3 765,10 euros l’once, soit 121,051 euros le gramme : l’or a poursuivi son repli mardi 22 septembre au matin. À 8h59, le métal précieux reculait de 0,6 % par rapport à la clôture de lundi et de 0,8 % depuis l’ouverture de la séance.
Cette baisse place l’or sous pression pour une deuxième séance consécutive. Deux facteurs dominent : des anticipations de politique monétaire américaine plus restrictive et le raffermissement du dollar face à l’euro. Pour les épargnants belges et européens, cette évolution du change amplifie le recul du métal coté en euros.
La Fed pèse sur un actif sans rendement
Des projections économiques actualisées de la Réserve fédérale américaine laisseraient envisager qu’une nouvelle hausse des taux directeurs reste possible d’ici la fin de l’année. Susan Collins et Alberto Musalem auraient également défendu un resserrement supplémentaire, en mettant en avant des risques d’inflation liés aux matières premières.
Un taux directeur est le taux d’intérêt fixé par une banque centrale pour orienter le coût du crédit dans l’économie. Lorsqu’il augmente, les obligations et les placements monétaires offrent généralement des rendements plus élevés. L’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende, devient alors relativement moins attractif à court terme.
Cette tonalité dite hawkish — c’est-à-dire favorable à une politique monétaire stricte pour combattre l’inflation — soutient habituellement le dollar et peut peser sur le cours de l’or.
Un dollar plus fort accentue la baisse en euros
Le Dollar Index, qui mesure le billet vert face à un panier de grandes devises, s’établissait à 100,45 points, en progression de 0,23 % sur 24 heures. Dans le même temps, l’euro reculait à 1,1468 dollar.
L’or est négocié principalement en dollars sur les marchés internationaux. Sa conversion en euros dépend donc aussi du taux EUR/USD. Quand le dollar se renforce face à l’euro, les variations du cours de l’or en dollars se transmettent différemment au prix payé en Europe. Dans le mouvement observé mardi, la fermeté du billet vert a contribué à accentuer la baisse de l’or exprimé en euros.
Une correction qui ne gomme pas la hausse sur deux mois
Le repli récent s’inscrit dans une évolution contrastée selon l’horizon observé. L’or affiche une baisse de 4,5 % sur un mois, mais conserve une progression de 1,2 % sur sept jours et de 7,1 % sur deux mois.
Ces écarts rappellent qu’une baisse de court terme ne suffit pas, à elle seule, à définir un retournement de tendance durable. Les acheteurs particuliers ont intérêt à distinguer le cours instantané de leur horizon de détention, tout en tenant compte de l’écart entre le prix international et les primes appliquées aux pièces et lingots physiques.
Géopolitique et agenda américain sous surveillance
Les tensions autour de l’Iran ne sembleraient pas apporter de soutien immédiat à l’or. À très court terme, elles favoriseraient plutôt le dollar, valeur recherchée par une partie des investisseurs en période d’incertitude. Une escalade plus marquée pourrait toutefois modifier cet équilibre et redonner une prime géopolitique au métal précieux.
Les marchés suivront aussi les prochaines interventions des responsables de la Fed ainsi qu’une rencontre annoncée jeudi entre Donald Trump et Xi Jinping. Des signaux plus conciliants sur les taux ou une détente géopolitique et commerciale pourraient peser sur le dollar. À l’inverse, une confirmation d’une politique américaine durablement restrictive maintiendrait la pression sur l’or à court terme.


