Trois semaines de baisse possibles : le signal est clair pour le marché de l’or. Au 19 juin 2026, le métal jaune serait en passe d’enregistrer une troisième baisse hebdomadaire consécutive. En cause : une Réserve fédérale américaine, la Fed, jugée plus restrictive, ou hawkish dans le vocabulaire des marchés.

La Fed pèse sur l’or mondial

Le mouvement concerne le marché mondial de l’or. Il se joue surtout aux États-Unis, car les décisions de la Fed influencent le dollar, les taux d’intérêt et l’appétit des investisseurs pour les actifs sans rendement.

Une banque centrale dite hawkish privilégie une politique monétaire stricte pour lutter contre l’inflation. En pratique, cela signifie des taux directeurs plus élevés, ou maintenus élevés plus longtemps. Ces taux directeurs servent de référence au coût de l’argent dans l’économie.

Pour l’or, l’effet est souvent défavorable. Le métal précieux ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les obligations ou les placements monétaires rapportent davantage, détenir de l’or devient moins attractif. C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité : le rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.

Un recul déjà visible début juin

La pression ne serait pas nouvelle. Début juin, le cours de l’or a déjà décroché avec le retour du risque d’une Fed plus restrictive. Les investisseurs ont alors anticipé des taux américains plus élevés, ce qui a réduit l’attrait du métal jaune comme valeur refuge.

Une valeur refuge désigne un actif recherché en période d’incertitude, car il est perçu comme plus solide que d’autres placements. L’or joue traditionnellement ce rôle lors des crises financières, géopolitiques ou monétaires. Mais cette fonction peut être contrariée lorsque les taux réels remontent.

Pour les épargnants belges et européens, la lecture doit aussi se faire en euros. Le cours international de l’or est souvent exprimé en dollars par once. Une once troy, l’unité de référence du marché, correspond à environ 31,1 grammes d’or fin.

Un rebond technique, mais pas encore un retournement

Entre le 9 et le 15 juin, le marché a toutefois connu une reprise fragile. Après une chute vers 3 500 euros l’once le 11 juin, le cours de l’or est remonté vers 3 650 euros, puis environ 3 750 euros à l’ouverture du 15 juin.

Ce rebond s’est appuyé sur des supports techniques. Un support technique est un niveau de prix où les acheteurs ont tendance à revenir, car ils estiment que l’actif devient moins cher. Il ne garantit pas une hausse durable, mais il peut freiner une baisse.

Des facteurs européens ont aussi joué : tensions inflationnistes, décisions de la Banque centrale européenne, évolution du pétrole et rebond de l’euro face au dollar. Mais ces éléments n’ont pas suffi à inverser clairement la tendance.

Ce que les investisseurs doivent surveiller

La suite dépendra surtout du discours de la Fed. Si la banque centrale américaine confirme une ligne restrictive, l’or pourrait rester sous pression. À l’inverse, tout signe de détente sur les taux pourrait redonner de l’air au métal précieux.

Le point central reste donc le même : l’or conserve son rôle de protection à long terme, mais son prix à court terme reste très sensible aux taux américains. Pour un achat ou une vente, le calendrier monétaire des banques centrales demeure un indicateur à suivre de près.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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