Grâce à la flambée des cours de l’or, la Banque nationale suisse (BNS) renoue avec les profits massifs pour l’exercice 2025, compensant ainsi ses pertes sur les devises. Une performance qui confirme le rôle de valeur refuge du métal jaune dans un contexte économique mondial toujours dominé par l’incertitude.
C’est une nouvelle qui réjouit autant les marchés que les administrations helvétiques. La Banque nationale suisse a annoncé, en ce début d’année 2026, un bénéfice provisoire d’environ 26 milliards de francs suisses pour l’exercice écoulé. Ce résultat marque un retournement de situation favorable, rendu possible quasi exclusivement par la valorisation exceptionnelle de son stock d’or.
Si les positions en monnaies étrangères ont pesé sur le bilan, la « relique barbare » a joué son rôle d’amortisseur à la perfection. La plus-value réalisée sur les réserves d’or a permis d’effacer les pertes et de dégager un excédent confortable.
Le métal jaune, bouclier contre l’instabilité monétaire
La performance de la BNS illustre une tendance de fond observée tout au long de l’année 2025 : la suprématie de l’or face aux actifs traditionnels. Le cours de l’once a en effet surperformé les marchés actions et même le bitcoin sur la période récente.
Cette envolée des cours ne doit rien au hasard. Elle trouve sa source principale dans les tensions géopolitiques et monétaires, notamment outre-Atlantique. Les attaques répétées de Donald Trump à l’encontre de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont jeté le trouble sur l’indépendance de la politique monétaire des États-Unis.
Face à ces incertitudes institutionnelles, les investisseurs, tout comme les banques centrales, se sont tournés vers l’actif tangible par excellence. Pour la BNS, qui détient l’une des plus importantes réserves d’or par habitant au monde, cette stratégie de diversification s’est révélée payante.
Une redistribution bienvenue pour les cantons
Ce bénéfice a des répercussions concrètes pour l’économie suisse. Une enveloppe d’environ 4 milliards de francs sera redistribuée à la Confédération et aux 26 cantons. Il est important de préciser, dans une perspective pédagogique, que cet argent n’est pas versé directement aux citoyens.
Ces fonds viendront alimenter les budgets publics, finançant les infrastructures et les programmes sociaux, soulageant ainsi les finances locales souvent mises à rude épreuve. C’est un exemple frappant de la manière dont la bonne gestion des réserves nationales, appuyée sur l’or, peut soutenir l’économie réelle.
L’argent métal : la prochaine explosion ?
Si l’or a brillé en 2025, son « petit frère », l’argent métal, n’est pas en reste. Le métal gris a enregistré une hausse spectaculaire de +70 % au cours de l’année passée.
Plusieurs analystes estiment que cette dynamique pourrait s’accélérer en 2026. Souvent plus volatil que l’or, l’argent pourrait voir son prix exploser plus rapidement encore, porté à la fois par la demande d’investissement et par les besoins croissants de l’industrie (photovoltaïque, électronique). Pour l’épargnant averti, surveiller le ratio or/argent restera une priorité cette année.
L’engouement des épargnants francophones
L’intérêt pour les métaux précieux ne se limite pas aux institutions bancaires. En France et en Belgique, l’appétit pour l’or physique ne se dément pas. La pièce Napoléon 20 francs demeure la favorite incontestée des investisseurs français, privilégiée pour sa liquidité et sa dimension historique.
Cet engouement prend parfois des formes insolites. En Alsace, le média L’ADN rapportait fin 2025 une véritable « fièvre de l’or » locale. Plus récemment, des opérations marketing surfant sur cette tendance, comme des concours de Galette des Rois mettant en jeu de véritables pièces d’or, ont suscité un intérêt médiatique et populaire massif.
Alors que 2025 a été l’année de tous les records, la question qui anime désormais les marchés est de savoir si 2026 poursuivra sur cette lancée. Entre les incertitudes américaines et la solidité affichée par les banques centrales européennes, l’or semble, plus que jamais, conserver son statut de pilier patrimonial.



