D’après un rapport attribué à la Banque centrale européenne, l’or serait devenu fin 2025 le premier actif de réserve mondial, avec 27 % des réserves de change mondiales, devant les bons du Trésor américain à 22 %.
Les bons du Trésor américain sont des titres de dette émis par les États-Unis. Ils ont longtemps constitué l’actif de réserve dominant pour les banques centrales. Leur recul relatif, si cette tendance se confirmait, traduirait une volonté de diversification face aux risques financiers et géopolitiques.
La Russie revendique aussi une place majeure dans la production aurifère. Alexander Kozlov, ministre russe des Ressources naturelles, a affirmé que la production du pays aurait atteint entre 480 et 500 tonnes en 2025, un niveau qui dépasserait la production chinoise estimée autour de 380 tonnes. Cette affirmation, non confirmée de manière indépendante dans les données fournies, doit être traitée avec prudence.
Quel signal pour les investisseurs européens ?
Pour les épargnants belges et francophones, cette baisse des réserves russes ne constitue pas à elle seule un signal d’achat ou de vente. Elle rappelle surtout que l’or reste un actif géopolitique autant qu’un actif financier.
La demande asiatique demeure également solide. En avril 2026, les importations chinoises d’or via Hong Kong ont bondi de 81,2 % par rapport au mois précédent. La demande de pièces et de lingots a progressé de plus de 45 % sur un an, malgré des prix proches de records historiques.
Les pièces et lingots relèvent de l’or physique d’investissement. Ils se distinguent des produits financiers adossés à l’or, comme certains fonds cotés, car l’investisseur détient directement le métal ou peut en obtenir la livraison selon les conditions du produit.
La chute des réserves d’or russes à 298,99 milliards de dollars illustre donc moins un désintérêt pour l’or qu’un ajustement dans un marché devenu plus instable. Le métal jaune reste au centre des stratégies de protection du capital, mais sa valorisation peut varier fortement à court terme.


