Alors que le contexte macroéconomique mondial se tend en ce début d’année 2026, la banque d’investissement Cantor Fitzgerald publie des estimations spectaculaires pour les métaux précieux, anticipant une poursuite du cycle haussier soutenue par les déficits publics et l’arrivée de nouveaux acheteurs institutionnels.
C’est une note qui ne passe pas inaperçue sur les marchés financiers. Dans un rapport publié le 21 janvier, les analystes de Cantor Fitzgerald ont radicalement revu à la hausse leurs attentes concernant le prix de l’or et de l’argent pour les années 2026 et 2027. Selon ces nouvelles projections, le cours de l’or pourrait atteindre les 5 000 dollars l’once, soit une augmentation potentielle de 39 % par rapport aux niveaux actuels.
L’argent métal n’est pas en reste. Les analystes prévoient une performance encore plus explosive pour le « métal du pauvre », avec un objectif de cours fixé à 80 dollars l’once, ce qui représenterait un bond de 122 %. Pour les investisseurs européens et belges, ces perspectives en dollars, si elles se concrétisent, pourraient signifier une revalorisation significative des portefeuilles, sous réserve de l’évolution de la parité euro-dollar.
Les moteurs de la hausse : déficits et instabilité institutionnelle
Pour justifier ces objectifs ambitieux, Cantor Fitzgerald pointe du doigt plusieurs facteurs structurels, au premier rang desquels figurent les déficits gouvernementaux persistants. Cette situation pousse les banques centrales à poursuivre leurs achats d’or physique pour diversifier leurs réserves, un mouvement de fond observé depuis plusieurs années.
Cependant, un facteur d’instabilité politique aux États-Unis vient s’ajouter à l’équation économique. Des informations relayées par Streetwise Reports indiquent que le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, ferait face à des pressions juridiques inédites. Le ministère de la Justice aurait émis des assignations à la banque centrale et évoqué la possibilité de poursuites pénales à son encontre.
Ce climat de tension institutionnelle au cœur de la première puissance économique mondiale renforce le statut de valeur refuge de l’or. En période d’incertitude sur la politique monétaire ou l’indépendance des banques centrales, les investisseurs ont historiquement tendance à se tourner vers les actifs tangibles.
L’arrivée massive des acteurs de la crypto-sphère
Outre les banques centrales, de nouveaux acteurs majeurs dynamisent la demande. L’exemple le plus frappant est celui de la société Tether Ltd., émettrice du stablecoin USDT. Selon les données rapportées, Tether a acquis environ 68 tonnes d’or (soit 2,2 millions d’onces) au cours des trois premiers trimestres de 2025.
Ce volume d’achat est considérable. Au troisième trimestre 2025, cette société est devenue le plus grand acheteur singulier d’or au monde. Cette convergence entre l’économie numérique et les métaux précieux témoigne d’une volonté de collatéraliser les actifs numériques par des réserves physiques, apportant une pression acheteuse supplémentaire sur le marché.
Les sociétés minières en ordre de bataille
Dans ce contexte de prix élevés, les sociétés d’exploration et d’exploitation minière voient leurs perspectives financières s’améliorer, attirant l’attention des analystes.
Seabridge Gold : un potentiel de hausse de 72 %
Cantor Fitzgerald a particulièrement mis en avant la société canadienne Seabridge Gold. L’objectif de cours a été relevé à 66 dollars canadiens (CA$) par action, suggérant un potentiel de hausse de 72 %. La société, qui a récemment clôturé un financement de 100 millions USD, prépare plusieurs catalyseurs pour le premier semestre 2026 :
- La recherche d’un partenaire de coentreprise pour son projet massif KSM.
- La scission (spin-off) de son projet Courageous Lake (Valor Gold).
Dynamisme des juniors minières
Le secteur dans son ensemble montre des signes de vitalité :
- **West Red Lake Gold Mines** a officiellement déclaré le début de la production commerciale à sa mine d’or Madsen en Ontario. Le consensus des analystes table désormais sur une hausse potentielle de près de 140 % pour le titre.
- **Eloro Resources**, active dans l’exploration, a vu son objectif de cours relevé de 25 % par Cantor Fitzgerald, dans l’attente d’une mise à jour des ressources minérales de son projet Iska Iska.
Comprendre l’impact pour l’épargnant
Pour l’investisseur particulier, ces annonces soulignent l’importance de la diversification. L’or physique reste l’actif de protection par excellence face aux risques systémiques (dette, politique), tandis que les actions des sociétés minières offrent un effet de levier sur le cours du métal, bien que comportant un risque plus élevé lié à l’exploitation industrielle.
Si les prévisions à 5 000 dollars peuvent sembler audacieuses, elles reflètent avant tout une perte de confiance des marchés envers les monnaies fiduciaires traditionnelles face à l’endettement global.



