4 140,99 dollars l’once : le cours au comptant de l’or a reculé le 6 juillet 2026, après un plus haut de deux semaines. Ce repli intervient dans un marché dominé par une question centrale : la Fed va-t-elle maintenir des taux d’intérêt élevés ou ouvrir la voie à un assouplissement ?

L’or recule avec le raffermissement du dollar

Le cours de l’or au comptant est tombé à 4 140,99 dollars l’once le 6 juillet 2026. Le cours « au comptant » désigne le prix pour une livraison immédiate du métal. L’once utilisée sur les marchés de l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes.

La baisse s’explique d’abord par le raffermissement du dollar américain. L’or étant coté en dollars sur les grands marchés internationaux, une devise américaine plus forte tend à rendre le métal plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Cela peut réduire la demande à court terme.

Pour un investisseur belge ou européen, l’effet peut être double. Le prix international de l’or peut baisser en dollars, mais la variation de l’euro face au dollar peut modifier le prix réellement payé en euros. Le cours en euros ne suit donc pas toujours exactement le cours en dollars.

La Fed reste l’arbitre du marché

Les investisseurs attendent désormais les signaux de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Cette banque centrale fixe les grandes orientations monétaires aux États-Unis. Son comité de décision, le Federal Open Market Committee, surveille notamment l’inflation, l’emploi et les conditions financières.

Le point clé concerne les taux d’intérêt. Quand les taux restent élevés, les placements rémunérés, comme les obligations, deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité augmente : détenir de l’or revient à renoncer à un rendement possible ailleurs.

À l’inverse, un assouplissement monétaire, c’est-à-dire une baisse ou une perspective de baisse des taux, peut soutenir l’or. Il réduit l’attrait relatif des placements à rendement fixe et peut affaiblir le dollar.

Une année 2026 très volatile pour le métal jaune

Le recul de début juillet s’inscrit dans une année mouvementée. Le cours de l’or a atteint un record à 5 598 dollars l’once en janvier 2026, avant de corriger d’environ 28 % jusqu’à un creux proche de 4 023 dollars. En juillet, le marché évoluait autour de la zone des 4 000 à 4 150 dollars l’once.

Cette volatilité reflète des prises de bénéfices rapides après le sommet de janvier, mais aussi des arbitrages liés à l’inflation, au dollar et aux taux d’intérêt. Une prise de bénéfices correspond à la vente d’un actif après une forte hausse, afin de sécuriser un gain.

L’or avait pourtant rebondi d’environ 5 % à la mi-juin, après une détente géopolitique entre les États-Unis et l’Iran. L’apaisement avait contribué à faire baisser les prix du pétrole et les craintes d’inflation. Ce mouvement avait temporairement soutenu le métal jaune.

Le Moyen-Orient entretient l’incertitude

Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, restent un facteur important. Cette zone stratégique pour le transport pétrolier peut influencer les prix de l’énergie. Une hausse du pétrole alimente les anticipations d’inflation, c’est-à-dire les attentes de hausse future des prix.

Le paradoxe est clair. Les risques géopolitiques soutiennent souvent l’or, considéré comme une valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lors des périodes d’incertitude. Mais si ces tensions font monter l’inflation, la Fed peut être incitée à conserver une politique monétaire restrictive. Cela pèse alors sur l’or.

Des seuils techniques surveillés de près

Le marché reste aussi fragile sur le plan technique. L’analyse technique consiste à étudier les graphiques de prix pour repérer des zones de soutien ou de blocage.

En juin et juillet, l’or a peiné à franchir durablement la zone de 4 400 à 4 450 dollars l’once. Cette zone joue le rôle de résistance : un niveau où les vendeurs deviennent plus nombreux. Les supports, c’est-à-dire les niveaux où les acheteurs peuvent revenir, sont surveillés autour de 4 200 dollars et 4 024 dollars.

Certains indicateurs restent hésitants. La moyenne mobile à 200 jours, qui lisse les prix sur une longue période, sert à mesurer la tendance de fond. Le RSI mesure la vitesse d’un mouvement de marché et peut signaler un excès d’achat ou de vente. Le MACD compare deux tendances de prix pour repérer un changement de dynamique.

Jusqu’où peut aller le cours d’ici fin 2026 ?

Certains analystes estiment que le cours de l’or pourrait plafonner autour de 4 500 dollars l’once d’ici la fin de 2026. Cette hypothèse dépendrait largement des décisions de la Fed, de l’évolution du dollar et de la capacité du métal à franchir ses résistances techniques.

Pour les investisseurs, la prudence reste donc dominante. Un signal de baisse des taux pourrait relancer l’or. Un maintien ferme de la Fed, surtout si l’inflation reste élevée, pourrait au contraire limiter le rebond.

À court terme, le marché de l’or reste suspendu à trois variables : le dollar, les taux américains et les tensions géopolitiques. Pour les épargnants européens, le prix en euros et les frais d’achat ou de revente doivent rester au centre de toute décision.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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