4 388,83 dollars l’once : l’or reste haut, mais il marque le pas après avoir touché son meilleur niveau en huit semaines. Le recul observé ce 13 août 2026 intervient sur le marché mondial, dans l’attente des indices des prix à la production aux États-Unis.
L’or corrige après un rebond rapide
Le cours de l’or évolue autour de 4 388,83 dollars l’once. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence internationale pour les métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes.
Le métal jaune avait dépassé 4 400 dollars l’once les 11 et 12 août, soutenu par plusieurs facteurs : des statistiques américaines de l’emploi jugées décevantes, des attentes d’assouplissement monétaire et des achats persistants de banques centrales, dont la Banque populaire de Chine.
Le mouvement actuel ressemble donc à une correction. Une correction est une baisse après une forte hausse, souvent liée à des prises de bénéfices. Cette expression signifie que des investisseurs vendent une partie de leurs positions pour sécuriser leurs gains.
Le marché attend l’inflation à la production américaine
Le principal rendez-vous de la séance concerne les indices des prix à la production aux États-Unis. Ces indicateurs mesurent l’évolution des prix payés aux producteurs avant l’arrivée des biens et services chez les consommateurs. Ils sont suivis de près car ils peuvent annoncer une pression future sur l’inflation.
Si ces chiffres ressortent plus élevés qu’attendu, le marché pourrait anticiper des taux d’intérêt durablement élevés. Or, des taux élevés pèsent souvent sur l’or. Le métal ne verse ni coupon ni dividende, contrairement à une obligation ou à certaines actions. Quand les rendements obligataires montent, l’or devient donc relativement moins attractif pour certains investisseurs.
À l’inverse, des chiffres plus faibles renforceraient l’idée d’une politique monétaire plus souple aux États-Unis. Cela pourrait soutenir l’or, notamment si le dollar se replie. Pour les acheteurs européens et belges, le taux de change euro-dollar reste important : un or coté en dollar devient plus cher ou moins cher selon l’évolution de la devise américaine.
Un prix encore élevé malgré la baisse depuis janvier
La baisse récente doit être replacée dans un mouvement plus large. Début 2026, l’or avait atteint un sommet autour de 5 598 dollars l’once. En juin, il était retombé vers 4 026 dollars, sous l’effet d’anticipations de rendements obligataires plus élevés et d’un dollar plus ferme.
Malgré ce repli, le prix reste historiquement élevé. La demande des banques centrales, en particulier dans plusieurs pays émergents, continue de soutenir le marché. Ces institutions achètent de l’or pour diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance au dollar. Ce phénomène est souvent appelé dédollarisation : il désigne la volonté de certains États de moins utiliser le dollar dans leurs réserves ou leurs échanges.
L’or conserve aussi son statut de valeur refuge. Cela signifie qu’il est recherché en période d’incertitude économique, monétaire ou géopolitique. Les tensions au Moyen-Orient et la hausse du pétrole entretiennent cette demande de protection.
Un équilibre fragile pour les investisseurs
Le marché de l’or se trouve donc entre deux forces. D’un côté, les banques centrales, les tensions géopolitiques et la recherche de protection soutiennent les cours. De l’autre, les taux élevés, le dollar et les prises de bénéfices limitent la progression.
Pour un investisseur belge ou francophone, le message principal reste la prudence. Le niveau actuel demeure élevé, mais la volatilité peut être forte autour des statistiques américaines. Les prochains chiffres d’inflation à la production pourraient donner le ton à court terme : consolidation si les taux restent sous pression, soutien renouvelé si l’assouplissement monétaire paraît plus probable.



