Plus de 26 % de baisse en moins de cinq mois. En juin 2026, le cours de l’or recule autour de 4 320 dollars l’once sur le marché international, après un sommet historique proche de 5 600 dollars atteint fin janvier. L’once correspond à l’unité de référence du marché de l’or, soit environ 31,1 grammes.

Cette correction s’explique d’abord par un environnement monétaire moins favorable. La Réserve fédérale américaine maintient une ligne restrictive, tandis que les investisseurs anticipent encore des taux d’intérêt élevés, voire de nouvelles hausses. La Banque centrale européenne reste également attentive aux pressions inflationnistes.

Le dollar fort pèse sur l’or

L’or est coté principalement en dollars. Quand le billet vert se renforce, le métal devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Cette mécanique peut réduire la demande internationale.

Autre pression : la hausse des rendements obligataires. Un rendement obligataire désigne le revenu offert par une obligation, c’est-à-dire un titre de dette émis par un État ou une entreprise. Contrairement à une obligation ou à un dépôt rémunéré, l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux montent, les actifs rémunérateurs deviennent donc plus attractifs pour une partie des investisseurs.

La prime de risque géopolitique ne suffit plus

Les tensions au Moyen-Orient, notamment entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les risques autour du détroit d’Ormuz, continuent de soutenir partiellement la demande d’or. Le métal jaune conserve son rôle de valeur refuge, c’est-à-dire d’actif recherché en période d’incertitude.

Mais cette prime de risque géopolitique — le supplément de prix lié à la peur d’un choc militaire ou énergétique — ne compense plus les pressions venues du dollar et des taux. Le 10 juin, le prix de l’or est même passé sous 4 200 dollars, à 4 166,77 dollars l’once, en franchissant sa moyenne mobile à 200 jours. Cette moyenne est un indicateur technique qui lisse les prix sur 200 séances afin d’identifier la tendance de fond.

Les banques centrales restent un soutien de long terme

Malgré la correction, les banques centrales continuent d’acheter de l’or, notamment dans des pays émergents comme la Chine, l’Inde et la Russie. Leur objectif : diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance au dollar, un mouvement souvent appelé dédollarisation.

À court terme, plusieurs prévisions resteraient toutefois prudentes. WalletInvestor anticiperait un recul vers 4 260 dollars en décembre 2026, tandis que LongForecast prévoirait un prix proche de 4 151 dollars à la fin de l’année.

Pour les investisseurs belges et européens, le signal principal reste clair : la trajectoire de l’or dépend désormais autant des banques centrales que du dollar et des taux américains.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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