4 316 dollars l’once sur le marché au comptant : l’or poursuivait son repli mercredi 23 septembre. Le métal jaune subit la vigueur du dollar américain et les anticipations de taux d’intérêt élevés, deux facteurs qui augmentent le coût d’opportunité de la détention d’or.

Vers 12 h 09, l’or au comptant s’échangeait à 4 316 dollars l’once, tandis que les contrats à terme sur l’or atteignaient 4 354 dollars. Une once troy, unité de référence sur le marché des métaux précieux, représente environ 31,1 grammes.

Des taux élevés moins favorables à l’or

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux d’intérêt restent hauts, les investisseurs peuvent obtenir des rendements plus importants sur des placements rémunérés, comme les obligations ou les dépôts à terme. Détenir de l’or devient alors relativement moins attractif.

Les marchés anticipent que les banques centrales pourraient conserver une politique monétaire restrictive afin de lutter contre une inflation persistante. Une politique restrictive désigne une orientation visant à freiner la hausse des prix, notamment par le maintien ou le relèvement des taux directeurs.

La Réserve fédérale américaine pourrait rester au centre de l’attention. Selon des anticipations de marché rapportées le 16 septembre, une hausse de 25 points de base — soit 0,25 point de pourcentage — par la Fed était presque entièrement intégrée dans les prix. Cette information demeure probable plutôt que confirmée.

Le dollar renchérit l’or pour les acheteurs étrangers

Le dollar américain constitue l’autre frein majeur. L’or est habituellement coté en dollars : lorsque la monnaie américaine s’apprécie, le métal devient plus coûteux pour les acheteurs qui disposent d’euros, de yens ou d’autres devises. Cette hausse de prix en monnaie locale peut réduire la demande internationale.

Les rendements des obligations américaines à dix ans auraient par ailleurs atteint leur plus haut niveau depuis 2007, selon une analyse de marché publiée le 16 septembre. Un rendement obligataire correspond au revenu annuel attendu d’une obligation par rapport à son prix. Sa hausse tend à soutenir le dollar et à détourner une partie des capitaux de l’or.

Le mouvement illustre la sensibilité du métal précieux aux déclarations des banques centrales. Après une progression d’environ 10 % en août, favorisée par un dollar plus faible et les tensions géopolitiques, l’or aurait reculé d’environ 7 % sur une semaine après un message jugé plus restrictif lors du rendez-vous de Jackson Hole, aux États-Unis. La remontée du dollar et des rendements réels — c’est-à-dire corrigés de l’inflation — aurait alors pesé sur les cours.

Quel repère pour les épargnants belges ?

Pour un acheteur en Belgique ou dans la zone euro, le prix de l’or dépend à la fois du cours mondial en dollars et du taux de change euro-dollar. Un dollar fort peut amortir ou accentuer l’évolution du prix affiché en euros, selon le mouvement de la monnaie unique.

Le repli actuel rappelle que l’or ne réagit pas seulement aux crises : il dépend aussi étroitement des taux, des obligations et du dollar. La trajectoire des prochaines décisions des banques centrales restera donc déterminante pour le métal jaune.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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